‹ Jean-François de La Rocque, seigneur de Roberval [microforme]Chapitre 3 sur 5 · SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA

Ce fut le 15 janvier 1540 que François 1° cônfié à Jean-François de La Rocque, seigneur de Roberval, læ haute mission de fonder une colonie française sur les rives du Saint-Laurent. ‘ C'est, disent les lettres patentes, pour la bonne et entière confiance qu’il a par longue expérience de la personne de son amé et féal Jehan-François de La Rocque, chevalier, sieur de Roberval, et’ de ses sens, suffisance, loyauté et autres bonnes vertus ” , que le roi lui donne le titre de vice-roi du Canada, Hochelaga, Saguenay et autres pays circonvoisins et maritimes, François [® lui accordait la suprématie sur toutes les terres arrosées par le golfe et le fleuve Saint-Laurent, sur les côtes baignées par l'Atlantique, dans cette

. Partie de l'Amérique du Nord que l'on désignait déjà sous le nom de __

Norembègue, quoiqu’on n’en connût à peu près rien. Le but de l'expédition future est clairement indiqué : se mettre en

rapport avec les sauvages, habiter le pays et y construire des villes, des

forts et des églises pour l'établissement de la foi catholique, “afin de mieux parvenir, dit le roi, à notre intention et faire chose agréable à Dieu, notre Créateur , Sauveur et Rédempteur, et qui soit à la sanctification de notre Mère la sainte Église catholique, de laquelle ndus sommes dit et nommé le premier fils”.

Le roi accordait aux gentilshommes qui suivraient Roberval, le tiers des profits” qui pourraient résulter de ce voyage, un autre tiers au lieutenant général, et Sa Majesté se réservait le reste pour elle-même, afin d'en disposer pour des entreprises de même nature.

Le chef de l'expédition était muni d’amples pouvoirs concernant la

justice, tels que‘de faire des lois, d'édicter des statuts et ordonnances, et

enfin de punir ou de pardonner les méfaits. Si, par hasard, il tombait malade, ou s'il était menacé de mourir, le lieutenant général avait la faculté de se choisir un successeur jouissant d’une autorité égale à la sienne.

Les lêttres patentes établissaient en outre :

1° Pleine jouissance, autorité, charge, commission et commandement de lever partout où bon lui semblerait, des gens de guerre et des artisans, pourvu qu'ils consentissent. ot qu'ils fussent raisonnablement/salariés ;

2 L'approvisionnement d armes, artillerie, poudre, piques, arquebuses, etc., etc. ;

3° Le recrutement de tel nombre de navires qu'il croirait nécessaire, libres de droits de péage, subside et impôt ;

4° Avis à tous leslieutenants généraux, gouverneurs, amiraux, viceamiraux, baillis, sénéchaux, prévôts, maîtres de ville, de donner de l'aide à Roberval, ainsi qu'à ses gens, commis et députés.

_____# Harrisse, pp. 258.984.

[proNxe] ‘ | JEAN-FRANÇOIS DE LA ROÛQUE Mi

. “Ces lettres furent signées à Fontainebleau ! de la main du cardinal de Tournon, en présence de Bayard, et enregistrées aux archives, du Châtelet de Paris par Guillaume Payen et Jehan Cronne, notaires du roi. Le 6 février ?, Roberval prêta le serment voulu, en présence de Sanson et du chancelier Tournon, Lælendemain Jehan de Moreau, lieutenant en l'ordonnance, soigneur de Pully et garde de la prévôté d'Orléans, émit les lettres confirmatives des pouvoirs préalablement confiés à Roberval. Elles sont signées par François Taupitre et Claude d'Orléans, ét portent Pour suscription ces mots : “Vydimus du pouvoir ‘donné par le Roy au Seigneur de Roberval ”.

* Le 7 du même mois; de nouvelles. lettres patentes, datées de Fontainebleau, enjoignaient aux présidents et conscillers des parlements de Paris, Toulouse, Bordeaux, Rouen .et Dijon, de fournir à Roberval desv prisonniers pour ses équipages. -

A Ja faveur de ces lettres, Roberval chargea aussitôt son beau-frère — Guillaume de Magdaillan, seigneur de Montataire, de se transporter: à

Paris et dans les autres villes où il avait la permission de recruter des prisonniers, et là de s'entendre avec eux au sujet de leur engagemeht. Il chargea également Paul d'Auxilhon, seigneur de Senneterre en la séné-

‘ chaussée de Carcassonne, d'en faire autant “dans les ressorts de la séné-

chaussée de Carcassonne, Castres, justices et juridictions de Béziers, Narbonne, Alby, Lymous, Allais ot paxs de Sault”. Et le vendredi,

11 mars, Roberval fit une troisième procuration, à Rouen, pour Alonce de

Cyville, sieur de Saint-Martin-aux-Buneaux,:lui donnant l# charge d’enrôler des prisonniers dans le ressort du parlement de Rouen.

D'après la teneur de’ces trois procurations, tous les prisonniers devaient être rendus à Paris ou à Rouen avant le dernier jour de mars, ou à Saint-Malo avant le 10 avril. Les procédés furent lents, car partout l’on s’opposa à livrer les prisonniers avant que les sentences prononcées contre eux eussent été confirmées. Puis les criminels eux-mêmes

‘ semblaient hésiter à dire adieu à ee pour courir-les risques de la

mer, Tant et si bien qu’à la date 0 avril, Guillaume de Magdaillan déclarhit n'avoir retiré de prison qu’un nommé Jehan Grevyn, condamné

‘a être étrænglé et pendu par le bailli d’'Autun, et qu'il avait fallu réinterner,

Comme on le voit, les papiers de Roberval étaient en règle, et il aurait pu partir de bonne heuré au printemps de 1540, s’il n'eut eu à résoudre la grande question d'argent nécessaire pour un armement aussi

faute d'avoir satisfait à son naulage,

dispendieux. Bien que le roi lui eût fait remettre 45,000 livres par Jean .

Duval, trésorier de l'épargne, les ressources lui faisaient encore défaut,

Car il importait que ses navires fussent bien approvisionnés et bien équipés.

2 Arch, nat., U, 754, fo 52.53, = | add ridehe tr ? Harrisse, p. 258.

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