VITRAIL DE LA CHAPELLI-: DÉDIÉE A GERSON DANS L'ÉGLISE DE BARBY
SA VIE, SON TEMPS, SES ŒUVRES 4l3
de Réthel. Ce tableau, d'une antiquité' suffisamment prouvée, porte au revers une inscription latine de l'époque, ainsi conçue :
Joannes Gerson, Doctor theologus et Cancellariiis Univ. in
concilio Constaritiœ orator. Obiit Liigduni anno 1 42 g . Donné par M. Rousseau [Le bon Curé., par l'abbé Ch. Brédy).
Dans l'église actuelle de Barby, une chapelle latérale a été consacrée à la mémoire du chancelier. Elle renferme :
1° Incrustée dans la muraille et gravée en caractères gothiques sur une pierre dure, l'épitaphe de sa mère. Des fouilles faites en i853 dans le cimetière ont mis à découvert une tombe en pierre qui ne portait aucune inscription ; les érudits ont cru y reconnaître la tombe d'Elisabeth la Chardenière.
2° Un buste de Gerson, en marbre blanc. Il est dû au ciseau de Frelon et a été donné par l'Etat à l'église.
3° Un vitrail peint d'après d'anciennes estampes, et qui, dans trois médaillons, le représente enfant, exilé et catéchiste à Lyon.
4° Une plaque en marbre noir rappelle sa naissance à Gerson et son baptême à Barby. Elle est surmontée de son buste d'après le type des anciens portraits, et conforme à celui du tableau.
Enfin l'Institution Notre-Dame, de Réthel, possède une vaste toile qui le représente au concile de Constance. Cette institution occupe dans la ville la place de l'ancien 'prieuré dont relevait le village de Gerson.
Nous ajouterons que, dans les tableaux existants, la physionomie de Gerson est douce et expressive ; ses traits, fortement accentués, portent l'empreinte des larmes et des épreuves ; un front serein et pur témoigne de la résignation chrétienne, et de la bonté qui sait survivre à tout.
Beaucoup de témoignages ont été rendus à Gerson par des papes, des cardinaux, des évêques, des saints, des théologiens, des docteurs, des auteurs sacrés ou profanes, qui admiraient la valeur de ses œuvres ou la sainteté de sa vie. On compte 18 conciles ou synodes et 20 rituels de différents diocèses, dans lesquels il a été parlé de lui en termes élogieux. Le docteur de Launoy a recueilli un grand nombre de ces passages; ils n'occupent pas moins de 8 pages in-folio. Nous lui empruntons quelques-unes de ces appréciations, en nous bornant, pour n'être pas trop long, à celles qui émanent de personnages très connus ou très autorisés.
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Benoit XIV au concile provincial de Toulouse, reçu à Rome en i85i :
Gerson fut la plus brillante lumière de l'Eglise en son temps ; bien peu atteindront sa réputation et son mérite Il honora d'une manière toute spéciale et fit honorer publiquement le grand saint Joseph.
Actes du concile de Constance. — Docteur plein d'une ardente piété
pour Dieu et d'une tendre charité pour les hommes homme d'une
grande simplicité de mœurs.
Conciles provinciaux de Paris i5o6, Clennont i5oj, Chartres i5oq, l'appellent «vénérable docteur et maître en la sainte théologie ».
Synode de Chartres 1524. — Père et docteur très excellent de l'Eglise.
Concile de Beauvais i554. — Docteur très chrétien et très résolu.
Plus de 5o conciles ou synodes en diverses provinces^ et en particulier ceux de: Paris, iSSj; Chartres, 1 526-i53o-i575 ; Meaux, ibo(^-i5ii \ SenSy 1 524-1 534; Toulouse, 1 526-1 55o; Rhode\, i552; Châlons, 1557, parlent de lui avec éloge, et recommandent aux pasteurs des âmes l'étude et l'imitaiion de ce saint docteur « grand, illustre, vénérable, pieux, savant et zélateur des âmes ; ce directeur hors ligne pour rasséréner les consciences ; ce modèle des ministres de l'Evangile ».
