GALERIES PARTICULIÈRES
a) Lord Carlisle > à C as tle -Howard N° 66. — L'Adoration des Mages.
Historique. — Chiffet nous apprend que l'Adoration des Mages avait coûté sept ans de travail à l'artiste et était destinée à une abbaye de Grammont. En 1605 elle devint la propriété des archiducs Albert et Isabelle qui lui donnent une place dans la chamelle de la cour. Après l'incendie du palais, où elle fut sauvée des flammes par une providence inexplicable, elle passa dans la galerie du prince Charles de Lorraine. A la vente de cette collection en 1781, elle est adjugée à de Gock. pensionnaire de la ville de Bruxelles, puis rachetée par le prince Régent, elle passe dans la galerie des ducs d'Orléans, au Palais- Royal. A la veille de 789, cette célèbre collection fut l'objet d'une opération financière tentée par le banquier bruxellois, M. de Walckiers, et accomplie par quelques capitalistes anglais. C'est ainsi qu'elle devint la propriété du comte de Carlisle. Dans les catalogues de ventes de Charles de Lorraine et du prince régent on ne trouve aucune mention de l'Adoration de Gossart. Il faut l'identifier certainement avec le n° 66 de la 3° par tie du catalogue de 1781 où est nommée « Une Adoration des Mages de Halberdurere, bois. H. 5 pieds 6 pouces. L. 5 pieds ». L'orthographe que le Philistin, auteur du catalogue, donne au nom d'Albert Durer, caractérise un degré de science artistique. Rien d'étonnant que le nom de M abuse lui ait été inconnu.
Les dimensions du tableau de Castle-Howard concordent d'ailleurs avec celles du n° 66 du catalogue : H. 1 m 168. L. 1 m50. La peinture contient 30 figures, la plus grande ayant 0 m 65 cm.
Sujet. — Le sujet de l'Adoration des Mages a toujours été aux peintres flamands une occasion de faire étalage de richesses ei d'orfèvreries en contraste avec le sujet de l'Adoration des Bergers.
montait à 4 millions. Un banquier du Bruxi lies nommé Walckiers acheta ceux des écoles italiennes et françaises pour le prix de 750.009 livres et les revendit peu de jours après à M. de Laboi de de Mereville pour 900.000. L'orage révolutionnaire força M. de Laborde de. quitter la France : il passa en Angleterre et y fit transporter ses tableaux qui furent une ressource pour lui dans son infortune. Trois seigneurs : le duc de Bridge- Water, lord Carlisle et lord Gowrs les lui achetaient pour 41.000 livres sterlings (environ l million) Ces amateurs anglais firent une exposition qui dura six mois, au bout duquel ils vendirent les tableaux, estimés à un prix fixe, quoiqu'ils s'en fussent réservés un certain nombre qu'ils se partagèrent.
« Description d'une collection de tableaux des écoles italienne, flamande, hollandaise et française, par Alex. Lenoir. Berlin 1830 ».
« La ^cène se passe dans le vaisseau d'un édifice en ruines, de style mal défini, quelques pans de maçonnerie, d'appareil régulier, une colonnette de marbre précieux supportant un bout de frise décorée de bas-reliefs. Par endroits, des figures curieuses passent de fenêtres en plein cintre. A l'horizon on voit les tours de Bethléem ; par une échappée sur la montagne se distingue le cortège des Rois Mages. La Vierge occupe le centre de la toile, drapée d'un manteau bleu d'azur, aux plis droits la tête couverte d'un léger voile posé sur sa blonde che velure flottante. De face elle tient Jésus assis sur ses genoux L'enfant vient de puiser une pièce d'or au superbe calice que sa mère a reçu de Gaspard et la serre dans sa main gauche. Agenouillé devant la Vierge, vêtu de pourpre et d'or doublée de fourrure, coiffé d'un bonnet de fourrure d'hermine, sommé de sa couronne, Gaspard tient le sceptre étincelant. On a voulu voir dans ce personnage le portrait de Philippe de Bourgogne. Balthazar, roi de Saba, debout à gauche, tient sur ses deux mains une écharpe où pose un superbe reliquaire ; il a entête la couronne ornée de pendeloques et doublée de soie rouge. Son costume est d'une richesse inouïe. A gauche, et au second plan. Saint-Joseph vêtu de rouge et portant le bâton de voyage. Au secon I plan, la tête du bœuf traditionnel passe dans une embrasure. Au dernier plan, une palissade, les bergers et l'âne. A droite, derrière Gaspard, Melchior, roi de Nubie, la tête couronnée sur un haut bonnet, vêtu d'une pelisse de drap d'or doublée d'hermine, et d'une tunique à plis. Deux esclaves portent son épée à garde d'or et de jaspe. On a vu le portrait d'A. Durer dans Melchior et celui de Lucas de Leyde dans le jeuue homme imberbe qui est près de lui Aux pieds de la Vierge, un petit lévrier blanc ronge un os. Du dessus de la scène, des anges qui planent; tout en haut, le Saint-Esprit et l'étoile des Rois ».
