‹ Jean Halbout de la BecquetièreChapitre 17 sur 66 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LE mariage; germes de vocation (10I9-1G20)

Le mariage de Jean Halbout et de M'" de la Boderie eut lieu tout à la fin de 1618, ou au commencement de 1(319 '.

La nouvelle épouse appartenait à une célèbre famille de Normandie. Elle était la nièce de ce fameux Antoine le Febvre

1. J'auguR' cette date par ce qui; dit 1>. Le Chevalier, Vie du Fr. Elzéar, p. 307 : « Le serviteur tle Dieu avait, au moment de sa mort, trente-trois ans, dont il avoit passé vinpt-cinq et demy dans le monde, avant que d'être marié, trois dans son mariage, et le reste en religion. Dans son Abrégé de la Vie de Jean Halbout, M. F. Cazin fixe cette date au 9 février 1019, Notice sur le couvent des Capucins de Vire, p. 30. Malheureusement, on ne peut pas toujours se fier à ce que dit cet auteur.

M JEAN HALBOUT.

de la Boderie, ambassadeur du roi Henri IV à la cour d'Angleterre \

Nous ne saurions mieux raconter les événements de ce mariage qu'en rapportant le récit que fit plus tard M'" de la Boderie elle-même :

« Lorsque M. de la Becquetière, ditelle, commença à me rechercher en mariage, je ne fais nul doute que Jesus- Christ n'approuvât son dessein, et qu'il ne se soit servy de lui pour m'attirer à la sainte religion. J'ai sujet de me le persuader et de croire que ce fut la raison unique, pour laquelle Dieu permit qu'il ne se fit pas religieux, dès le tems qu'il en forma le premier dessein; ce que j'estime d'autant plus véritable que mes parens ont été plusieurs fois sur le point de m'accorder en mariage à des per-

1. M"" Anne de la Boderie avait deux frères et deux sœurs, tous ses aînés : Nicolas que nous retrouverons plus tard, Mathieu qui devint prêtre, Suzanne qui se fit religieuse et une autre qui se maria. — Voir à l'appendice.

SON MARIAfJE. 35

sonnes qui, bien loin de me persuader de nie faire religieuse, ne me l'auraient jamais permis ny souffert; car, entre les autres, il arriva que je fus promise à un gentilhomme de la religion P. R. ', en même tems que M. de la Beequetière me fit l'honneur de me rechercher. Ce qui fît naistre beaucoup de troubles et de difficultés, parce que d'une part mes parents et mes amis qui m'avoient accordée à ce gentilhomme huguenot, ne pouvoient du tout se résoudre à retirer la parole qu'ils lui avoient engagée en considération des belles qualités et des grands biens qu'il possédoit. D'ailleurs les parens de M. de la Beequetière n'agréant pas de leur côté cette recherche, à cause que l'on lui présentoit d'autres partis très avantageux, faisoient tous leurs éforts pour l'en détourner. Mais rien n'étant capable de diminuer le vio-

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