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ORLÉANS

Cariatides.

Les cariatides de la porte gauche de l’Hôtel de Ville ont été attribuées à Jean Goujon par De Buzonnière et Bimbenet, historiographes du monument. Le caractère de ces sculptures ne permet pas de se rallier à l’opinion des deux auteurs. ( Histoire architecturale de la ville d’Orléans, par De Buzonnière. Orléans, 1849,2 vol. in-8° t. II, p. 2i8et Monographie de l’Hôtel de Ville d’Orléans, par J. -Eugène Bimbenet. Orléans, 1 vol. in-8° 1 85 5, p. i5.)

PARIS

§ I. Cimetière des Innocents.

Le Triomphe du Saint-Sacrement.

Tel était le sujet du principal bas-relief du monument funéraire de Philippe Gastine, érigé au cimetière des Innocents. On a voulu que ce travail fût l’œuvre de Goujon. Sauvai et Brice l’attribuent à Ponce. (Voir Revue Universelle des Arts, t. II, p. 346-347, année 1 855.)

§ II. Cours la Reine.

La Maison de Moret.

Une tradition très accréditée veut que cette demeure soit l'œuvre de Goujon. (Voir plus haut, p. 33.) L’époque de la construction de cette maison est, en somme, le seul argument invoqué à l’appui de la tradition, trop aisément acceptée. Berty, l’auteur des Grands architectes français de la Renaissance (1860, in-8°), a consacré une étude à Jean Goujon considéré comme architecte, et, faute de preuves, la pensée ne lui est pas venue de disserter sur la maison de Moret. Sa réserve nous est une leçon.

§ 111. Couvent des Cordeliers.

Mise au Tombeau. — Bas-relief. Stuc.

Le peintre Doyen et le sculpteur Mouchy ont dressé en 1790 un Inventaire des peintures et sculptures du Couvent des Cordeliers de Paris. Dans cette pièce est mentionné un devant d’autel que les deux auteurs disent être de Goujon. Nous voudrions les suivre dans cette attribution, mais l’œuvre dont ils parlent est perdue, sinon détruite, et Sauvai qui, ainsi que Piganiol, avant eux, ont longuement décrit le Couvent des Cordeliers, sont muets sur le bas-relief si hâtivement reconnu pour un travail de Goujon. Le silence de Sauvai et de Piganiol a sa portée. (Voir Nouvelles Archives de l’Art français, 2” série, t. II, p. 285.)

§ IV’. Couvent des Feuillants.

Jean de La Barrière présente a Henri III le plan de son Monastère.

Tel était le sujet d’un bas-relief décorant le portail principal du couvent des Feuillants de la rue Saint-Honoré. Millin fait honneur de ce travail à Jean Goujon. L’erreur est indéniable. C’est seulement en 1587 que Jean de La Barrière obtint du roi le terrain sur lequel fut élevé le monastère. A cette date, il y avait près de vingt ans que Jean Goujon n’existait plus. (Voy. Monumens françois, t. I. Paris, 1802, in-40, art. 5, p. 1 1 et 69.) D’ailleurs, le portail du couvent n’aurait été construit, d’après Félibien, qu’en 1676. Michel Anguier en aurait été le sculpteur. (Voir Archives du Musée des Monuments français, t. II, p. 29 et t. III p. 184.)

§ V. Musée du Louvre.

Nymphe endormie, Faune et Hamadryade. — Bas-relief. Marbre.

Cette œuvre, d’un très grand mérite, est attribuée par A. Lenoir à Goujon. ( Archives du Musée des Monuments français, t. II, p. 410.) Mais, depuis près de cinquante ans, cette attribution n’est plus admise. L’œuvre est au Louvre. Elle porte le n" 110 du livret des sculptures modernes de Barbet de Jouy. C'est à Fremyn Roussel qu’on l’attribue en s’appuyant sur le caractère d’un tas-rel:ef authentique de ce bon sculpteur de la Renaissance.

§ VI. Musée du Louvre.

Pulvhrin ou Poire a poudre.

Cet objet, en corne de cerf, décoré d’un Génie, a été attribué à Jean Goujon par De Laborde (Notices des émaux, bijoux et objets divers exposés dans les galeries du Musée du Louvre. Ivoires, n° 920, édit, de 1 85 3). Ph. de Cbennevières a combattu cette attribution, et nous nous rallions sans effort à l’opinion de cet auteur. ( Notes d’un compilateur sur les sculpteurs et les sculptures en ivoire, in-8°, s. d., p. 9-10.)

§ VII. Musée des Monuments français.

Figures de l’Horloge du Chateau d’Anet. — Bronze.

(Archives du Musée des Monuments français, 1. 1, p. 184 et t. II, p. 234.)

Deux Renommées provenant des portes du Chateau. — Statues. Bronze.

(Ibid., t. I, p. 1 5 1 et t. II, p. 234 et 41 1).

Plafond d’une chambre du Chateau. — Bas-reliefs. Bois.