La signature. — En analysant le motif ornemental dont se compose la couronne de Balthazar, on lit le mot : Balthazar, et la broderie qui forme la garniture du bonnet donne en belles capitales IENNI * GOSSART * og * MAfcVS... les dernières lettres dissimulées parla couronne La signature est reproduite dans la ciselure d'un collier, sorte de hausse-col en argent garni de pendeloques, que porte un esclave nègre de Balthazar.
b) Galerie de Sir Baring, à Londres
La Vierge et l'Enfant
assise sur un trône, sous un dais de goût gothique très minière, la Vierge tient l'enfant Jésus. Six anges l'entourent, tenant des fleurs et jouant de la musique.
c) Galerie du comte de Spencer, à Althorp
M. Michiels attribue à Gossart le buste de Saint-Jérôme et les portraits de François et de Max Sforza.
d) Galerie de Msr Dingwa.ll, à Londres Descente de Croix
Van Mander raconte que, de son temps, un nommé Magnus de Delft possédait une Descente de Croix, de Mabuse. Nieuwenhuys acheta ce tableau à Brug s en 1810 et le vendit à Guillaume II, roi de Hollande. Il fut alors acheté par Msr Dingwa'l. Les vulets de ce triptyque offrent les portraits de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Pierre.
e) Galerie de Sir Sutton Nelthorpe,
à Scawby (Lincolshire)
La légende du Comte de Toulouse
H. 1 m 11. L. 0 m 83 ; est attribué à Gossart par M. Waagen. C'est une légende très en honneur au XVe siècle : Pr >fondément touché à la pensée des souffrances de son Sauveur, le comte de Toulouse se sentit indigné de jouir du luxe et des honneurs de son haut rang. Se dépouillant donc de ses titres il se rendit en Terre Sainte sous la tunique du plus humble pèlerin. Le jeune comte esn représenté ici enlevant sa chemise que reçoit un valet levêtu d'un manteau brun à fourrures ; le valet tient le manteau noir que son maître vient d'enlever et qui pend en partie à terre, près du chapeau. Près de lui se tient majestueusement l'évêque de Toulouse dans ses habits sacerdotaux essuyant une larme de la main gauche, tandis que la droite cache la nudité du comte, étendant- la robe violette. Tout près de lui, en arrière, deux hommes qui expriment leur admiration. Au second plan, à droite, u-i homme apporte le vêtement du pèlerin, le court vêtement de poils. A gauche on voit le comte vêtu de cet habit, commençant son. voyage. Dans le fonds formé de bâtiments et d un bout de paysage il reparaît attaqué et battu par deux voleurs. Le nettoyage et le vernissage amélioreraient beaucoup la toile.
f) Galerie de Msr Green, à Hadley,
près de Barnet
Waagen attribue à Gossart un petit tableau d'autel représentant la crucifixion, los deux volets offrant les portraits des donateurs. Un portrait d'homme, primitivement volet d'un tableau d'autel qui provient de la collection Aderson, où il était attribué à Memlinc.
g) Les Galeries Blundeel, Lellan, Folkestone renferment quelques tableaux qui rappellent de très près la manière de Mabuse,
4° BERLIN *— Musée Impérial
N° 650. — La Vierge offrant une grappe de raisins
à Jésus
« Le cadre porte VERUS DEUS ET HOMO. S, CASTA MATER ET VIRHO. La tête enveloppée d'un vaste voile qui se déroule sur srs épaules, les cheveux épars, la poitrine découverte et un sein nu, la Vierge, qui semble sortir du cadre, tient sur une sorte d'entablement couvert d'un tapis oriental, l'Enfant Jésus qui de la main droite tient une porrme et tend la gauche vers la superbe grappe de raisin noir offerte par sa mère ».
