‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 42 sur 127 · REPRÉSENTATIONS ET PROTESTATIONS · texte numérisé non relu

REPRÉSENTATIONS ET PROTESTATIONS

moire à la fois concis et détaillé , en paroles énergiques et respectueuses, en faveur du rétablissement de l’ancienne université de Louvain et des séminaires épiscopaux; il démontre dans cette pièce combien, par la suppression de ces établissements , avaient été profondément violés, non-seulement les droits religieux , mais aussi la constitution politique de la province (1).

L’aspect des provinces devenait chaque jour plus menaçant, le mécontentement s’augmentait d’heure en heure; et les plaintes contre la double oppression politique et religieuse, croissant sans cesse, devinrent bientôt d’autant plus sérieuses, qu’on ne voyait le gouvernement prendre aucun moyen d’y porter remède , ni même manifester la volonté do donner satisfactiou aux justes demandes qui lui étaient adressées. Dans cette triste conjoncture, les états de Brabant prirent de nouveau la parole, et donnèrent connaissance à l’empereur, dans un rapport écrit sous la date du 23 juin, des dangers prochains dont la tranquillité publiquo était menacée dans ces provinces, si l’on no se hâtait d’apaiser les esprits du peuple au sujet des malheureuses innovatious ecclésiastiques, et de satisfaire à son désir de voir le séminaire général immédiatement supprimé, et l’épiscopat rétabli dans la légitime et sacrée possession de ses droits (1).

Des voix généreuses s’élevèrent encore dans cette illustre assemblée, et tracèrent avec une mâlo éloquence et un courage imperturbable le tableau des honteux empiétements et des persécutions dont la reliai) Bec. IV, p. 9-26, et en extraits; Vœu, p. 111, 1 17.

DISCOURS PROSON CÉ

gion et ses ministres avaient jusqu’alors souffert. On y parla aussi de l’odieuse expulsion du nonce apostolique, qui avait été provoquée par la commission ecclésiastique et les hommes de la nouvelle école de Louvain. Nous ne pouvons nous défendre de donner ici, de l’un des discours qui y furent prononcés, quelques extraits qui feront admirablement connaître l’esprit religieux de ce peuple si rempli de générosité, et l’exaspération dans laquelle se trouvaient alors les esprits :

« Le grand et magnifique travail, c’est ainsi que l’orateur s’exprime, que celui qui relève les ruines d’une brave nation, qui restitue les propriétés , qui rétablit sa liberté, qui restaure sa religion, qui met en fuite ses oppresseurs, qui réintègre les vrais citoyens, qui ramène l’ordre et la sécurité générale ! .Mais, en contemplant avec autant d’admiration que de gratitude cet immortel ouvrage, j’aperçois un objet de la plus grave importance sur lequel les regards des pères de la patrie ne sont pas encore arrêtés.

« Le quatorzième de février, jour affligeant pour le premier pontife des chrétiens, pour tous les représentants des souverains, pour tous les bons catholiques de ce pays, on a vu le ministre et le légat du siège do Rome chassé de cette capitale sans aucune raison ni grief même apparent , avec un abus et une morgue de pouvoirs dont il n’y a pas d’exemple chez aucune nation de la terre.

« De qui celte inique et brutale démarche est-elle l’ouvrage? N’accusons point le grand prince qui, à trois cents lieues «le celte scène de ténèbres, n’a pu en pénétrer le mystère, et qui, comme tous ceux que la Providence condamne à la souveraineté, est exposé

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