LE NOVICE
pieds d'une image de la sainte Vierge.
Par de ferventes prières, il sollicite la grâce et la santé dont il a besoin. Heureux prodige! son humilité fut exaucée et, de ce jour, aucune difficulté ne vint entraver la réalisation de ses plus ardents désirs.
Vers cette époque, la ville de Rouen fut envahie par la peste. Nos Pères ne furent pas les derniers à se dévouer au soin des malades'. Le Fr. Michel de la Boderie fut atteint du triste fléau. Aussitôt Fr. Elzéar de solliciter la faveur de le soi-
1. p. Edouard d'Alenoon, Les Capucins de Rouen pendant les pestes du A'l7/« siècle. Paris, JMersch,1890. — Dans ses lettres patentes du 20 décembre 16G2, Louis XIV dira qu'il a beaucoup d'afll'oction pour nos Pères à cause des services qu'ils rendent mesme aux pestiferez où ils se sont exposez plusieurs fois par un courage admirable dans toutes nos Provinces où ce mal contagieux régnait, et oùplusieurs d'entr'eux sont morts au nombre de deux cens soixante et dix-huit dans ce saint exercice de charité. — • Cf. Arrêt du Conseil d'Ktatdu Roi tenu à Saint-Germainon-Laye, le 23 septembre 1068.
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gner. Le Père Gardien refusa cette permission ; il ne leur accorda qu'une simple entrevue, quand le pauvre novice pestiféré en fut réduit à la dernière extrémité. Heureusement, ce ne fut qu'une alerte.
Le malade revint des portes du tombeau et, après une quarantaine, ses supérieurs l'envoyèrent respirer un air plus pur au couvent de Sotteville ' .
De là, le Fr. Michel envoyait une lettre à ses deux sœurs religieuses à Villers. Il disait en finissant : « Je vous assure que vous ne serez pas fâchées si je vous fais une peinture et un portrait pour vous exprimer ce que la grâce de Notre-Seigneur opère de grand dans ce saint religieux (Fr. Elzéar) ; mais il m'est impossible de vous expliquer les prodigieuses avances qu'il a faites au chemin de la perfection. Tout ce que je puis vous