N° 656. — Jeune fille pesant une pièce d'or
« Dans une chambre d'aspect flamand, avec une fenêtre à losanges de plomb et volet entr'ouvert, eut assise devant sa table la jeune peseuse d'or : elle porte la coiffe de velours noir avec le bandeau à pierreries, une pelisse de fourrures et les riches manches à bourrelets de batiste. De la main droite elle tient la balance, de la gauche elle choisit le poids dans une boîte à compartiments dont le couvercle, abaissé sur la table, porte une sorte de ciboire en vermeil ciselé ».
N° 648. — Neptune et Amphritrite
Signé sur le piédestal : JOANNES * MALBODIVS * P1NGE- BAT* 1516*
« Sur un piédestal, entre des colonnes doriques, dans la première de deux salles de style néoantique, avec bucrânes et gouttelettes, se tiennent debout Neptune, le trident à la main, couronné d'algues, et A mphitritc, complètement nus. Un vastj ridea i rouge forme le fonds ».
N° 645. — Portrait d'homme
« De face, vêtu du somptueux costume de la cour de Bourg), gne : manteau blanc, pourpoint noir à crevés roses, son anneau p ndu au cou. 11 a le chaperon de velours noir, le roi de drap brodé d'or. Sur le fourreau de sa dague les lettres ATRE QUE VOI Une clef pend à sa ceinture ».
N° 642. — Adam et Eve sous l'arbre de la science
« Adam, du bras gauche, soutient son épouse ; relle-ci,la main droite posée sur l'épaule d'Adam, lui offre la pomme de la main gauche. Fonds de paysage boisé avec une fontaine ».
N° 616. — Marie et le Christ enfant
« Dans une chambre sculptée dont la baie offre une échappée de vue sur la montagne et sur une ville sise au bord d'un fiVuve, Marie tient son fils sur ses genoux, les mains de l'enfant sont pleines de cerises ».
On attribue quelquefois à Gossart les toiies suivantes : N° 21. — Calvaire
Au pied de la coix élevée sur l'aride et sanglant Golgotha, mais dans un vert et riant paysage que borne l'horizon d'une cité flamande. Marie Madeleine, Saint-Jean, les saintes femmes et quelques disciples sont groupes dans une attitude de douleur.
M. Waagen attribue cette œuvre à Liévin de Witte.
L'Ivresse de Noë
Copie d'une fresque peinte par Michel-Ange dans un plarond de la Sixtine.
5° BRUŒES — 1902
L'Exposition dos « Primitifs flamands » ouverte à l'Hôtel du Gouvernement Provincial à Bruges a rassemblé quelques tableaux de Jean Gossart, appartenant à des collections particulières et montrant le talent du peintre sous un jour particulièrement intéressant. Ayant eu l'occasion de les étudier de très près, je place ici la liste et la description de ces chefs-d'œuvre.
N° 221 (catalogue sommaire n° 189). — Portrait d'Isabelle de Bourgogne
(M. Ch. Léon Cardon, Bruxelles). Bois. H. 0.37 1/2. L. 0.30 A droite, en haut du panneau, une couronne royale surmontant un Y. Le cadre porte l'inscription : 1470. John of Mabuse. 1541.
« La sœur de Charles-Quint est vue à mi corps, tournée à droite. Elle est vêtue d'une robe blanche à larges manches, taillée en carré, laissant voir un corsage cramoisi bordé de perles et une chemisette en toile fine. Une croix ornée de pierreries pend au bout d'une chaîne et est épinglée, sur la noitrine. Elle ôte le couverte d'un vase à parfums qu'elle tient de la main gauche. La peinture est très glacée, les cheveux bien dans la manière de Gossirt,les lèvres à l'italienne, rouges et charnues ».
N° 150 (C. S. 150). — Saint-François d'Assises renonçant au monde
(R. C. Sutton-Nelthorpe. Esq.) Ce tableau est celui indiqué à la p;ige 06 sous le titre de « Légende du comte de Toulouse », titre qu'il portait à l'Exposition de 1899-1900 (n° 31) à la New Gallery de Londres.
M. Georges H. de Loo, auteur du « Catalogue critique de l'Exposition », se refuse à voir dans ce tableau une œuvre de JeanGossart.il propose ait plutôt .Tean Provost et la date de 1515.
