‹ Jean Gossart de MaubeugeChapitre 19 sur 33 · LES PEINTURES · texte numérisé non relu

LES PEINTURES

1° ANYERS. — Musée Royal

N° 181. — Le Christ au pilori

(salle G) Provient de la collection de M. Brentano à Amsterdam ; donné au musée par M, Van Ertborn en 1840 H. 0. '24. L. 0. 18, sur bois p int vers 1515. Ce tableau est placé au milieu de la salle sur un chevalet en 1er forgé.

Sur la marche du pilori est la signature JOÀNNES MALBO- ) DIS INVENIÏ.

« Sur un soubassement de la colonne en marbre rouge, le Christ est assis dans une pose noble et triste. Seule, une petite draperie tombe de la cuisse gauche sur le siège, peinte d'ailleurs d'une façon parfaite. Le corps est oomp étemeut nu, d'un modelé admirable. Les jambes sont croisées près de la cheville, les mains l'une dans l'autre, contre les genoux. La tête du Christ couronnée d'épines, à la b^lle barbe noire, offre une expression de douleur résignée et contenue qui est tout à fait remarquable. Trois personnages contemplent Ta scène : une femme, un homme à barbe rousse et à haute coiffure avec ce profil de faucon

qui caractérise le type israélite; il serre une bourse cachée sur sa poitrine : c'est peut-être Judas. A droite un prêtre. Fond de portique »

Deux petits panneaux lui servent de volets. Ils so:\t dus à Lucas de Lcyde : à gauche un ange ; à droite une femme, lisant- Tous deux en grisaille.

Quelques uns attribuent à Mabuse les œuvres suivantes :

N° 182. — Portrait de femme

(salle G'j même provenance. H. 0,?0 L. 0,15, sur bois ; attribution excessivement douteuse.

« Elle est vêtue d'une robe rose à ramage, avec une chaîne d'or au cou. Une guimpe enveloppe sa tête et descend transparente sur sa poitrine. Sur les manches noires de sa robe un bout de fourrure d'hermine, de la main droite elle tient ses gants ».

N° 179. — Les quatre Marie revenant du tombeau

(même prov.) H. 0,52. L. 0,44 (fig. H. 0,38), sur bois. Le cadre porte dans les coins supérieurs les armoiries d'Adolphe de Bourgogne. Beaucoup refusent ce tableau à Gossart et le donnent à Barbary.

« Au milieu la Vierge de trois quarts tournée vers la gauche en robe et manteau bleus de Prusse très violent, voile blanc,les mains jointes, est soutenue par Saint-Jean en tunique rouge sang qui se tient derrière elle ; à gauche la Madeleine en robe jaune à ramages verts, mxnteau violet, de trois quarts tournée vers la droite, portant dans la main droite le vase de parfums, regarde avec émotion la Mère du Sauveur ; au second plan, à droite, deux saintes femmes, 1<js mains jointes, l'une en robe bleuâtre, les manches jaunes, voile blanc ; l'autre en robe bleu de ciel à inanches oranges et ni an o eau vert Fond de paysage ».

Une fente du bois horizontale dans le haut du tableau est rejointe par quatre ou cinq verticales.

N° 180. — Justi Judices

(même prov.), même difficulté d'attribution. H. 0,50. L. 0,42, sur bois (fig. H. 0,45).

« Deux juges, l'un en riche vêtement jaune et rouge, monté sur un cheval blanc ; l'autre en coutume noir à col d'hermine et toque rouge à bordure blanche, monté sur un cheval brun, cheminent vers la droite suivis de plusieurs personnages à pied; à gauche, au premier plan, deux soldats, l'un en tunique verte et manteau rouge, coiffé d'un turban, s'appuie sur une pique ; l'autre, en pourpoint marron et toque verte, porte sa pique sur l'épaule ».

Attribué à Barbary par Michiels.

Le même cassure que dans le n° 179. Le ciel est évidemment repeint.