Les nombreux évêques réunis à Trente pour le trois centième anniversaire du concile œcuménique. — « Un homme saint, aussi remarquable par la foi et la piété que par la doctrine. »
Saint Ignace de Loyola. — Gerson était doué d'un zèle ardent et d'une grande prudence pour le salut des âmes.
Saint François de Sales. — Gerson, si docte, si judicieux et si dévot, après avoir merveilleusement discouru des effets de l'amour de Dieu,
mourut par l'effet de ce saint amour (Traité de Vamour de Dieu)
On doit lire ses écrits comme des lettres qu'un saint enverrait du ciel (à Philothée).
B. Denis le Chartreux, dans le Gouvernement des Evêques. — Docteur enflammé d'un zèle divin pour l'édification de la maison de Dieu.
Vén. J. Eudes appelle Gerson « TEvangéliste du saint Cœur de Marie ».
L'Ordinaire de Lyon, i 504, le nomme saint Jean Gerson... Consolateur pour les personnes de toutes conditions.
SA VIE, SON TEMPS, SES ŒUVRES 4l5
Monseigneur Mioland, archevêque de Toulouse, dit que sa vie et sa doctrine ont été' illustrées et consacrées par des miracles.
Cardinal Pie, évêque de Poitiers. — Une lecture attentive de la vie et des œuvres complètes du fameux chancelier Gerson, permet de ratifier l'observation faite par plusieurs biographes, entre autres par Feller, lequel de'montre que non seulement Gerson a toujours été en communion avec le Saint-Siège, mais qu'il a défendu en termes très énergiques la primauté et la juridiction des papes.
Cardinal Bellarmin l'appelle : docteur savant et pieux ; docteur très chrétien ; défenseur de l'Eglise.
Monseigneur Pavy, évêque d'Alger, dans des mandements : Un des plus grands et des plus saints docteurs de l'Eglise — homme d'une nature vraiment angélique — homme qui, durant sa vie à Lyon, fut écouté comme un prophète, vénéré comme un saint, aimé comme une mère; le saint docteur qui eut un nom immense, et qui enveloppait dans les ombres de son humilité, l'éclat de son génie.
Monseigneur Gaume. — Un grand défenseur de la vérité.
Sponde, évêque de Pamiers, continuateur des Annales de Baronius. — Gerson qui fut vénéré comme un bienheureux après sa mort, et dont la sainteté fut glorifiée par des miracles.
Cardinal Giraud, Mandement pour le Carême. — Il quitta les conseils des rois et de l'Eglise pour se faire l'humble répétiteur de l'alphabet de la foi, et pour apprendre aux enfants la loi et la crainte de Dieu.
BossuET. — Intrépide défenseur de la vérité catholique — celui dont les efforts constants amenèrent la fin du schisme — Un homme très bon et très saint, d'une simplicité admirable, et qui aima plus que personne la pauvreté chrétienne. — Il a non seulement la science, mais le sentiment et le goût de la vraie piété, avec un zèle incroyable pour la restaurer ou la rétablir.
Monseigneur Freppel. — Le plus grand théologien de notreépoque, qui a légué à la postérité le fruit de ses méditations dans un livre dont on a pu dire que c'est le plus beau qu'ait écrit la main d'un mortel (Discours sur la Sorbonne). Un orateur éminent dont l'ardente parole cherchait à ranimer l'esprit chrétien autour de lui (Discows sur Vliist. de r éloquence sacrée).
Gaspara, évêque de Lérida. — Docteur plein de toutes les vraies lumières.
Dom Calmet, bénédictin, Histoire universelle. — Il se montra plein
de zèle pour la re'forme de l'Eglise, et ce zèle e'tait soutenu par les mœurs les plus pures.
R.-P. J. Chéron, carme, Examen de la théologie mystique. — Gerson est le plus savant, le plus solide, le plus clair, et presque le seul recevable des docteurs mystiques.
Sixte DE Sienne. — C'est un théologien très habile, poète et orateur dans son temps.
