LA FAMILLE DES L.V BODERIE
Les La Boderie avaient pour armes : De sable au chevron cVargent, accompagné de trois croissants de niênie^ deux en chef^ un en pointe.
Jacques de la Boderie épousa, à la fin du seizième siècle, Anne de Mout-Bray. Il eut d'elle huit enfants : Jean, Hippocras, Pierre, Philippe, Guy, Nicolas, Antoine, et une fille Anne.
Cette dernière se fit religieuse toute jeune.
Jean mourut à vingt-cinq ans, selon les uns (de la Ferrière: , à cinquante-deux ans selon d'autres (Niceron, t. XXXVIII, p. 314). II était secrétaire du président Bariot.
Hippocras mourut tout enfant. Son frère Guy, le poète de la famille, composa son épitaphe en vers.
Pierre de la Boderie fut soldat. 11 se signala à la bataille navale de Lépante (157 1~;
avec le duc du Maine et le marquis de Beuvron, sous les ordres de Don Juan d'Autriche. En revenant de Texpédition, il descendit avec les plus intrépides nageurs sur le rivage du Cotcntin, et donna la chasse à Montgommery et à Golombièrcs. L'ennemi se réfugia à Saint-Lû. Montgomniery n'échappa à l'armée royale qu'en fuyant à Domfront. Mais Pierre de la Boderie fut tué sur la brèche en prenant la ville d'assaut. Son corps fut porté en triomphe à Falaise, et inhumé dans l'église de la Trinité, en même temps que le corps de M. de Saci, tué à ses côtés. Cf. Le tombeau de Pierre le Fehvre de la Boderie. [Mélanges poétiques. Paris. Le Manguier, 1579.) Philippe de la Boderie fut successivement chef d'escadron de cavalerie, lieutenant du maréchal de Brissac, gouverneur de Falaise, où il était en 1589 quand cette ville fut attaquée et prise, pendant les guerres de la Ligue. Il fut tué d'un coup d'arquebuse au siège de Pont-Audemer, et mourut dans les bras de son proche parent de Coisy, plus tard avocat général à la Cour des comptes de Normandie.
LES LA HODElUi:. lO'J
L'aillé de tous, Antoine de lu IJodeiie, la grande illustration de la famille, né en 155"), accompagna le marquis de Pisani • dans son ambassade à Rome, en 1592. Il finit par le remplacer. Il devint l'ami de Sixte-Quint, et cette circonstance lui permit de négocier les affaires de l'abjuration du roi Henri IV, comme il négocia i)lus tard avec de Brissac, gouverneur de Paris, la reddition de la capitale. On croit qu'il fut l'un des auteurs du Catholicon, avec le premier président du Harlay et Rapin. En tout cas, ce fut lui qui composa les harangues italiennes qu'on lit dans ce livre. En 1598-, Antoine de la Boderie est ambassadeur à Bruxelles. En 1604, il est envoyé en Savoie, et, en avril 1006, eu Angleterre -^ Le roi Jacques VI, le prince de (ialles et les seigneurs le prirent en affection, et lui donnèrent les plus riches cadeaux, au moment de, son départ (1609). Il retourna en