‹ Jean Halbout de la BecquetièreChapitre 19 sur 66 · DoMi Le Chevalier, Vie du Fr. Elzéar · texte numérisé non relu

DoMi Le Chevalier, Vie du Fr. Elzéar

2. Au sujet des personnes mariées qui veulent entrer dans l'ordre, la règle franciscaine dit : « ... Que leurs femmes soient déjà entrées dans un monastère, ou que, par autorisation de Tc'vèquo diocésain, elles leur en aient donné [à. leurs marisj la permission, après avoir fait auparavant le vœu de continence; et que ces femmes soient

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ce bon mouvement laissait à désirer du côté de la maturité. 11 ne tarda pas à être regretté. « M. de la Becquetière, écrivait plus tard celle qui devint ensuite Mère Elisabeth de Sainte-Anne, croyant que j'étois aussi ferme que lui en nos résolutions, et que ce que je venois de lui marquer étoit sans retour, ne me parla plus de notre séparation que quelques jours après; car voyant que je ne lui en disois rien, il me demanda où je désirois me retirer, me disant sur tout qu'il falloit choisir un monastère bien réglé.

Mais il fut bien surpris de voir que j'avois changé de sentiment, lorsque je lui répondis sans façon que je ne pouvoisme résoudre à embrasser l'état religieux.

A ces paroles, le feu lui monta sur le visage, et plein de l'amour de Dieu, et d'un saint zèle, il me répliqua que je ne

de tel âge qu'elles ne puissent causer do soupçons ». Ch. II.

(ŒRMES l»E VOCATION. :»

devois pas préférer l'amour d'une créature à celui du Créateur, que la religion n'avoit rien d'austère et de rebutant que l'apparence et les dehors; que ce qui en éloignoit la pluspart des hommes étoit qu'ils n'avoient des yeux que pour les croix qui paraissent, pendant qu'ils se rendoient aveugles pour se cacher à euxmêmes les douceurs qu'on y goûte ; que tôt ou tard la mort nous sépareroit et qu'à ce moment funeste je me repentirois de n'avoir pas fait ce qu'une nécessité inévitable me feroit faire.

« 11 me tint ce discours et plusieurs autres semblables pour lesquels je reconnoissois assez qu'il me disuit la vérité; mais quoyque je fusse convaincue par ses raisons, et que je sentisse bien que le meilleur party seroit de donner mon consentement à notre séparation afin de nous consacrer entièrement à Dieu, je ne pouvois néanmoins souffrir son absence, bien

loin de me résoudre à le quitter pourtoujours. C'est pourquoy toutes les fois qu'il m'en parloit, je ne lui donnois aucune réponce. Je l'écoutois en pleurant, et avec un profond silence qui lui marquoit assés que ces discours me faisoient un peu de peine, n'étant point résolue d'embrasser d'autre condition que celle où je me voyois engagée avec lui et dont j'avois, selon Dieu, tout sujet d'être contente '. » Les voies de la Providence sont mystérieuses. Tel embrasse de son propre choix une carrière, à qui le Ciel en réserve une autre. Coup sur coup. M™" de la Becquetière, qui se trouvait si heureuse, eut la douleur de perdre son premier enfant qui ne vécut qu'un jour - et son beaufrère ^ emporté par les fièvres. Elle songea dès lors à vivre plus retirée, à fuir

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