P. J. Grasset, Compagnie de Je'sus. — L'oracle et la lumière de l'Eglise.
P. Patrignani, Compagnie de Jésus. — L'organe de l'Esprit-Saint.
Les Pères de la Compagnie de Jésus dans V Histoire de l'Eglise. — Un mur d'airain élevé contre le schisme. Un docteur suscité pour la consolation du genre humain.
P. Celotti, Compagnie de Jésus. — Un des trois plus excellents docteurs évangéliques, avec l'apôtre saint Paul et le grand saint Denis.
P. Peteau, Compagnie de Jésus. — Docteur d'une célébrité hors ligne.
P. Th. Raynaud, Compagnie de Jésus. — Celui que tous regardaient comme le plus grand flambeau du monde en son siècle, et qui a reçu les honneurs d'un culte public.
P. Binet, Compagnie de Jésus. — La perle de bonté de son siècle.
P. Gretser, Compagnie de Jésus. — Le docteur le plus propre à confondre le mystère d'iniquité que préparait l'Antéchrist. Un homme dont la vie était tellement innocente, qu'elle défia toujours l'extrême malice de ses ennemis.
P. Lachel, Compagnie de Jésus. — Un illustre maître, dont les doctrines devraient être écrites en lettres d'or, tellement elles sont précieuses.
P. EscoBAR DE Mendoza, de la Compagnie de Jésus, mort en odeur de sainteté, le nomme formellement : sancte Gerson.
P. Nampon, Compagnie de Jésus. — C'est le chantre pieusement inspiré de l'époux de Marie.
P. DE Saint Romuald, camaldule : l'ornement de son siècle.
P. Tranquille, capucin : une forte colonne de l'Eglise.
L'EcuY, abbé des Prémontrés. — Bienheureux Gerson, intercesseur puissant à qui on peut recourir dans toutes ses nécessités.
GoscHLER, chanoine. — Celui qui fut plein d'un ardent amour pour l'Eglise.
GoDEscALE, théologien de Louvain. — Le grand astre de l'Eglise latine. Docteur extrêmement remarquable entre les autres docteurs par sa grande piété.
ScHEDEL, docteur de Padoue. — Celui qui a laisse à l'Eglise de si beaux écrits pour enseigner les âges futurs.
Hamon, curé de Saint-Sulpice. — Un saint docteur, la plus grande lumière de son siècle.
Abbé Dabras, Histoire de VEglise. — Fléau de l'hérésie et du schisme ; lumière des conciles, savant qui a le plus relevé le talent par la modestie qui ensevelit à Lyon sa science et sa gloire ; profond mystique qui nous a laissé de belles et nobles pensées, bien dignes de V Imitation de Jésus-Christ.
Abbé Delaunay, curé de Saint-Etienne-du-Mont, chanoine de Meaux. — D'une voix unanime, Gerson a été proclamé, par les grands mystiques de notre époque, le plus pieux des docteurs et le maître des consolations.
Abbé BoissiN, dans son Mois de saint Joseph., dit textuellement: Bienheureux Jean Gerson, priez pour nous.-
Abbé Dalbanne, Mois de saint Joseph. — Celui que la postérité met au rang des plus grands docteurs de l'Eglise, après saint Augustin, saint Jérôme, saint Jean Damascène, saint Bernard, saint Thomas et saint Bonaventure.
Abbé Barthélémy, Histoire du bienheureux Pierre Fourrier. — Ce saint docteur, un des plus illustres champions de la vérité, porte au front la triple auréole de la science, de la sainteté et du génie.
M. le Curé de Dozulé, Notice sur l" église Notre-Dame. — Gerson est, comme saint Bernard et saint Bonaventure, un homme de vrai génie et de doctrine pure.
Abbé GouvENOT, préface du De Parvulis. — Gerson, dont les générations ont redit la piété et apprécié les enseignements, est sans doute l'auteur de V Imitation de Jésus-Christ.
Abbé Sauceret. — Cet homme dont l'âme fut si céleste, si pure et si candide.
