RÉVOLTE DES ÉLÈVES
pouvoirs, il répondit brusquement : « Mais quels pouvoirs? Tout prêtre peut confesser. »
Les professeurs rivalisaient d’impiété avec le recteur lai-môme : en présence des élèves, ils tournaient en plaisanterie la sainte doctrine de l’Église ; ils insultaient à ses dispositions disciplinaires, consacrées par une si vénérable antiquité. S’efforçant d’inoculer à ces jeunes gens une incrédulité cynique, le Plat alla si loin en cette matière , que, dans ses leçons de droit canonique , il enseignait publiquement que Ganisius , Bellarmin, et tous les autres défenseurs du saint-siège, avaient agi contre les principes de la saine logique en qualifiant le pape de vicaire de Jésus-Christ, et que leur définition de l’Église était erronée.
Peut-on s’étonner encore que les jeunes séminaristes devinssent de jour en jour plus mécontents de leurs professeurs et du recteur du séminaire , et qu’ils manifestassent ouvertement leurs sentiments? Dans les journées des 5, 6 et 7 décembre, ils en vinrent à des démonstrations fâcheuses. Avec respect, cependant, ils firent observer aux professeurs que la doctrine qu’ils enseignaient était scandaleuse, et que, s’ils ne modifiaient pas leur enseignement, aucun élève n’assistorait plus désormais à leurs cours. Ces messieurs entrèrent alors en fureur et maltraitèrent de toute façon ces pieux élèves, qui, de leur côté, indignés d’une semblable conduite, en vinrent aux voies de fait, brisèrent plusieurs fenêtres de la salle d’étude, et y rompirent quelques bancs.
Stôger, indigné, partit aussitôt, le 6, pour Bruxelles, afin de demander main-forte au gouvernement. Le jour suivant, un commissaire impérial, nommé le Clerc,