‹ Jean GoujonChapitre 5 sur 41 · B RÉ ZÉ · texte numérisé non relu

B RÉ ZÉ

LES ARTISTES CELEBRES

« A Maistre Jean Gouyon pour les pourtraitz du portail et de la fontaine, paié pour ce VI 1. iis., par mand‘ de Monsieur Rome, jouxte la quittance*. »

Sous la date du ir octobre i5q2, Jean Goujon est de nouveau nommé dans les comptes de la cathédrale. Il s’agit, cette fois, non pas d’un travail à lui confié, mais d’une inspection de la « masse ou lanterne de pierre de l’église » sur laquelle doit être élevé le clocher. Les experts choisis pour la circonstance sont « Jean Goujon et Noël Quesnel, ymaginiers et architecteurs jurés » en la ville de Rouen2.

D'autre part, les comptes de l’église de Saint-Maclou renferment encore les lignes suivantes :

« Le xxne de may vcc xli paie à maistre Jehan Gougon, cinquante sept solz six deniers pour avoir faict ung pourtraict dune coulompne et ung pied destalle pour servir aus ds orgues pour ce . lvii s vi d.

« Le ixe jour d’aoust marché a este faict avecque le d. Gougon pour faire et asseoir deux coulonnes de marbre dont les chapitaulx et la basse seront de marbre blanc et la verge et pie destalle de marbre noir de Tournay et doibt avoir led. Gougon pour les d. deux coulonnes et fondements soixante dix escus soleil sur quoy luy a este baille comptant un pleige de Monsr de la Rivière sur le d. marche le nombre de trente cinq escus sol

vaillantz soixante dix huyt livres quinze solz, pour ce . lxxviii 1. xv s.

« Donne aud. Gougon pour son vin . . . v s.

» Même année : « Paie à maistre Jehan Gougon la somme de trente solz ts pour avoir

faict le deviz de paindre les orgues, pour ce . xxx s3 4. »

Une dernière mention, se référant encore à 1 5 4 1 , est ainsi libellée : « Donne à maistre Jehan Gougon pour sa peine davoir faict deux pourtraictz pour faire une custode pour porter le corps de Nostre Seigneur, pour ce paie . xxvi s. vin d.'i j>

Des divers travaux visés dans ces comptes, il ne subsiste, aujourd’hui, que les colonnes de la tribune des orgues de Saint-Maclou. Jean Goujon en avait d’abord fourni le dessin, puis il fut chargé de leur exécution. Elles supportent la tribune dont l’encorbellement fait une forte saillie dans le vide. Les proportions, la matière, les ornements de ces colonnes, ce qui, en un mot, constitue leur style, permit à Deville de supposer que le tombeau de Louis de Brezé, érigé dans la cathédrale, pouvait être l’œuvre de Jean Goujon.

Les raisons que présente l’historien rouennais, à l’appui de sa thèse, sont plausibles.

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