Nourrisson, Physiologie de la pensée humaine. — Au delà de l'humilité et de la contemplation, Gerson avouait ne rien savoir.
Gustave Merlet. — Médiateur courageux qui s'emploie pour conjurer les périls de l'Eglise et de l'Etat.
Trente Rituels au moins, en France et à l'étranger, et en particulier celui de Genève pendant l'épiscopat de saint François de Sales, recommandent quelques-uns de ses ouvrages et les donnent pour règle. 22 de ces rituels contiennent VOpiis tripartitum destiné à être lu au prône.
Le cartulaire de Notre-Dame de Paris porte à la date du 1 2 juillet : Item obiit totoorbe christiano notus, Joannes Gerson, cancellarius et concanonicus noster sacerdos.
Le Rituel de V Eglise de Rennes, en i5b~, appelle Gerson « un docteur en la très sainte théologie » .
Le Livre liturgique des offices de Saint-Jean en Grève, publié en 1742 par ordre de l'archevêque de Paris, consacre une page à la louange de Gerson et dit : « Après sa mort, la sainteté de sa vie fut confirmée par des miracles. On trouve celte vie édifiante dans les Vies des saints, in-folio, parmi celle des bienheureux, »
Le calendrier historique de V Eglise de Paris, in-8, publié en 1742, lui consacre une notice au 12 juillet et l'appelle Bienheureux.
Un autre Calendrier historique et chronologique de ï église de Paris, par l'abbé Lefèvre, in- 12, 1747, le mentionne aussi et assure qu'il se fit à son tombeau un grand nombre de miracles.
Martyrologe de du Saussay, évêque de Toul, composé avec l'autorisation du souverain Pontife, à la demande du cierge' de France, parle, au 1 2 juillet, des miracles, du culte et de la qualification de bienheureux universellement accordée à Gerson.
Martyrologe d'Usuard, publié en tête de la grande collection des Acta sanctorum en français, présente au 12 juillet, dans les additions qui y ont été faites : — Le même jour, la sainte mémoire de Jean Gerson, docteur très chrétien, qui fut illustre par sa science et ses vertus, et finit sa bienheureuse vie l'an du Seigneur 1429.
Vies des Saints des PP. Théophile Raynaud, Bonnefons et de Barri, de la Compagnie de Jésus, le mentionnent au 12 juillet.
Vie des Saints, tirée des écrivains ecclésiastiques et revêtue d'approbations, 2 vol. in-4°, au 12 juillet le nomment bienheureux.
La Grande Vie des Saints, d'après les auteurs originaux, publiée en 1722, en 2 grands tomes in-folio, donne au 12 juillet, dans le supplément, une vie longue et circonstancie'e du bienheureux (col. 1548 et suiv.).
UOffice de l'Eglise^ en latin et en français, dédié au roi et publié chez Pierre Petit, a porté au calendrier de ses 26 éditions le titre de bienheureux, décerné à Gerson.
U Invocation et V Imitation des Saints pour tous les jours de Vannée^ Paris, Claude Hérissant, 1724, cite Gerson au 12 juillet avec la qualification de bienheureux.
Un livre d'Exercices de piété du. P. Henri Viguier, approuvé par Mgr Loménie de Brienne, évêque de Coutances, écrit en toutes lettres, au 12 juillet : saint Gerson.
Nous finirons par la strophe suivante, extraite d'une prière trouvée dans les Heures d'Anne de Bretagne. Charles VIII récitait fréquemment cette prière à Gerson. Peut-être sont-ce là les vers composés par son confesseur Laurent Burel, et dont nous avons vu l'évêque de Bâle demander une copie.
O saint Docteur en divine science, O très-heureuse et pure conscience, O seur guydon véritable et parfait, Exemple doulx, et par dict et par faict ; O esperit de nature angélique.
Très florissant docteur évangélique, Imitateur du très-doulx Jhesus-Christ, Réprobateur des faits de l'Ante-Christ, Qui as montré de bien vivre la forme Et de mourir par vertu uniforme, Requiers à Dieu que nous suivions tes pas : Dans ce chemin on ne s'égare pas.