‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 67 sur 127 · UE L’UNIVERSITÉ DE LOUVAIN · texte numérisé non relu

UE L’UNIVERSITÉ DE LOUVAIN

adhésion aux principes inaltérables de Votre Éminence.

« Instruits, nous osons le dire, dans l’école du Saint- Esprit , dociles aux impulsions de ce maître de nos cœurs, redoutant bien plus de tomber entre les mains du Dieu vivant que d’élre exposés à l’animadversion du pouvoir arbitraire des hommes , nous vous déclarons, illustre prélat, comme à notre père et au premier pasteur de l’Église Belgique :

« Que jamais nous ne nous soustrairons, en aucuue manière ni par aucun motif, à la subordination où Dieu nous a placés ;

« Que jamais nous ne coopérerons, directement ni indirectement, à l’établissement d’une école profane, trop connue sous le nom de séminaire général ; établissement que nous regardons comme la perte de la jeunesse de Belgique, comme un objet d’affliction et de scandale pour les nations catholiques , comme un moyen de corruption et d’égarement pour les générations futures ;

«Que, suffisamment prévenus contre la séduction par le triste souvenir d’un enseignement hétérodoxe et d’une discipline bizarre et odieuse, qui ont flétri le nouvel établissement dans le court espace où il était substitué par voie de fait à quelques écoles épiscopales, nous renonçons de grand cœur à tous les avantages temporels de l’état auquel nous nous sommes destinés, si nous no pouvons y vivre avec la dignité et la liberté que le culte des autels exige, ni y entrer avec l’esprit de l’Église, qui est celui do Jésus-Christ;

« Que nous attendons avec patience et résignation les rigueurs quelconques par lesquelles on voudrait

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mettre à l’épreave notre religion et notre constance.

a Notre unique sollicitude est de prier Dieu, l’auteur de notre lumière, de ne point permettre qu’aucun de nos frères s’écarte des principes qui opèrent en nous une si intime conviction , et devienne enfant rebelle à l’Église.

« Nous vous supplions, Monseigneur, de donner votre bénédiction à celte portion chérie de votre troupeau, qui s’unit aujourd’hui d’esprit et de cœur à Votre Éminence par un nouvel élan de confiance et d’amour filial, bénissant la Providence qui vous a confié les intérêts de l’Église dans un temps si calamiteux, et si propre à attiser le zèle dont vous brûlez pour la cause de Dieu. »

Trauttmansdorff ne se laissa pas émouvoir par la noble conduite du cardinal , et, toujours poursuivi de la pensée que celui-ci était l’unique auteur du mécontentement universel de la nation, il l’accusa, dans une dépêche émanée au nom de l’empereur le 17 janvier 1788, de désobéissance et de rébellion contre les ordres de son souverain. Le digne prélat protesta hautement contre celte imputation odieuse par laquelle on cherchait à l’avilir aux yeux de l’Église et du pays, et s’en plaignit dès le jour suivant, en ces termes, à l’empereur lui-même (1) :

« Sire, » lui dit-il, >* je vois avec la plus vive douleur que V. M. me regarde comme réfractaire et désobéissant à ses ordres, tandis que je ne m’y suis jamais opposé qu’en prenant la respectueuse liberté de représenter à Votre Majesté que les devoirs de l’épiscopat,

(i) Rec. XI, p. 84 .

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