Brief récit, éd, de Tross, f. 8, verso
Alfonce appellera bientôt « la riuière de Norembergue qui est nouuellement découuerte par les Portugalois et Espagnols. »
Les noms qu’on relève sur cette partie de la côte apparaissent ici pour la première fois. En longeant le littoral, depuis la partie supérieure de la Nouvelle-Ecosse jusqu'à l'embouchure de l'Hudson, là où dans Ribeiro on lit: « {Fra do brotô., R: de la buelta, sarçales, R : de môtanas, golfo, medanos, arccifes, C : d'muchas yllas, motañas, arciepielago de esteuä Gomez, S : Ju Baptista, R: de buena madre, motana v'de, b: de S. atonjo, » la carte Harleyenne porte, dans le mème ordre : « R. de S. Jeh., coste de Rinny, capa de haranasie (?) b. ou S. peg. (baya pequeña ?), entree du destroit (c’est-àdire le passage entre la fameuse île « de Saint-Jean » et la terre ferme) c. ragras(?) R. de ilheo, p. aguada, panono, R. de paleïa, R. grande, R. de buelta, R. de paleia (bis), costa de brada, R. de Volta, Ancon (?) das yllas, C. dangra, R. de môtes, R. de casrond, Sarras (?), acuneconda (?), fi dagus (ces quatre derniers mots forment peut-être une phrase), Los Rios, de fima (?), R. de 0x0 (oro ?), Costa da ta Gourncaicres (?), Gouffre de la + »
Ces noms donnés ici tels que nous les lisons, sans prétendre les expliquer, démontrent que la carte Harleyenne n’a pas emprunté ses configurations, ses noms et ses légendes à l’hydrographie lusitano-sévillane, mais bien à une carte portugaise, modifiée et complétée dans ses parties les plus septentrionales sur les épures rapportées par Jacques Cartier en 1536. Si le cartographe lusitano-dieppois, à qui nous devons cette belle mappemonde, avait connu les cartes lusitano-espagnoles, il aurait peut-être omis, comme ici, de mentionner Estevam Gomez, mais le vaste estuaire du Penobscot, en sa forme bizarre, parsemé de récifs, tel qu’il est tracé sur les cartes de Garcia de Toreno, de Ribeiro, d'Agnese, et de tous les cartographes qui ne se sont inspirés que des œuvres lusitano-espagnoles, n’eut pas échappé à son pinceau.
Le)
NO