‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 21 sur 127 · DIRECTION · texte numérisé non relu

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leur eût été pour cela nécessaire, et que malheureuse^ ment ils n’avaient pas? Les ministres plénipotentiaires de celte province , eux aussi, qui se trouvaient pour l’administration des affaires politiques placés auprès de LL. AA. RR., recevaient, en matière ecclésiastique, les ordres de cette même commission, et n’en étaient que les exécuteurs.

Pour revenir aux professeurs de théologie du nouveau séminaire général, nous devons dire que c’étaient pour la plupart des espèces de vagabonds ramassés dans tous les pays, et enrôlés sous les drapeaux de l’illuminisme. Le seul d’entre eux qui pût prétendre à une sorte de réputation était le Plat, devenu plus tard célèbre par sa collection des actes édités et inédits du concile de Trente.

Ces hommes étaient précédés d’une détestable réputation. Les protestants saluèrent leur venue comme l’aurore d’un renouvellement de la science catholique, et entonnèrent des hymnes d’allégresse lorsque Joseph II leur confia l’éducation du jeune clergé dans les séminaires généraux do Belgique. Stôger brillait parmi eux par sa méchanceté : cet homme, sans religion et sans mœurs, n’était, dans toute la force du terme, qu’un charlatan théologique. Il avait déjà, lorsqu’il n’était que professeur d’histoire ecclésiastique à l’université de Vienne, composé un Manuel de l’histoire, qui n’est qu’une satire continuelle de la religion et des instituts de l’Église, et où se trouvent ramassées toutes les fangeuses calomnies des protestants et des autres ennemis de la foi contre le catholicisme. La secte avait su si bien s’y prendre, que cet ouvrage devait être introduit dans tous les séminaires épiscopaux de l’em

DU SÉMIN4IRB DE LOUVAIN.

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t pire, si le noble archevêque de Vienne, le cardinal Mi’ gaïïi, n’eùt porté ses plaintes à la pieuse impératrice Mari «-Thérèse, qui interdit aussitôt oe manuel , enleva la chaire à son auteur, et enfin le chassa de l'untT versité.

Rien n’était donc plus naturel que les illuminés de Vienne, une fois arrivés au pouvoir sous Joseph IJ, tâchassent de récompenser, autant qu’il leur était pos<sible, ce héros de l’illuminisme pour les persécutions qu’il avait endurées, et de s’en servir à l’accomplisser ment de leurs desseins. Ils ne pouvaient, certes, choisir un homme plus capable que Stoger pour diriger, suivant leurs vues, co nouvel établissement corrupteur du clergé de la Belgique.

Ce fut à contre-cœur que les évêques envoyèrent leurs élèves au séminaire général de Louvain. Le carr dînai retarda jusqu’au dernier moment. Le comte de Belgiojoso, ministre plénipotentiaire de Belgique, fut même obligé, pour le décider, de l’y exhorter au nom de LL. AA- RB. les gouverneurs généraux, dans une dépêche en date du 15 novembre de la même année, en s’efforçant à cette occasion de le rassurer au sujet des craintes qu’il avait manifestées à l’empereur. Cette lettre est un chef-d’œuvre de ruse janséniste, et dut être nécessairement rédigée par les membres de la commission ecclésiastique (1) : « La piété de Sa Majesté, dit entre autres choses ce ministre, doit être un sûr garant qu’elle ne permettrait jamais qu’on y enseigne aucune erreur préjudiciable à la foi. On ne s’éloignera d’ailleurs jamais de donner à Votre Éminence tous les

apaisements qu’elle pourra désirer pour la tranquille-

(l) Rec. IV, p. 141 .

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