TABLEAU DE L’ÉPOQUE
champ jusqu’alors vierge de l’Église de Belgique , furent les seuls à se réjouir à la nouvelle de la mort de l’impératrice; ils attendaient avec impatience le moment où l’avènement de son successeur, dont ils connaissaient les tendances et les principes , leur permettrait de manifester publiquement leurs doctrines et de relever leurs têtes, qui avaient été jusque-là humiliées sous la ferme et sage administration de la pieuse souveraine. Ces deux partis , le philosophisme et le jansénisme, quoiqu’ils se méprisassent et se haïssent réciproquement, s’unirent néanmoins alors dans une étroite union pour combattre, avec toutes les armes de la méchanceté et do la fourberie , l’Église catholique , leur commune ennemie, dépositaire inébranlable de la vérité et de l’autorité divine et éternelle.
Le jansénisme allemand, si nous pouvons nous servir do cette expression, était à cette époque issu du fébronianisme, lequel, lui-même, n’est autre chose qu’un gallicanisme stupide et insensé poussé jusqu’à ses dernières conséquences avec l’impitoyable et dissolvante logique protestantico-ralionaliste. Sans avoir toutefois revêtu ni les apparences du jansénisme français , qui , sous des formes dures et homicides , prétend conserver toujours l’intégrité de l’esprit catholique, ni l'astucieuse modération doctrinale du gallicanisme, (rendu par cette même retenue un insoutenable rêve, et qui , malgré le vice radical de son être, affirme, lui aussi, se mouvoir dans les limites de la foi, et affecte encore certains égards pour le dogme et pour la hiérarchie), le jansénisme allemand , malgré ou à cause de cette filiation humiliante, était entièrement dépourvu de valeur et de force, soit extérieure, soit intime. Il avait épousé dès