INCENDIE DU SÉMINAIRE GÉNÉRAL
cepteurs hétérodoxes, malgré tous les avis salutaires de Benoit XIV ; que le grand-duc a été le précurseur zélé de feu son frère dans toutes les injustes suppressions de couvents, et dans toutes les injustices et déprédations qui s’en sont suivies ; qu’il a également précédé son frère en suscitant au saint-siège des querelles scandaleuses; qu’il a même protégé plus ouvertement que lui les frauduleux sectaires qui rougissent de leur nom ; qu’il leur a ouvert son imprimerie ducale; en un mot, qu’ils ont encore plus à craindre de sa part qu’ils n’ont dû souffrir de la part de feu son frère, dont Dieu vient de délivrer l’Europe. »
Les Belges inaugurèrent la recouvrance de leur liberté par de grands et nobles actes. Les états abolirent, le 12 janvier, toute la législation ecclésiastique de Joseph II , et restituèrent à l’Église et à l’épiscopat leurs anciens droits et libertés. Le peuple encore, afin de se venger des crimes commis contre l’Église, réduisit en cendres les constructions immenses que Joseph II avait élevées avec tant de frais pour l’organisation du séminaire général (1). Les flammes dévorèrent tout; il ne resta pas pierre sur pierre de cet édifice, que les Belges considéraient comme un monument de honte; et, en présence des étals assemblés et d’un peuple immense qui chantait à Dieu des hymnes solennels en actions de grâces de sa délivrance , on érigea sur son emplacement une colonne ornée des symboles de la religion, des armes nationales, et d’inscriptions pleines d’une gravité noble et religieuse. On frappa aussi de nombreuses médailles pour éterniser cet événement.
(l) Voyez note 1.