X° 183. — Vierge et Enfant Jésus

(salle D), provient du palais épiscopal d'Anvers. Type de madone, un peu inspiré de Raphaël. (Cf. musée de Douai, n° 263. Galerie de M: Morenheim. à Anvers. Musée de Cologne, njo 596- 597). Attribution très douteuse. H. 0,68. L, 0,57. sur bois.

« La Vierge en robe bleue brodée de perles, avec des manches noires et un manteau, coiffée d'un voile noir que touche la main de l'Enfant Jésus, debout sur une table où sont posées des cerises, à gauche un lis dans un vase. »

N° 184. — Portrait de femme

Marguerite d'Autriche, régente des Pays-Bas ? Ce portrait est placé de 3/4, le buste tourné à droite ; la princesse porte pour coiffe une sorte de cornette en toile blanche affectant la forme d'un cœur et une gorgerettc de lin.

A gauche, en baut, une couronne dorée à intérieur rouge, dessous un blason.

L'exposition des primitifs flamands à Bruges (1902) offrait une répétition de ce portrait sous le même titre et la môme attribution au n° 224.

2° AMSTERDAM — Musée de l'Etat

N° 403. — Portrait de Philippe de Bourgogne

H 0,r>8. L. 0,28, sur bois.

« De face, le visage tourné à gauche. Pourpoint rose, manteau blanc à col de fourrure ; toque noire, au cou la Toison d'Or, fond gris bleu. A droite, la lettre L. »

3° ANGLETERRE — Musées nationaux a) National Galle r y

N° 656. — L'homme au Rosaire

sur bois. H. 2 pieds 3 pouces. L. 1 pied 7 pouces, ache'é par Edmond Beaucousin (Paris) en 1860.

« Habillé en noir et les épaules couvertes d'une fourrure, il tient à la main son rosaire. Le fond est d'une architecture assez semblable à une chapelle d'église ».

N° 946. — Portrait d'homme

(provient de la vente Ellis en 1876), sur chêne 9 1/4 pouces de haut, 6 1/8 de large.

« Vêtu d'une robe garnie de zibeline, la tête couverte d'un chapeau plat. La main gauche tient un gant, la droite repose sur la table. Le tableau est conçu dans une gamme brune un peu dans la m inière de L. Lombard. Derrière le tableau, l'écusson de Charles Iar, une couronne avec los lettres G R ».

N° I()89. — Portrait d'un homme et de sa femme

appartenait d'abord au capitaine A F DaAvson de Barrowhill Uttoxelcr, acheté à Londres à Mrs August Buttcry, en 1 900. A l'huile sur vélin. H. 1 pied 6 pouces. L. 2 pieds 2 pouces 3/8;

« A gauche est le portrait d'un vieillard que l'on voit jusqu'à la taille avec une longue chevelure grise. Il a les yeux levés, l'expression est quelque peu menaçante et démonstrative. De la main droite il serre le col de fourrure de l'habit ; la main gauche tient un bâton dont on voit le bout d'argent ciselé. Il porte une coiffure noire sur laquelle on voit un petit médaillon d'Adam et Eve. Des rubans noirs sont attachés au chapeau et pendent sous son menton. Sur un habit noir un col rouge, il porte un manteau flottant d'un drap pourpre sombre. A droite, et un peu en arrière, est sa femme qui baisse les yeux. L'expression est s "vère ; les cheveux sont cachés par une coiffe de batiste. Elle porte une robe noire avec une étroite bande de fourrure croisée sur la poitrine et s'évasant un peu au cou ».

b) Galerie d'Hampton-Court

N° 335. — Les trois enfants de Christiern II

Date et sujet : Il existe au sujet de ce tableau un.-; grave discussion historique. Une copie en est datée de 1495 et l'inventaire dressé sous Henri VIII des collections nationales porte • « Les enfants de Christiern II, roi de Danemark ». Gomment concilier les deux affirmations ? Christiern II ne se marie qu'en 1515 avec Isabelle. Comment un tableau de 1495 serait-il le portrait de ses enfants ? Il me semble, au reste, impossible d'accepter la date inscrite sur la copie : Les costumes des trois enfants sont évidemment d'une époque postérieure de trente ans, ce qui daterait le tableau de 1525, date ou justement Gossart connaît Christiern II. Il est d'ailleurs à la même époque chargé par Christiern de peindre deux de ses favoris, ainsi qu'en fait foi l'inventaire des collections de Marguerite d'Autriche (1524).

