Prétendue rélorniée, le protestantisme
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lent amour qu'il me porloit, et ayant pris une forte résolution de n'épouser jamais d'autre personne que moy : il ne se départit point de sa poursuite. Mais ce qui l'y engageoit le plus étoit que je répondois de ma part à la tendre affection qu'il me marquoit. C'est pourquoy se roidissant contre toutes les difficultez qui se présentoient : il poursuivit son entreprise et la conduisit avec tant d'adresse, tant de prudence et tant d'empressement, qu'il obtint ce qu'il désiroit de mes parens, lesquels, sous le prétexte de la religion, remercièrent le gentilhomme huguenot, et me donnèrent en mariage à M. de la Becquetière, au grand contentement de nos deux familles et de nous Jeux en particulier. »
M. de la Becquetière avait alors vingtcinq ans, et Anne de laBoderie, dix-neuf. « La tendresse, la sympathie, l'ouverture du cœur, l'ardeur, la fidélité, tous ces char-
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mes innocens qui rendent les mariages heureux, se faisoient sentir à ces deux chastes époux. La paix inaltérable dont ils jouissoient, l'union intime de leurs esprits ne leur laissoient gouster que ce que la société conjugale a de plus doux, de sorte que leurs liens si sagement et si fortement serrez ne paroissoient pas dev'oir se jamais rompre et dissoudre durant la vie ' . »
Il y avait pourtant à peine six ou sept semaines que les époux habitaient sous le même toit, lorsque la pensée de la vie religieuse se réveilla dans l'âme de Jean Halbout. Dès qu'il en eut parlé à sa femme, celle-ci conçut aussitôt le même désir -. Pour ne pas manquer de ferveur,