Les opérations de nettoyage et de vernissage que nous regrettions dans notre catalogue, d'après les plaintes de M. Waagen, ont été accomplies, et le tableau est maintenant dans un état admirable de fraîcheur.
N° 191 (0. S. 272). — Triptyque de l'Adoration des Mages
(Sir Frédéric Cook Riehmond). Bois. H. 0.36. L. du centre 0.24 1/2. Volets 0.11. Exposé à la New Gallcry de Londres en 1899-1900 sous le n° 3 Le cadre, on plâtre doré, simule un tripytque ; il porte :e n< m J. MABUSE.
Milieu. — a La scène se passe dans un grand palais en ruines. Du haut d'une galerie, à gauche, sept hommes de la suite des rois regardent ce qui se passe. A droite, au fond, une maison gothique avec une chapelle g; éco-romaine. Devant la maison qui paraît être une hôtellerie, une foule de cavaliers et de soldats. L'Adoration des Mages tient le centre du panneau. Le roi nègre est tout à fait caractéristique. 8a tête est celle du triptyque de Dresde, son corps paraît reproduire le dessin du « Soldat en armure » signé de la main de Gossart ».
Volet gauche. — La Pentecôte et la Descente du Saint- Esprit
L'intérieur d'une maison : au premier plan la Vierge et trois apôtres, derrière eux un large escalier conduit à l'étage où sont assemblés les disciples.
Volet droit. — La Vierge glorieuse
N° 370. — Portrait de Saint Donatien
(Musée de Tournai . Chêne. H. 0.51 1/2. L 0.34 1/2..
« Il est vêtu d'une chape de drap d'or et porte la mitre précieuse, coupée dans le haut par le cadre. Sur sa chape c'est un amoncellement de broderies et de pierres. Les mains sont couvertes de gants blanc s et par-dessus, les bagues : l'une au pouce, l'autre à l'index, deux à l'annulaire. La main droite tient la croix archiépiscopale, la gauche une roue où sont cinq cierges allumés. Le modelé de la figure est admirable, le teint i st rouge, le menton plein et les yeux vifs ».
N° 154. (C. S. 270). — La Sainte-Vierge avec l'Enfant près d'une fontaine
(Musée de Glascow). Chêne. H. 1.05. L. 0 81. Exposé au Burlington Fine A"ts Club en 1892 sous le n° 38. Le cadre porte :
B. 1170] Jan Gossaert OF MABUSK [D. 1511 (The Netherlandish School) The Virgin by the Fountain Ms Lcllau collection « Marie, vêt'ic d'une robe bleue qui laisse apercevoir des manches serrantes en drap dur et une chemise en toile fine, est assise sur un banc en maçonnerie Un iinmm.se manteau rouge est tombé de ses épaub s. De la main droite elle tient riinl'ant Jésus enveloppé d'un lange blanc et lui offre le sein. L'entant est très blond, a^sez bouffi il se îefuse et regarde en
l'air ; l'expression est très heureuse, mais le geste du bamMn est bizarre. Les index sont tendus comme dans le geste de démonstration, et semblent indiquer la droite et la gauche. A gauche croissent des lys blancs et rouges, des iris. A droite une font <ine en bronze à vasque circulaire. A droite de la Vierge, un grand arbre. A a deuxième plan, tout le cjté gauche est occupé par un édifice de style renaissance très mêlé ; il se compose de terrasses avec échangucttes de tours à fenêtres ovales, un personnage (Saint-Joseph) sort de l'édifice. La droite est remplie par un paysage irès vert avec des collines, une rivière près de laquelle s'élève un château-fort ; au loin des champs, un laboureur, un calvaire. A l'extrême gauche de l'avant plan un livre de prières ouvert sur le gazon ».
M. Friedlandcr et M. de Loo ont adopté l'attribution à Bernard van Orley. Cependant une répétition du même tableau à l'Ambrosiana de Milan porte également le nom de Gossart.
N° 224 (287 C. S.) — Portrait de Marguerite d'Autriche
M. Klcinberger, Paris . Bois. H. 0.57. L. 0.50. Réplique exacte du n° 184 du musée d'Anvers. Le cadre porte : MABUSE.
N° 161. — Portrait de Phillippe de Bourgogne ou de Floris d'Egmont, comte de Buren
(Mrs Percy Macquoid; Esq. Londres). Chêne. H. 0.46. L. 0.27 1/2.