« Item délivré au dit garde joyaulx, depuis cet inventaire faict la pourtraicture au vif des nayn et nayne du Roy de Danemarcque, faite par Jehan de Maubeuge, fort bien faict ». J'assigne donc volontiers au tableau la date de 1525, sans parvenir à m'expliquer la fa fausse date de 1495, mise sur la copie du tableau. L'âge du petit prince, paraissant de 8 à 9 ans, vient encore affermir cette hypothèse. H. 0,45. L 0, 65.

« Les deux princes et la princesse sont assis derrière une table verte ou se trouvent des fruits. Le dessin des mains est très délicat, encore qu'apparaisse une tendance à la rondeur des formes. Malheureusement les teintes des chairs se sont fanées de sorte que les lumières paraissent pâles et les ombres grises ».

N° 576. — Adam et Eve approximativement daté de 1517.

« Entre deux arbres qui touchent aux bords du cadre, Adam et Eve de taille énorme pour le tableau. Tous deux sont nus ; à

gauche Adam, appuyant sâ main droite sur l'arbre, levant la gauche, l'index en l'air. Eve tient de la main gauche la branche d'un arbre et offre la pomme de la main droite. Entre eux passe la tête d'un démon. Aux pieds d'Adam un singe mordille une poire, une chouette. Fonds d'un paysag-e, scènes diverses A gauche dans un bosquet Dieu fait ses recommandations aux premiers habitants du paradis terrestre qu'il désigne. Au milieu le paradis terrestre et ses quatre fleuves. A droite l'ange exterminateur les chasse »

On attribue souvent à Gossart les toiles suivanies :

N° 54. — L'Enfant Jésus caressant Saint-Jean

Les enfants, à la chevelure blonde et bouclée, sont assis contre un rocher et s'embrassent sur la bouche. Ils sont nus et ont les bras passes autour du cou. A droite et à gauche, des feuillages. Le rocher de droite laisse voir la mer ou un lac, avec des montagnes lointaines. Un arbre au-dessus du rocher se perd dans le cadre : quelquefois attribué à Vinci.

N° 607. — La Vierge et l'Enfant

« La pose de l'enfant est raide, mais la Vierge est charmante. Les mains sont très soignées, les doigts fuselés et délicats, bien dans la manière de Mabuse ».

c) Collection du Prince Consort, à Kensington

Aucun tableau de cette galerie n'est indiscutablement dû à Jean Gossart. On s'accorde à lui attribuer les numéros :

N° 39. — La Vierge et l'Enfant dans un jardin

bois. H. I pied 1/2. L. 10 pouces 1/2. Très petit tableau d'une peinture tranquille, simple, avec un paysage très vigoureux, quoique très fin.

N° 65. — La Madone et l'Enfant dans un paysage

bois. La tête de la Vierge est noble. Le paysage d'une exécution très soignée.

N° 6i. — Jeune fille occupée à écrire

H, 11 pouces L. 9 pouces. Très attrayant parle sentiment naïf et l'admirable raccourci de la tête inclinée.

N° 38. — Portrait d'ecclésiastique

souvent attribué à Memlinc. Serait le portrait de Vanden-Rust, carmélite, qui recueillit Memlinc à la bataille de Nancy.

Extrait de la notice historique sur la galerie du Palais Royal.

A l'époque de l'Assemblée constituante en 1790, le duc d'Orléans, dernier du Lom, vendit tous les tableaux du Palais-Royal, dont l'estimation

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