‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 108 sur 127 · SUITE · texte numérisé non relu

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séculière, au plus grand mépris de la cour ecclésiastique; on fait du sacrement de mariage un sacrement civil et naturel. On fait serment de protéger tous les citoyens et de les maintenir dans toutes leurs possessions, toutes leurs propriétés, tous leurs droits, et l’on supprime sans la moindre forme de procès un grand nombre de maisons religieuses des deux sexes, en leur enlevant tous leurs biens, meubles et immeubles, jusqu’à leur ôter leur existence, qui leur est assurée par le droit naturel et divin, ainsi que par les lois fondamentales de ce Pays-Bas autrichien. On supprime les monastères de tilles, ces chastes épouses de Jésus- Christ ; on recommande expressément aux exécuteurs de cette opération délicate d’y procéder avec autant de décence que de dignité, et on leur déclare en même temps qu’ils ne doivent pas se laisser imposer par la loi de clôture, qui frappe les violateurs des plus terribles anathèmes de l’Église. On la viole donc hardiment, sans aucun respect, cette vénérable clôture ; on entre impudemment dans l’héritage du Seigneur, on en arrache avec violence et sans pitié les vierges qui s’y étaient vouées par les liens les plus sacrés ; et, en dépit de la prétendue décence et dignité, malgré les sanglots, les frémissements et les larmes les plus pressantes, on les dépouille de leurs habits pour leur en faire prendre de profanes; on renverse leurs tabernacles, de même que les châsses de leurs saints, sans aucune considération pour les ossements précieux qu’elles contiennent; on vend leurs effets, on jette dans le creuset leurs vases sacrés, qui ont renfermé tant de fois le corps adorable de Jésus-Christ, et servi à nos plus redoutables mystères; on convertit leurs monastères, ces rno-

DU PAMPHLET

numents respectables de la piété libérale de nos aïeux, en théâtres et en étables, et on engouffre dans un coffre le produit de cette vente sacrilège, qu’on ne rougit pas d’appeler caisse de la religion, et qui serait mieux nommé un gouffre terrible des plus sacrilèges vols et rapines. On disperse en conséquence les ossements des saints : on persécute mille innocentes victimes , qui crient pour demander vengeance au ciel, non de dessous l’ombre des autels dont elles ont été chassées, mais de tous les lieux de leur exil, où ces chastes colombes gémissent tristement, et ne cessent de faire monter jusqu’au trône de l’Élernel leurs voix plaintives, leurs cris perçants, leurs lugubres et lamentables accents.

« Mais tranchons sur une suite de scènes plus affligeantes les unes que les autres et trop pénibles. J’ai rempli ma lèche; il ne me reste plus qu’à former un vœu aussi ardent que sincère, en confondant ma voix avec celle de tous les peuples belges : Fasse le ciel qu’à la vue de cette foule de diplômes si absurdes et si contraires à toutes les lois de la raison , de la nature, de la sagesse, de l'humanité, de la clémence, de la religion, le prince sous lequel on n’a pas craint de les faire paraître reconnaisse enfin l’étrange surprise qu’on a faite à sa belle àme et à la bonté de son cœur, ainsi qu’à la pureté de ses intentions et à son extrême ardeur pour procurer le bonheur de ses sujets! Qu’il reconnaisse cette surprise étonnante; que pour en réparer les suites funestes il reinette toutes les choses sur le pied où il les trouva lors de sou avènement au trône, sans craindre de corrompre et d’avilir sa dignité eu revenant sur ses pas. Non, non, un prince qui a le courage de redresser et de rectifier ses fausses démar-

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