JEAN HALBOUÏ
Le retour s'acheva par Barenton^où nos deux pèlerins assistèrent au service célébré pour le repos de l'âme de Guillaume Pôtel -, un ami des la Boderie.
Dieu réservait alors de nouvelles consolations à son généreux serviteur. Sa belle-sœur, M"' Suzanne de la Boderie, qui ne savait rien d'ailleurs des projets des
cessaire pour bien coniniunior, suivant la doctrine réformée. S'il n'a pas la foi, il ne prend pas le corps et le sang de Jésus-Christ, qui ne se prennent que par la foi, suivant la même doctrine. La tliéologie protestante enseigne, en effet, que prendre les symboles de la Cène sans foi. ce n'est pas communier. Cet argument ad homiïiem avait du bon.
1. Dans lo département de la Manche, aujourd'hui cheflieu de canton de l'arrondissement de Mortain.
i. Guillaume Pôtel, originaire de la Dolerie, près Barenton, jtrofesseurà l'Université de Paris, était un savant linguiste. Entré chez les Jésuites, il a contre lui d'être sorti de «hez eux pour s'occuper d'astrologie. 11 racheta par ses dernières années ces quelques instants d'égarement, et mourut à Barenton, à l'âge d'environ cent ans, en 1580. —Cf. Le Dom Chevalier. Vie du Fr. EIzéar. — La Croix du Maine, t. IV, p. 114. — Moréri. — Bibliothèque municipale de [)ijon. ms. 10U2 (111), ]'ie de Guillaume Poslel. par l'abbé Joly.
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siens, conçut le dessein d'abandonner la vie du monde. On la fit venir de la campa;i-ne, à Vire, chez M"' de la Beequetière, pour qu'elle pût mûrir sa vocation naissante, l'étudier avec plus de sagesse et de réflexion.
Sur ces entrefaites, M. de la Becquetière, qui avait déjà dans l'idée de fonder un couvent de Capucins à Vire, se demanda s'il ne pourrait pas fonder également une maison de religieuses, où sa femme et sa belle-sœur seraient libres d'entrer. De l'avis de son directeur, il se mit en pourparler avec les Cisterciennes. Deux de ses parentes, moniales à l'Abbaye-Blanche, près Mortain, auraient été les premières pierres de la fondation. Mais le Père Abbé de la Charmoye, Dom Etienne, dissuada tout à fait M. de la Becquetière de ce projet.
Celui-ci songea alors au couvent de Villers-Canivet, à sept kilomètres de
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Falaise, et du même Ordre de Cîteaux.
Dans une lettre adressée à M"' la Supérieure', il sollicita, pour Suzanne de la Boderie, la grâce d'être acceptée dans cette maison. La réponse favorable ne se fit pas attendre; et le 26 juin 1621, avec le nom de Sœur Suzanne des Anges, la belle-sœur de M. de le Becquetière prit le voile blanc des novices-.
Jean Halbout eut l'occasion de montrer sa charité et sa foi en revenant de Villers-Canivet. Il rencontra quatre
1. Hélène de la Moricière, de la lamille de Vicquos, à Falaise, succéda comme abbesse à Françoise Bouquetot. le 23 janvier 1593. Elle rétablit la discipline régulière et la clôture, rendit les biens usurpés. Elle prit pour coadjutrice sa sœur, Françoise de la iloricière, qui mourut le 13 février 1622. Hélène prit alors pour aide, en 1G25, sa nièce Louise, et mourut le 12 juillet 1636. {Gallia christiana, t. XI, p. 752.) — Elle avait encore une sœur qui fut brûlée à Rouen, au milieu d'un bal, avec Madeleine de Bailleul. chantée par Vauquelin de la Fresnaye et Guy do la Boderie. — L'abbaye de Villers-Canivet fut fondée avant 1140.