‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 51 sur 127 · Î21 LETTRE DES ÉTATS DE FLANDRE · texte numérisé non relu

Î21 LETTRE DES ÉTATS DE FLANDRE

états de Flandre, dans leur adresse du 3 octobre à l’erapereur ; ils s’expriment d’une manière touchante.

« Sire, » lui disent-ils ,' « il est donc arrivé ce jour (21 septembre 1787) à jamais mémorable dans nos fastes , auquel Votre Majesté nous rend à nos constitutions; ce jour, auquel les lois fondamentales, les privilèges et les franchises d’une nation fidèle, ont été rassurés pour jamais; ce jour enfin où la religion va reprendre ses droits, et où tous les ordres de l’État ont trouvé le terme de leurs inquiétudes ; jour heureux pour la génération présento et pour les générations futures! Mais, Sire, tandis que Votre Majesté donne à son cœur la douce satisfaction de laisser un libre cours à sa justice, quelle excellente leçon ne donnet-elle pas aux rois ses contemporains, et à ceux qui après elle occuperont le trône! Vous leur apprenez, Sire, combien ils doivent se défier de la surprise et des projets des prétendus réformateurs d’abus, qui environnent les trônes pour jeter, par leurs plans ambitieux, un peuple heureux, du faîte du bonheur dans l’abîmo le plus profond d’avilissement et de misère. Votre Majesté donne également l’exemple de la sagesse d’un grand roi, lorsqu’elle accueille avec bonté les réclamations fermes et équitables d’une nation entière, à laquelle il n’y a pas d’humiliations qu’on n’ait fait essuyer pour étouffer sa voix. Ah! Sire, si dans co moment vous pouviez lire dans nos cœurs, vous y trouveriez gravés en caractères ineffaçables ces sentiments de reconnaissance , que l’on sent bien mieux qu’on ne les saurait exprimer. Que n’étes-vous, Sire, en ce moment témoin de l’épanchement do tout un peuple qui sent co qu’il a recouvré , parce qu’il son-

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tait co qu’il allait perdre; vous verriez, Sire, nos concitoyens s’embrasser, se féliciter les uns les autres, les épouses applaudir aux travaux de leurs époux, et les enfants bénir la mémoire de leurs pères, pour leur avoir conservé intact l’héritage de leurs aïeux, et les heureuses constitutions qui le leur assurent. C’est au milieu do toutes ces marques éclatantes de la joie la plus pure que vous entendriez , Sire, retentir les airs de votre nom, et le peuple adresser avec ferveur ses vœux au ciel pour vivre longtemps sous les lois d’un prince aussi juste.

« Et comme toutco qui retrace à ses yeux l’image de votre auguste personne forme d’abord l’objet de sa vénération et de son amour, Votre Majesté se fera aisément une idée do l’empressement général de revoir parmi nous ce couple auguste, qui nous est attaché, Sire, par les liens les plus sacrés.

« Nous sentons, Sire, ce qu’il en coûtera à Leurs Altesses Royales de se séparer de Votre Majesté ; mais si, pour rendra leur départ plus consolant, Votre Majesté y attache la levée effective des entraves apportées à la juridiction et aux prérogatives des évêques , le rétablissement du clergé tant séculier que régulier dans ses droits, le redressement des atteintes que la discipline de l’Église a souffertes, enfin celui des autres infractions faites à la constitution dont Votre Majesté promet de faire traiter avec les états, nous espérons que ces Sérénissimes Princes, pour concourir efficacement aux vues bienfaisantes de Votre Majesté, daigneront faire ce sacrifice à leur sensibilité, en faveur d’un peuple aussi inviolablement attaché à l’auguste maison d’Autriche. »

PROTESTATION

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