‹ Jean Halbout de la BecquetièreChapitre 28 sur 66 · VOCATION CAPUCINE · texte numérisé non relu

VOCATION CAPUCINE

jeunes gens qui se battaient en duel.

Énergiquenient, il s'interposa entre eux. iMalgré leurs cris et leurs menaces, il les força, par la seule éloquence de sa parole, à remettre leur épée homicide au fourreau.

Au commencement de septembre (1621), M. de la Becquetière et M. de la Boderie partirent pour Paris solliciter leur réception dans l'Ordre des Frères- Mineurs Capucins. Leur entretien, durant la route, roula sur les questions de spiritualité et sur la vie qu'ils espéraient embrasser. A Paris, ils furent reçus par le Père Provincial, le P. Honoré de Champigny, qui présidait alors son chapitre ' . Le Père fut touché de la franchise et de la générosité de ces deux gentilshommes. Il prit à leur sujet l'avis des

1. A ce chapitre, le 1*. Honoré venait d'être l'ki provincial pour la troisième fois (Succexsion des chap. prov. de la prov. de Paris de tïiV'i à 170')).

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Capitulaires et donna rendez-vous à nos deux postulants pour les fêtes de Pâques prochaines. D'ici là, ils devaient mettre ordre à leurs affaires domestiques.

Le succès de ce voyage fît plus d'un heureux. A la demande pressante de sa femme, M. de la Becquetière écrivit de nouveau à la Supérieure de Villers- Canivet : « Ayant plu à la miséricorde infinie de mon Dieu de toucher le cœur de ma femme, disait-il dans cette lettre, et nous ayant inspiré depuis quelque temps à tous deux le désir de quitter le monde pour nous retirer en religion, j'ay trouvé pour moy une place dans un Ordre fort régulier, et je vous en demande une pour elle dans votre saint monastère que je sçay être fort réglé!... J'espère qu'elle vous donnera autant de satisfaction que vous en pouvez raisonnablement attendre d'une personne qui ne souhaite rien avec plus d'ardeur que

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de sacrifier à Jésus-Christ tout ce qu'elle a et possède dans le monde. »

Hélène de la Moricière fut, on le pense bien, surprise d'une pareille demande.

Elle n'avait pas, en effet, tous les jours à trancher un cas de conscience semblable. Elle consulta la communauté et, avec le consentement des Mères Conseillères, elle répondit, quelque temps après, que la postulante était acceptée.

« Je vous supplie très humblement.

Monsieur, ajoutait-elle en écrivant à M. de laBecquetière, de me pardonner si j'ay été paresseuse à vous faire réponse; et je vous avoueray ingéniiement que ce qui en a été la cause, a été d'abord que j'ay eu beaucoup de peine à vous accorder ce que vous me demandez...; car le moyen de croire que deux personnes aussi jeunes que vous êtes, et qui s'aiment avec autant de tendresse que vous faites, eussent été capables de concevoir

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moindre froideur, ni la moindre indifférence, non pas même le moindre ombrage, et je ne sçaiirois mieux représenter ses manières d'agir à mon égard qu'en déclarant qu'il vivoit avec moy comme si j'avois été sa propre fille.. . Il faut pourtant avouer qu'il y eut quelque changement en mon affection, lorsqu'il m'ût gagnée à la religion ; mais ce ne fut que pour la sanctifier par la vue de Dieu , que j e me proposay alors pour objet principal de tous les mouvements de mon cœur. De sorte que bien loin que notre amour fût diminué ou refroid}", il se purifia et s'affermit beaucoup, mais surtout lorsque nous fûmes entrés l'un et l'autre en religion '. »

Tout en travaillant aux affaires de sa femme, M. de la Becquetière n'oubliait pas les siennes propres. Il avait une sœur

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