PRINCIPES DES DIRECTIVES
a laissée un témoin oculaire : qu’il nous soit permis d’en donner un court aperçu (i).
Stoger s’était entouré de deux prêtres qui partageaient ses sentiments et ne se distinguaient de lui que par nue plus profonde ignorance , savoir, les sieurs Yonck, Autrichien, et la Joie, Savoyard, lequel, à cause de ses principes pervers , avait été antérieurement chassé du Piémont, et, de plus, souillé par la recommandation que Tamburini , chef des jansénistes d’Italie et recteur du séminaire général de Pavie, avait faite de lui à la commission d’études de Vienne. Un troisième individu, nommé Copin, janséniste français, entra bientôt dans leur société. Ces trois hommes devinrent les vice-recteurs du nouvel institut, et favorisèrent tous les desseins de Stoger.
Mémo dans leurs rapports extérieurs avec les élèves, ces personnages étaient brutaux ; et il ne pouvait en être autrement, dénués qu’ils étaient de toute ombre d’éducation scientifique, et moins encore chrétienne. Lorsque les jeunes élèves se plaignaient des mauvais traitements qu’on leur faisait subir, on leur répondait: « L’institut n’a pas besoin de vous, il faut que vous vous soumettiez : ainsi le demande la loi, ainsi le veut le gouvernement. » Ces messieurs se raillaient de tout, et épiaient chaque occasion d’étouffer dans les tendres cœurs de ces jeunes gens toute étincelle de dévotion et de piété chrétienne. Ils interdisaient même, à ceux qui avaient reçu le sous-diaconat et le diaconat, la ré-
( 1 ) Relation fidèle des troubles arrivés au séminaire général de Louvain en 178G et 1787, dressée par un témoin oculaire. Rec. II, p. 171-208 J et III, p. 67-67.