« En buste, tourné à gauche, la figure vue de 3/4. Il porte la chemise plissée. Le justaucorps de soie bordé de rouge à taillades, la relisse de drap d'or 1 1 le manteau de martre. Son chapeau incliné à droite porte un médaillon où se voient les lettres F entrelacées dans un lacs d'amour. Il porte la Toison d'Or ».
Est-ce Philippe ? Est-ce Floris d'Egmont ?
Exposé au Burlington Fine Arts Club en 1892, il était intitulé « Portrait de Floris d'Egmont ». Et on se basait pour ce titre sur les initiales qui seraient un F et un E retourné. Si ces initiales sont intactes, l'argument est concluant, car Floris était le seul chevalier de la Toison d'Or portant ces initiales à la date où fut peint le portrait, c'est-à-dire vers 1508. Floris d'Egmont aurait de plus l'âge correspondant à celui du modèle, étant né en 1469 et chevalier de la Toison d'Or depuis 1505.
La ressemblance avec le portrait d'Amsterdam me fait croire que ce portrait est pourtant celui de Philippe de Bourgogne. L'âge concorde : M abuse est en 1508 au servies du prince, enfin c'est réellement les mêmes traits bouffis, la gorge arrond e sous le menton qui est court et en ret ait. Les initiales pourraient très bien être F B, la hampe du B ayant été coupée dans une retouche. C'est tout au moins aussi vraisemblable que supposer un E retourné.
N° 192 (C. S. 282). — Sainte-Catherine et les philosophes
(Sir Frédéric Cook, Kichmond). Triptyque. Chêne. H. 1.09. L. 0.86. Volets 0.37.
Volet droit. — « Une colonne de marbre rouge soutient un hautrelief antique en grisaille et forme un portique qui se profile sur un ciel très bleu avec des nuages très étudiés. Un philosophe lit et feuillette, avec l'aide d'un autre, assis à sa droite, vêtu d'un manteau à crevés et d'une robe verte à broderies et franges d'or, coiffé d'un turban, un livre posé sur ses genoux. A sa gauche, un homme à tête caractéristique, avec une pelleterie sur les épaules, tient un rouleau de parchemin entre ses doigts levés. Au dehors un groupe de huit hommes, discutant et écoutant ».
Milieu. — (( Devant w e alcôve et sous une valve bleu vert la sainte est debout, vue de face, la tête couronnée et les cheveux tombant sur les épaules ; elle porte un vaste manteau vert, sa main droite tient un glaive, sa gauche un livre recouvert d'un voile jaune. A sa droite, un docteur suit sur un livre,, d'autres au 2e plan, derrière la haie, lisent sur un papier; par la baie de dro'tc, on voit un paysage, la mer au loin et une \ille sur la hauteur A la gauche de la sainte, deux vieillards au lutrin ; par la buie de gauche on voit une file de vieilles maisons et d'arbres jaunes ».
Volet gauche. — « Les colonne- et les hauts-reliefs continuent. Le roi Maximin, vêtu d'une robe à collet d'hermine, couronné et le sceptre en main, discute avec un philosophe joufflu qui croise ses mains sur son manteau rouge. Au fond, une maison à échauguettes, avec fenêtres gothiques et portails romans ».
N° 330 (281 C.S.) — La Sainte- Vierge et l'Enfant Jésus
(The Earl of Northbrook, Londres '. Exposé à la New Gallery en 1900. Chêne. H. 0.50 1/2. L. 0.37.
« Marie est vue jusqu'aux genoux. Elle est assise et donne le rein à l'Enfant Jésus qu'elle tient sur les bras. Elle porte une cotte en drap d'or et une robe bleu verdâtre garnie de fourrures grises. Ses cheveux sont couverts par un voile diaphane. Un mur derrière la Vierge avec des plantes grimpantes. Le cadre porte : Jan Mabuse 1470-1532 ».
N° 225 (C. S. 279). — Hercule terrassant un Ennemi
(M. O. Miethke, Vienne). Chêne H. 0.45. L. 0.35 1 2.
