‹ Jean Halbout de la BecquetièreChapitre 29 sur 66 · Mémoires de la Mère Elisabeth · texte numérisé non relu

Mémoires de la Mère Elisabeth

IL VEND SES BIENS. fil

mariée à M. Robert Le Chevalier. Il voiiliil les entraîner tous les deux dans le cloître. Mais ce fut en vain. Alors, il résigna sa charge d'enquêteur en faveur de son beau-frère ' . Il choisit également M. de la Fosse, lieutenant général du bailliage de Vire, pour être son exécuteur testamentaire -. Il réserva la part de ses biens

1. 1)0 la Ferrii-re-Pt'ix-y. p. l'JL!. — Doiii Le Clievali(M' dit qu'il vendit sa charge. \'oici Facto de résignation : ■■ Lo vingt troisiomo jour d"aoust mil six cent vingt et un, dovant Kobort Eukles. commis au tabellioniiage de Vire et Robert Gosset, son adjoint : fut prôsont M. Jean Ilalbout. enqucsteur pour le Roi en la Vicomte de Vire, lequel constituant son procureur général et spécial assavoir... Auquel il a donné plein pouvoir spécial do résigner et remettre entre les mains du Roi nostre Sire et Jlonseigneur le Chancelier les estât et office d'enquostour pour, sous le bon plaisir do sa Majesté et dudit sieur Chanc.'lier, y être pourvue la personne de Robert le Chevalier, son frère, en lui et non d'autre, en faveur duiiuol il a fait la présente résignation, donnant pouvoir à cette fin d'en obtenir telles lettres de provision ainsi que le cas le requerra, et généralement... promettant..., etc. - (Ejctrait du minidier de M. Jardin, notaire à Vire.)

2. Robert Le Chevalier fut «également exécuteur testamentaire.

qui revenaient nécessairement à ses héritiers légitimes. Le reste, il en disposa pour en faire don à l'église de Vire et aux pauvres, et pour assurer la fondation d'un couvent de Capucins dans son pays natal.

Maintenant, tout obstacle était levé, les préparatifs étaient finis. C'était l'heure de mettre les plans à exécution. Le jour de la fête des Rois (1622), il invita ses parents à une dernière réunion de famille. Le repas fut gai et très animé. Une fois les domestiques retirés, M. de la Becquetière annonça à tous son irrévocable résolution. M. de la Fosse, son plus intime ami, sanglota d'émotion à cette nouvelle.

Le lendemain, 7 janvier, à six heures du matin, les deux jeunes époux, en compagnie d'une amie, ]\P du Rozel \ quit-

1. Cf. Arch. du Calvados. Livre des Ann. des Cap. de Vire. — Voir à l'appendice.

ADIHUX A SA ri'.MME. 6:i

tèrent Vire par la route de Falaise, pour se rendre à Villers-Canivet, éloigné seulement de dix lieues. A moitié chemin, Nicolas de la Boderie vint les rejoindre. Ils arrivèrent le soir au monastère. Les Mères leur avaient préparé un repas solide. Ils le prirent ensemble, et aussitôt après, ils se dirent un éternel adieu.

M*"^ de la Becquetière entra dans le cloître des religieuses. Le Prieur de Saint- André de Gouffern ' était présent. Ce fut pour lui un sujet d'admiration de voir comment l'homme de Dieu et son épouse, qui s'aimaient avec tant de tendresse, avaient néanmoins paru si fermes et si courageux.

11 eût été prodigieux qu'un tel événement ne suscitât point de contradictions, au moins dans la famille. La veille de son départ, le (> janvier, par une lettre

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