‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 69 sur 127 · NOBLE CONDUITE DE FRANKEXBERG · texte numérisé non relu

NOBLE CONDUITE DE FRANKEXBERG

Le gouvernement se flattant de pouvoir échapper à cette demande gênante par un prudent silence, le cardinal protesta de nouveau , le 23 janvier, contre cette conduite illégale et inique, et fit, outre la demande qu’il avait déjà adressée , celle qu’on lui envoyât les actes du procès instruit contre sa personne , afin de pouvoir se justifier, ainsi que tout autre citoyen en avait le droit. Il déclarait encore que le susdit décret était nul dans sa forme, qu’il n’avait été obtenu que par la fourberie et le mensonge, et qu’il serait, de plus, inexécutable jusqu’au moment où lui, cardinal, serait, — ce qui était impossible, — dépouillé do sa dignité, et qu’en conséquence il ne pourrait ni se soumettre à ce décret, ni le faire exécuter par les autres. Il déclarait enfin, devant Dieu et en face du monde entier , quo cet édit injuste serait le principe et la source de conséquences désastreuses, dont il ne pouvait pas accepter la responsabilité.

Le gouvernement, comme s’il eût été honteux des violences qu’il avait exercées, se taisant encore, le cardinal renouvela sa protestation (1) pour la troisième fois, repoussant d’avance toute interprétation sinistre de sa conduite : « Au reste, » ajoutait-il, « je n’ai que cette alternative d’obéir à Dieu ou aux hommes dans la cause de Dieu, et je marcherai d’un pied ferme, assuré d’un sauf-conduit. »

Cette noble conduite de Frankenberg lui avait concilié l’admiration universelle, et il se vit de tous côtés salué par des adresses de félicitation, dans lesquelles on lui prodiguait les plus touchantes marques de reconnaissance.

(l) liée. XI, p. 84-90.

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