« La lutte a lieu sur le perron d'un édifice de style grécoromain, avec colonnes ioniennes, chapiteaux. Les pierres sont d'un bleu vert; les hommes complètement nus d'un bistre rouge. Hercule est couronné de feuilles, il tient l'ennemi, le bras droit passé entre les jambes et du bras gauche lui portant une ceinture. L'en- emi bascule, les jambes en l'air, sa main gauche accrochant le mollet droit d'Hercule et la main droite tendue pour adoucir la chute. Signé à droite : ...NES M ALBODIVS PINXIT 1523 ».
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N° 328 (320 C. S.) — La Vierge et l'Enfant entre deux groupes d'Anges
(The Earl of Nôrthbroock, Londres). Chêne. H. 0.3'. L. 0.24 1/?.
C'est la répétition du panneau central du triptyque de Païenne avec quelques petites différences ; des anges thuriféraires sont ici ajoutés. Le cadre porte MABUSF.
Dans la même salle est exposée sans numéro une aquarelle donnant la copie exacte du tableau de Palerme avec les deux volets. L<~s architectures y sont dorées sur fond bleu. La Vierge est en bleu., les anges en rouge ou en bleu de teintes claires. Sainte-Catherine porte la robe bleu pâle et le manteau bleu. Sainte-Dorothée est en vert, l'ange qui est près d'elle est vêtu de rose.
N° 147. — Départ d'un jeune Saint
attribué à Gé ard David porte au cadre les mots J. de Màbeugc,ainsique loir 15?,(.YI ABUSE) attribué à Adriaen Yscntrant.
Mais il est évident que le pinceau de Jean G-ossart y est tout à fait étranger.
6° BRUXELLES — Musée Royal
N° 24. — La légende de Marie-Madeleine
Triptyque (salle XII). H. 1.75. L. 1.47. Volets 1.82 et 0 70, sur bois. Provient de l'abbaye des Prémontrés, à Dielighem (anciens dépôts). Ce triptyque avait été d'abord attribué à Roger de Bruges, Memlinc, Van Orley, Bles, Lan^elot Blond' el.
Panneau central : Le Christ chez Simon le Pharisien. — « Une vaste salle avec un escalier double à droite et à gauche, soutenu par un pilier centr. 1 que décore un médaillon représ^m ant Moïse et les Tables de la loi : le tout de pur style renaissance. Line arcade divise la salle en deux. Dans la pren ière partie une table est dressée où sont assis un apôtre au premier plan ; au second Jésus tourné à droite et parlant au groupe qui lui fait face ; puis assis au bout de la table et regardant les spectateurs, l'hôte Simon le Pharisien. La Madeleine agenouillée aux pieds du Christ les baise et les oint de parfums ; un groupe de deux pharisiens regarde la pécheresse et l'un d'eux la montre avec admiration. Plus loin, au pied de Tescalier, d'autres convives. Dans la seconde salle deux personnages causent à la fenêtre- Un écureuil ronge une noix, attaché aux pieds de Simon ».
Volet de gauche : La Résurrection de Lazare. — « Le Christ et SPS disciples devant le tombeau d'où s>»rt Lazare enveloppé de son suaire. A droite Marthe et Marie, groupes de curieux. Dans le ci°l le Père Eternel tiare bénit son Fils ».
Volet droit: Assomption do Marie-Madeleine. — « Un abbé de l'ordre des Prémontrés est à genoux devant un livre où on lit Maria- Madelina ora pro kobis. Le prie Dieu porte Cum moderamine,
devise de l'abbé. La pécheresse est portée par des anges et s'envole dans les airs, les mains jointes. Un prêtre regarde ce miracle ».
Revers, grisailles : Le Christ à la bêche. — La Madeleine agenouillée.
N° 192. — La Vierge et l'Enfant Jésus
Bois H. 0.45. L. 0.3 \. Acquis de M. Maeterlinck à G and en 1896.
« La Vierge est vôrue d'une robe grise avec empiècement décolleté en drap d'o~, sur le cou trois rangs de bandes de dentelles. Le manteau est d'un bleu vert. Le type de la Vierge est assez beau, il est rnanifesten eut iss i de l'imitation italienne. Les iris des yeux sont d'un bleu particulièrement bizarre. La bouche est d'un dessin tx'ès délicat. Les cheveux sont bruns, un fil dur y brille avec deux turquoises, uu saphir et un petit diadème central. L'enfant très blond et très bouclé, ses yeux ont également l'iris teinté ; il est vêtu d'une petite chemise do tissu diaphane, dans ses mains un fil où pendent quelques perles retenues au bout pa»' un anneau. Le fond est de marbre rouge veiné ».
