‹ Jean Halbout de la BecquetièreChapitre 37 sur 66 · SON TESTAMENT · texte numérisé non relu

SON TESTAMENT

les RR. PP. Capucins qui sont à Vire que tout puisse réussir suivant mon désir, et qu'il soit besoin de ratification, soil à cet égard, soit sur quelqu'autre article, je la feray telle qu'il vous plaira, et je n'omettray rien de tout ce qui est en mon pouvoir pour finir cette entreprise.

<r S'il se rencontre donc quelque difficulté sur mon testament, dont vous avez bien voulu être un des exécuteurs, vous prendrez la peine de me le faire sçavoir. 11 y a du tems à y penser, parce que nos Supérieurs ont difïéré ma profession et m'ont remis à la faire après que ma chère sœur Elisabeth aura fait la sienne. .J'apprends avec une joye et une ardeur incroyable la ferveur ei la piété qu'elle fait paraître dans la sainte religion. Que Dieu en soit loué et remercié éternellement. Je demeure présentement au couvent de Sotteville, après avoir été quel-

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ques mois à Rouen, où une fièvre fort violente m'a beaucoup travaillé; mais, grâces à Notre-Seigneur, je me porte bien maintenant et je suis en état de vous témoigner, autant que Dieu me le peut permettre, que je suis, « Monsieur mon très cher Frère, « Votre très humble et très obéissant serviteur,

« Frère Elzéar,

capucin novice indigne \ »

Comme nous l'apprend cette lettre, le fervent novice voyait surgir des obstacles à la réalisation complète de ses dé-

1. M. Le Chovalier, le destiiiatain^ de cette lettre, et le bras droit de M. de la Hecquotière dans l'œuvre de la fondation de notre couvent de Vire, resta toujours un grand ami des Capucins. Il acheta une maison tout proche du couvent. Il s'y enfermait quatre fois par an pour se livrer aux exercices de la retraite dui'ant dix jours. Il tomba malade le .■) mars KMiJ. II fut assisté par le P. Gratien de (ierponviile, alors gardien à Vire, et mourut très saintement le lit, fête de saint Joseph, un dimanche, à midi.

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sirs. Il devait faire profession en même temps que le Fr. Michel de la Boderie. iMais la Supérieure de Villers-Canivet avait écrit au Père Gardien. La Sœur Elisabeth, disait-elle, était une parfaite religieuse ; cependant elle avait une santé trop débile, et l'on n'osait lui permettre de prononcer ses vœux. De là la décision des Capucins de Rouen.

Fr. Elzéar se confia sans amertume à la Providence. Dans une lettre très respectueuse, il représenta à la >[ère Hélène de la Moricière l'embarras où elle jetait deux personnes à la fois. Au reste, ajoutait-il, il la priait de lui marquer le jour où elle pourrait laisser la Sœur Elisabeth sortir du monastère, afin de la conduire lui-même dans une autre maison où l'on avait eu la charité de lui promettre une place, avant même que M'"' de la Becquetière n'entrât à Villers.

Cette lettre rendit les religieuses per-

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plexes. D'un côté le désir de recevoir une personne de si haute qualité et de si sainte vie; d'autre part, la crainte d'accepter une novice dont la santé n'était pas très solide; elles ne savaient quelle décision prendre. On réunit le Chapitre conventuel, on expose la situation, les raisons pour et les raisons contre. On . procède au scrutin. Le vote émis fut favorable à la réception. La Supérieure dépêcha cette nouvelle en toute hâte au Fr. Elzéar, et, le 30 juillet 1623 ', la Mère Elisabeth de Sainte-Anne prononçait ses vœux de religion -.

A son tour, peu de jours après, le novice capucin ratifiait, par un nouvel acte, toutes ses dispositions testamentaires précédentes, faisait sa profession

1. En 1633, dit La Perrière, loc. cil., p. 182: c'est une faute d'impression, évidemment.

•2. Voir à l'appendice l'acte de cette profession qui est conservé aux Arcliives du Calvados.

si:s voi-LX. Hi

relig-ieuse et se disposait à partir pour Avranches où l'envoyait une obédience du Père Provincial.

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