(Ibid., t. 1, p. 1 36, 1 3 7, 1 5 2) .

Nymphe drapée. — Statue. Marbre.

(Ibid., t. III, p, 1 10).

Naissance de Vénus.

La Seine.

La Marne.

L’Oise. — Bas-reliefs. Pierre de liais.

(Ibid., t. I, p. 28, 43, 44, 436. t. III, p. 201, 2o3, 2o5, 206 et 297; Description des sculptures modernes du Musée du Louvre , par Barbet de Jouy, édit, de 1873, n°* 134 à 137.)

Diane caressant un cerf. — Bas-relief. Marbre.

(Archives du Musée des Monuments français, t. III, p. 2o5-2o6). Ce monument aurait été la propriété privée de Lenoir.

Diane chasseresse. — Statue, marbre.

(Ibid.,t. III, p. 229, 275, 282, 3oo).

Encore que le témoignage de Lenoir mérite créance, nous avouons ne pas être rassuré sur l’authenticité' des œuvres rappelées ici. Quatre bas-reliefs sont au Louvre et il a été démontré qu’ils datent de 1 583 ou 1 585 . Goujon n’existait plus alors. Les autres ouvrages nous échappent. Goujon n’a pas tiavaillé, que nous sachions, pour le bronze. Que faut-il penser des bronzes, d’ailleurs disparus, inscrits ici sous son nom ?

§ VIII. Rue Vieille-du-Temple

Hôtel Dajacet, depuis Hôtel d’O.

CaHet fait honneur à Goujon de la construction, rue Vieille-du-Temple, de l’hôtel Dajacet, devenu successivement l’hôtel d’O et le couvent des Religieuses de Saint-Gervais. Cet hôtel a été détruit en 1795. Callet ne peut citer aucune pièce probante à l’appui de son dire. D'après Callet ce serait la réputation acquise à Jean Goujon par l’hôtel Dajacet qui aurait décidé le Connétable de Montmorency à confier au maître et à Jean Bullant la construction d’Ecouen. Ce sont là de belles affirmations, mais nous ne pouvons les tenir pour valables sans un témoignage qui les corrobore. Callet n’hésite pas à considérer Goujon comme architecte d’Ecouen, au même titre que Bullant. Notre lecteur a vu que nous étions moins affirmatif (Vide supra, p. 23) sur ce point spécial qui n’est pas élucidé. (Callet, Architectes français du seizième siècle, Paris 1843, pet. in-40, p. 5o-54.) Nous nous bornons

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LES ARTISTES CELEBRES

aux réserves qui précèdent vis-à-vis de C a 1 1 et qui attribue, sans le moindre embarras, à Jean Goujon un château à Sainte-Geneviève des Bois, l’hôtel du comte de Poitou, une chaire à prêcher au Mans, des statues rue des Deux-Ecus et à la Malmaison, etc. C’est écrire l’histoire avec trop de désinvolture.

§ IX. Porte Saint-Antoine.

La Seine et la Marne.

Ces deux figures, en haut-relief, placées sur les impostes de l’arc, du côté du faubourg, ont été alternativement attribuées à Ponce ou à Goujon. Piganiol se garde de prendre parti. Sauvai s’abstient de citer un nom. Cette réserve est significative. Ces deux œuvres sont au Musée de Cluny. (Piganiol, Description de Paris, t. V, p. 48, édit, de 1765. — Sauval, Antiquités, t. III, p. 1 et 2, édit, de 1724. — Nouvelles Archives de l’Art français, 2e série, t. III, année 1882, p. 261-264 et 271. — Archives du Musée des Monuments français, t. II, p. 181 ; Catalogue du Musée des Thermes et de l’Hôtel de Cluny, par E. du Sommerard, Paris 1881, in-8°, n05 289 et 290.)

§ X. Préfecture de police.

Génies, Têtes de Faunes et de Femmes.

Un portail de la Préfecture de police, dernier vestige de l’ancienne Cour des Comptes, (reconstruite après l'incendie de 1737, était orné d’un gracieux décor sculpté au xvie siècle. On le trouve décrit dans la Revue Universelle des Arts, (t. II, p. 466, année 1 855). En 1882, l’exécution des plans d’agrandissement de la Préfecture amenèrent la destruction de ce portail que l’on voulait être une œuvre de Jean Goujon. Mais ce n’était là qu’une tradition. (Voir Chronique des Arts, année 1882, p. 74, La Défense du 4 mars 1882 et le Petit Moniteur Universel du 8 mars de la même année.)

Destination inconnue.

Crucifix. — Ivoire.

L.-N. Barbier, dans son livre Esquisse historique sur l'Ivoirerie (Paris, 1857, in-12, page 3q) cite un Crucifix qu’il dit être de Jean Goujon, mais Barbier omet de désigner la collection publique ou privée où se trouve cette œuvre précieuse. Il ne donne aucune preuve à l’appui de son assertion. Cette double omission enlève une grande part d’autorité à son témoignage.

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