‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 54 sur 127 · DES ÉTATS DE BRABANT · texte numérisé non relu

DES ÉTATS DE BRABANT

les mœurs el les qualités des séminaristes. Ce n’est pas qu’il ne soit utile d’enseigner la science théologiquo avec plus d’appareil, plus d’étendue et de profondeur dans les universités; celles-ci servent et travaillent à conserver l’intégrité do la foi dans tout son éclat; les évéques, les pastours y trouvent uno lumière resplendissante et secourablc dans la conduite de leurs troupeaux.

« Sire, si l’on examine le plan du nouveau séminaire général, on trouve qu’il ne remplit le but ni dos séminaires épiscopaux, ni do renseignement public dans les universités.

« L’enseignement, la surveillance de la doctrine sont entièrement ôtés aux évéques, et le nouveau séminaire, déjà dès son berceau, a présenté des préludes d’une doctrine condamnée il y a longtemps daus ces provinces, où elle a excité des troubles, où l’on en connaît les suites dangereuses. Quels désordres, Sire, allaient se glisser dans l’Église ; tandis que le pontificat avili , réduit à l’état le plus passif, ne pouvait plus élever la voix !

« Loin qu’on puisse se flatter de faire régner la sainteté des mœurs dans le séminaire général , selon la discipline ancienne, quelle corruption, quelle contagion n’est pas à redouter dans l’assemblage d’un si grand nombre de jeunes gens, dont il est impossible do reconnaître et les mœurs, et les habitudes, et le caractère !

« Cependant, Sire, ce seraient ces mômes individus formés au hasard que les évéques devraient admettre et employer au ministère sacré, après avoir été forcés de les envoyer au séminaire, et do leur donner la lon-

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6üre, sàhs ëpreüve canonique, sans avoir éprouvé la vocation, enfin fcontre la disposition expresse des conciles. S'il était possible de croire qu’un plan si étrange pût s’exécuter, il amènerait la nullité du ministère épiscopal , l’insubordination des curés , la subversion de tout l’ordre hiérarchique; il causerait plus certainement encore le défaut de ministres des autels.

« Outré les plaies que le nouveau séminaire faisait à l’Église on général, il anéantissait en particulier les abbayes et les ordres religieux. En effet, il fallait avoir achevé le cours de philosophie avant d’étre reçu au séminaire; il fallait y étudier cinq ans, avant de pouvoir faire le noviciat; dès lors à vingt-sept ans un sujet qui déjà dans d’autres temps, sous d’autres maximes, aurait eu rendu des services essentiels, commençait seulement d’étre admissible au monastère; de là l’impossibilité absolue de trouver des novices; do là l’anéantissement des cloîtres et do cette émulation religieuse entre le clergé séculier et régulier, qui, si l’on consulté l’histoire, paraît avoir servi d’instrument à la Divinité pour conserver plus sûrement la pureté des traditions, et surtout celle des mœurs cléricales.

« Après avoir exposé tous ces obstacles insurmontables du séminaire géhéral, nous ajouterons, Sire, que la réunion projetée de toutes fondations et bourses quelconques à cet établissement est contraire à la loi sacrée des fondations, à l’essence des propriétés, et ainsi à nos lois constitutives.

a Nous vous supplions, Sire, par tous les motifs les plus chers à la religion , à votre éclatante piété, à votre amour pour vos sujets , que Votre Ma-

UE BRADANT.

jcsté daigne brdonner la cessation chticre dû séminaire général, et la réintégration des séminaires épiscojpauX. »

Ils ajoutent à ces plaintes de justes réclamations au sujet des innovations introduites dans la sainte discipline ecclésiastique au sujet du taatiagé.

« Quatrièmement et finalement, Sii-e, disent-ils, « nous osons supplier Votro Majesté, avec autant do confiance que de soumission, que Votre Majesté Fassé rendre aux évéqucs la juridiction en matière spirituelle, surtout pour les cas de mariage.

a Ils ont joui do ce droit dans tous les siècles; l’Église assemblée an concile de Trente le leur assuré d’unë telle manière, qu’elle prononco anathème contre ceux qui le disputent ; l’histoire dn concile prouve que les Pères n’ignoraient pas dès lors, et qu’ils avaient pesé la distinction subtile entre le sacrement et lo contrat

« Ce droit, cette juridiction, cette liberté de l’Église, non-seulement sont assurés à celle de Brabant par la Joyeuse entrée, par les concordats les plus authentiques; mais encore par le serment particulier prêté en votré nom, Sire, au jour do l’inauguration do Votre Majesté, comme lo vérifie la copie de l’acte de ce serment.

« Si les évêques, Sire, ont cru devoir faire à Votre Majesté de vives réclamations contre les dispositions de l’édit stlr les mariages, ce n’est pas la considération temporelle qui a guidé leur zèle, c’est l’intérêt des mœurs, celui du respect qui est dû au corps des pasteurs, aujourd’hui avili ; c’est le bien, c’est l’avantage de la nation entière ; c’est qu’on ne saurait trop augmenter le respect pour le sacrement de mariage.

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