Il existe des répétitions de ce tableau notamment à Munster où l'exemplaire est signé Joahnes Malbodius pingebat et à Dresde.
N° 193. — Adam et Eve Bois. H. 1.71. L. 1.17. Acquis de M. Mietke, de Vienne, en 1896. Van Mander signale l'existence de ce tableau dans la biographie de Gossart. L'artiste en a peint trois exemplaires : .un à Hampton-Gourt, un à Berlin, un à Bruxelles.
« Les figures sont en pied, debout, entre deux arbres qui touchent le cadre. La couleur est très chaude et le modelé superbe. Mais les physionomies sont particulièrement malheureuses. Adam, avec son index droit dans la bouche, a l'air d'un éco'ier pris en faute. Son bras gauche repose sur l'épaule gauche de son épouse Eve tient la pomme cachée derrière elle.
Le serpent réunit les deux arbres en haut du tableau. Le hibou et l'écureuil si significatifs dans le tableau d'Hampton- Court n'existent pas ici, de même les scènes delà vie d'Adam et Eve reproduits à Hampton-Gourt dans le fond du paysage sont omises. Le fond est ici constitué par un paysage boisé avec une fontaine renaissance peinte en bleu vert. Sur cette fontaine est un groupe de cariatides représentant l'Adam et Eve, types de Van Eyck ; aux derniers plans des dunes ou des rochers ; au premier des houx et des chardons ».
N° 191. — L'Adoration des Mages
(OEuvre capitale très discutée). Bois. H. 0.84. L. 0.68. Fig. 0.44. Acheté 12.00 francs en 1848 à la vente du Dr Van Rotterdam, professeur à l'Université de Gand, faite par Mme Macrtens d^ Rotterdam, qui en avait donné une notice accompagnée d'une gravure au trait par Onghena, dans le Messager des Sciences
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et des Arts de Gand (1829-1830). A l'époque où tous les ta1 leaux gothiques étaient donnés à Van Eyck ou à Memlinc, le n" 191 a été longtemps attribué au premier de ces artistes. On a d'abord proposé Gérard Dav d M. Wanters a ensuite proposé Mostaert, enfin le nom de Gossart a trouvé la majorité des approbations.
Dans le Bréviaire Grimani se trouve une miniature très semblable à ce panneau. Les musées de Munich (qui l'attribue à Mostaert ou à Gérard Hohrenhout), de Berlin en ont des sortes de répétition. Lord Napier, à Londres, en possède une petite réplique.
Le n° 191 a figuré en 1902 à l'Exposition des primitifs de Bruges sous le n° 135. Le catalogue officiel porte « Inconnu » et M. H. de Loo, auteur du Catalogue critique, l'attribue à Gherai rt David. Quant aux volets, ils ne sont p- s manifestement de Jean Gossart.
« La Vierge est assise à gauche sur un coussin de tapisserie posé sur le bord de la crèche ; elle tient sur ses mains l'Enfant Jésus. Devant elle et faisant face au spectateur est Gaspard à genoux ; devant lui, à terre, un vase d'or de forme arrondie ; il prend de ses deux mains le bras droit de l'Enfant et le porte à ses lèvres. En face de la Vierge est Melchior, vu de profil, tenant un vase d'or richement ciselé. Balthazar, debout derrière lui, porte un vase d'ivoire sculpté. A sa gauche, contre un pilastre qui soutient la toiture de l'étable, est un homme qui porte la main à son bonnet ; à sa gauche, deux autres dont un vu de profil et l'autre de 3/4, en partie caché par le turban du mage noir. Derrière Gaspard est Saint- Joseph. Entre celui-ci et le pilastre de droite, trois hommes et, au fond, quatorze autres, dont onze à cheval et trois montés sur des chameaux. Au-dessus des groupes flottent trois bannières, l'une d'azur aux étoiles d'or, l'autre d'azur à un soleil et croissant d'or, la troisième d'argent au dragon de gueules. A gauche, à un plan reculé, un berger et des moutons sur une colline au-delà d'un mur. Fond de paysage, vue de ville, à droite un temple de forme circulaire, au loin des montagnes bleues. Dans le ciel l'Otc-ile qui a guidé les Mages ».
