I.i:S LA IU)|)EKIE
de François II, de (Charles IX et d'Henri III, il fut invité par le nonce du pape Pie IV à se rendre à Anvers avec son frère Nicolas, pour travailler à la rédaction de la Bible polyglotte en neuf langues '. L'Université de Paris, en approuvant cet ouvrage, en attribua la paternité surtout aux frères de la Boderie. Guy traduisit à part le Nouveau Testament, Cette traduction fut imprimée par Plantin. Elle no fut mise dans le public que quelques années après. Une épître, dédiée à Henri III, précédait cette traduction. L'auteur s'y déclarait prêt à fournir les manuscrits pour ajouter trois nouvelles langues à la bible Plantinienne '. Le pape Clément VllI voulait
de Caen, ms. 009 (3ô in-fol. .').")). J'ai signalé la publication de ce riche docuniont, entreprise jiar deux érudits normands, chez Jouan, à Caen.
1. On pourra trouver dans Lacroix du Maine la liste complète des œuvres de Guy de la Boderie. Bibliothèques Françoises de La Croix du Maine et de du Verdier, Paris. M. DCCLXXIII, t. V, p. 116. Cette liste tient quatre pages. — Cf. Id., t. 1, p. -297 et '298. — Bibi. d'Aix-en- Provence, uiss. 52 et h'i.
2. Tous deux partirent en 1502, d'après ce que raconte Dom Le Chevalier. La date de 15G8, indiiiuéo par M. de la Ferrière, toc. cit., p. Ki, est probablement la vraie. La Bible poly(/lol(e commença à paraître, il est vrai, en 1.569; mais le tome V, auquel travaillèrent les La Boderie, n'est
le faire carcliiival. Guy de la Boderie préféra mourir tranquille dans le domaine de ses pères. Ce fut en 1598, d'après Baillet, dans son Journal des sçauans; en 1585, d'après Colletet [Vie manuscrite des poètes français ; le 2 juin 1584, d'après Xiceron. Il était né à La Boderie le 9 août 1541 , comme le dit le même P. Niceron, dans ses Mémoires, t. XXXVIII.
Parmi ses nombreux ouvrages se trouve celui-ci : L'Harmonie du monde, divisée en trois cantiques , œuvre singulière et pleine d'admirable érudition , composée premièrement en latin par François-Georges Vénitien, de la famille des Frères mineurs, traduit et illustré par Guy le Febvre de la Boderie, secrétaire de Monseigneur, frère unique du roy et son interprète aux langues estrangeres. Paris, chez Jean Macé, M. DLXXVIII, in-f».
Guy fut un grand poète dans son temps. Il connut Baïf, Dorât, Ronsard; il fut le conique de l'année l-JTo. Or les deux frères étaient à la besogne depuis un peu plus de trois ans quand leur ouvrage parut. — Cf. Vigoureux. Manuel biblique, t. I.
LES LA HOKEUIE. W'i
patriote et l'ami de N'auquelin de la Frcsnave, mais il eut une muse moins tendre et plus virile '.
Nicolas de la Hoderie, à son retour d'Anvers et de Louvain, alla conduire rarmée royale en Italie, sous le maréchal de Belleffardc. Il se maria ensuite à M"' Suzanne de Passard-Gaucourt, fille du premier maître d'hôtel de la reine Catherine de Médicis. Il eut d'elle cinq enfants : Nicolas, ^lathieu, Suzanne, Anne qui fut la Mère Elisabeth, et une troisième fille qui épousa un gentilhomme voisin de la Boderie. Il mourut avant lGi8. Sa veuve se remaria avant 1022,
Sur leurs enfants Nicolas et Anne, je donne plus bas une note à part, II et V.
Le deuxième des garçons, ^Mathieu, fit ses études à ^'ire, à Caen et à Paris. 11 entra dans l'armée sous les ordres de Manassès de Pas, marquis du Feuquières % fut au siège
\. Sainte-Beuve. Causeries du lundi.
'2. Xé il Saumur le 1"^ juin lïM», inaivchal de France en l<V2.i, converti au catholicisme par Riciielieuen 16o-2,mort le 14 mars 1010. 11 avait épouse Aune Arnauld, cousine ^'erniaine d'Antoine Arnauld. Il eut pour sœur Marie de la Fayette, mère du ]'. .Joseph du Tremblaj-.
de la Rochelle, combattit en Italie, devint ambassadeur auprès du Landgrave de Hesse, puis finit par entrer au Conseil d'Etat. Le 6 mai 1651, il épousa Marguerite Grésille de Saint-Sauveur, fille de Jacob Grésille de Saint-Sauveur et de Marie Cousin, dont l'habitation paternelle était dans le voisinage de la Boderie^ La mort de la jeune épousée brisa vite cette union. Mathieu se fit prêtre en 1653, vers l'âge de cinquante ans. Il mourut en 1659, vers le milieu de l'année, et fut enterré dans l'église de la Lande-Saint- Siméon.
Suzanne de la Boderie est celle qui devint la mère Suzanne des Anges. Les dix dernières années de sa vie, elle fut abbesse de son couvent de Yillers-Canivet. Elle a laissé des mémoires sur la Mère Elisabeth de Sainte- Anne. Elle mourut vers l'âge de soixantedix ans, le dimanche des Rameaux, probablement vers 1671. Dom Le Chevalier, page 194, dit qu'elle vécut cinquante-trois années en re-
1. Dans la commune do Sainte-Honorine-la-Chardonno. Do la Ferrière-Perc}-, Les La Boderie, p. 139. Mathieu, uno fois prêtre, se retira à La Boderie. C'est là qu'il mourut.
LES LA HODERIE. 110
ligion, et mourut en 1073. Puis, à la page 391), il nous apprend qu'elle survécut environ treize ans à la Mère Elisabeth, et mourut en mil six cent soixante et onze. Il y a évidemment erreur quelque part, peut-être à la page 194. J. Gazin n'a pas Tair d'avoir soupçonné cette difficulté. Pour lui, la Mère Suzanne des Anges est morte en 1571, à l'âge de cinquante et un ans!