AUX ÉTATS DE BUABAXT
aux artifices de la méchanceté. Nous savons, hélas! dans quelles mains était alors la puissance... Rentrés, pour me servir d’une image de l’Écriture , rentrés au premier rayon de l’aurore, comme les animaux féroces dans la nuit des forêts, ces hommes funestes n’existent plus parmi nous. Mais pourquoi les effets de leurs fatales opérations subsistent-ils encore?
« Écoutons un moment cette dépêche de proscription qui retrace si bien celles des Rufin et des Séjan ; gravons-nous-en toutes les paroles dans l’esprit, pour n’ou* blier jamais de quel gouffre ont été tirés par vos mains la liberté et l’honneur de ce pays :
« Sa Majesté, sur le rapport qu’elle a eu de votre a conduite dans l’affaire de la bulle qui porte condam- « nation de l’ouvrage d’Eybel , veut que, dans le terme « de huit jours, vous vous reliriez avec votre auditeur a hors de Bruxelles, et dans quinze jours hors des « provinces belgiques do sa domination. »
«Voilà donc un ambassadeur, un archevêquo, un nonce apostolique, condamné et exilé sur un rapport. Mais quel est ce rapport, par qui est-il fait, par qui est-il vérifié? Et sur quel genre de rapport est-il permis de traiter ainsi un ministre public , revêtu de tout ce qui peut rendre respectable le droit des gens?
« Le rapport est l’ouvrage de ces hommes traîtres à la patrie , dont aucun n’oserait paraître devant celle assemblée, ni devant aucun tribunal où régnent la vérité et la justice.de ces hommes dont l’accusation suffit pour absoudre l’accusé , et pour devenir, comme les décrets de Néron, une preuve d’innocence et do vertu. L’objet du rapport est un mensongo formel. L’envoyé