N° 193 a. — La Vierge et l'Enfant Jésus
Bois. H. 0.60. L. 0.47 1/2 (anciens dépôts).
« La Vierge, drapée de rougeoient devant elle Jésus assis sur l'appui d'un balcon de pierre ; l'enfant s'enveloppe la tète d'une partie du voile blanc servant de coiffure à sa mère. Intérieur de chambre tapissée d'une étoffe verte ».
Nombreuses répétitions, cf. Musée d'Anvers n° 183.
Je crois qu'on pourrait attribuer à Gossart les nos 587 et 588 du Musée de Bruxelles.
N° 587. — Vierge et Enfant Jésus
Bois. H, 0.46. L. 0.34. Acquis du Duc d'Areinberg en 1874,
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«Devant un petit temple hémisphérique, décoré de colonnes et de statues de bronze, la Vierge drapée de rouge est assise et tient l'enfant Jésus sur ses genoux. A sa droite, une jeune femme richement vêtue présente un vase à Jésus ; à sa gauche, se trouve une seconde femme, en cuirasse, coiffée d'un casque et Fépée à la main. Au-dessus, Dieu le Père avec deux anges. Fond de paysage avec château ».
N° 588. — Vierge et Enfant Jésus
Bois. H 1 24. L. 1.02.
« La Vierge tient dans sou bras l'Enfant Jésus enveloppé dans les plis d'un long voile et est assise sur un balcon où sont déposés des fruits Fond de paysage avec la Fuinc en Egypte. Acquis de l'église de Pcrwez en 1846 ».
7° BRUNSWICK — Musée Ducal
N° 405. — Le Christ au pilori
Signe JOANNES MALÎîODIVS FEC. 15?G. Même composition que le tableau d Anvers.
8° CASSEL — Galerie électorale de Hesse
N° 58. — Le Triomphe de la Religion chrétienne
H. 1 ra. L. 1.30.
A gauche une bandcrolle porte 1523 A droite les lettres 1 M A... un pli coupe la suite. C'est probablement la signature J V M A (buse).
Panneau central. — « Dieu le père est assis sur un trône ; à sa droite son fils ; tous d<>ux ont les pieds appuyés sur un globe de cristal qui figure le monde. Entre eux, la croix ; sur leurs têtes p'ane l' Esprit-Saint. Ils sont entourés d'anges et de chérubins, de bienheureux, de moines et de chevaliers. Au bas, les héros de l'ancienne loi : Moïse, Aaron, Josué, David ».
Volet gauche. — La Vierge triomphante avec un cortège d'anges et de martyres ; au bas, Abraham, Jacob. Derrière, Adam et Eve.
Volet droit. — Apôtres et confesseurs de la loi nouvelle : Saint- Pierre, Saint-Paul.
Extérieurs. — Droite : Sainte-Barbe. Gauche : Sainte-Catherine.
L'ancien catalogue de 1830 attribue les volets à Baldung Griin.
9° DRESDE — Musée Royal
N° 1846. — L'Adoration des Mages
Ce tableau était autrefois à Saint-Luc d'Orba, près de Gênes ; les troupes du comte de Schulenbourg l'enlevèrent peudant le siège et le jetèrent dans un bivouac Le comte le recueillit et en fit hommage à Auguste III, roi de Saxe.
« La Vierge est assise près d'une ruine italienne ; elle porte une immense robe bleue ; sur ses genoux l'enfant Jésus tout effaré donne en rechignant sa main à baiser. Saint-Joseph se tient près du groupe Comme deux sentinelles ornementales Saint-Luc dessinant et Sa:nt-Dominique tenant en laisse un chien qui porte le brandon enflammé, symbole de l'Inquisition ».
NB 1801. — Réplique du même.
\ '10° LA HAYE (Musée Royal)
N° 348. — L'Enfant Jésus et Saint-Jean Baptiste (l)
(salle II) provient de la collection du roi Guillaume II (1830. H. 0.40 L. 0.58.
« Les deux enfants sont assis sur le sol Le petit Saint-Jean à droite embrassant Jésus Au second plan, une arcade sur deux colonnes. Des enfants juchés sur les chapiteaux tiennent des médaillons. Fond de paysage ».
Nombreuses répliques : L'une au musée de Naples, une autre au musée de Wcimar.