‹ Jean Halbout de la BecquetièreChapitre 44 sur 66 · F. Ca/.iii, op. cit · texte numérisé non relu

F. Ca/.iii, op. cit

la couronne monacale est large et épaisse, le front haut, le nez long, la lèvre supérieure très fine et l'inférieure plus accentuée; les sourcils sont très arqués et élevés, les moustaches naissantes et à peine estompées sous les narines, les joues émaciées, les paupières médiocrement entr'ouvertes, les yeux profonds. Et dans le regard, le spectateur attentif aperçoit une petite teinte de mélancolie qui plaît parce qu'elle est douce, sans heurt et sans tristesse. Les mains sont fines et allongées, les doigts effilés; et sous la bure grossière du capucin, l'œil devine l'âme de l'aristocrate.

L'inscription du tableau de Marseille est à peu près identique à celle du portrait de l'hôpital de Vire : Fr. Elzearius Vwaeus clericus capnus^ sanguine, virtulibus et miraculis clarus^ conventus Virietisis Fundator, qui divitias dédit pauperibus, uxorem divo Bernardo, seipsum

Srs l'ORTRAITS. io:{

seraphico Francisco, vitam peste laborantibus obtulit. Cadomi die dommicss Transfigurationis conseciUus est coronam justltiœ anno /6'iv;, aetatis 3ô\ professionis 2 ' .

En 1875, le P. Apollinaire trouvn un autre portrait du Fr. Elzéar. Ce tableau était en la possession de M. Halbout habitant Paris, rue Popincourt, n" 15.

M. Félix Ville, élève de Léon Coignet, en prit une copie qui fut placée au couvent des Capucins de Paris -.

Je ne saurais mieux terminer cette notice qu'en traduisant et en transcrivant ici les paroles du P. Marcellin de Pise, dans le troisième volume des Annales des Frères mineurs Capucins :

1. Ce dornier détail ost ('vidcinnieiit inexact. Lr Fr. Elzéar fit profession au mois d'août ICv^o, et mourut au mois d'août lliitj.

■2, Mémoires du P. Apollinaire de Valenve, nis. daté de fin 1870, f. 83.

1(J4 JEAN IIALBOUT.

« Toute la vie du Frère Elzéar est un enchaînement de grâces et de vertus. Il s'est fait humble pour vaincre l'orgueil qui a coutume de gâter les meilleures actions comme la gelée brûle les boutons des fleurs qui commencent de s'épanouir. »

Le nom du Fr. Elzéar est resté dans la mémoire des populations du pays normand où il a vécu. La tradition lui donne le titre de bienheureux Halbout\ quoique l'Église n'ait jamais été appelée à ratifier ce premier jugement populaire. L'approuvera-t-elle un jour? C'est le secret de Dieu.

Page 1