‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 94 sur 127 · AUX ÉTATS DE BRABANT · texte numérisé non relu

AUX ÉTATS DE BRABANT

traités solennels de paix , avaient garanti le maintien de ces droits jurés par l’Autriche, et implorent leur médiation auprès du monarque trompé, et terminent enfin par ces solennelles paroles : « Puisse le Ciel toucher en notre faveur les cœurs magnanimes ! Puissent les grandes âmes s’ouvrir à ce dernier cri de l’existence nationale, à ce dernier soupir de la liberté ! »

Mais le bruit de ces voix alla frapper, impuissant, lo cœur endurci des ministres de l’empereur, et celui de ces prêtres dégradés qu’ils avaient à leur solde. Ils persistèrent encore à vouloir ériger leur institut abominable sur les corps inanimés des jeunes élèves et des citoyens eux-mêmes. Au commencement do novembre, ces horreurs se reproduisirent à Louvain. Le petit nombre d’élèves, étrangers pour la plupart, qui s’y trouvaient encore voulait prendre la fuite. Le gouvernement envoya de nouveau des troupes pour les contraindre d’y rester; il les fit même garder à vue, afin qu’ils ne pussent s’évader en secret.

Il parait que le gouvernement ne reculait pas devant la pensée do renouveler les scènes sanglantes du mois d’août, et de surprendre encore les jeunes séminaristes pour les conduire à main armée à Louvain ; car les élèves do ces différents séminaires crurent devoir s’adresser encore une fois , le 22 novembre , aux états de Brabant, pour les conjurer de venger cette honte et cette injustice, et de les protéger contre la barbario dont on voulait user à leur égard , au nom de l’empereur si cruellement trompé.

« Serait-il donc vrai, » disent-ils (I ), « que lo sanc-

( 1 ) Ree. XII, p. 266 etsuiv.

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tuaire va être changé en désert, la race d’Aaron éteinte, le germe du sacerdoce catholique étouffé dans son préluder essor; que les autels seront sans ministres , les peuples 6ans pasteurs; et que ceux qui doivent mener aux pâturages les brebis d’Israël périront eux-mêmes sur un sable stérile et bridant ? Fncti surit principes ejus ve/ut arietes non inventent es pase.ua.

n Arrachés depuis le i er août, par la force militaire, de la retraite sacrée où le jeune clergé se formait sous l’œil de son chef, teints du sang de nos concitoyens que la compassion , devenue un crime d’État, a fait couler dans ce jour terrible , nous irons dans les plages diverses où le trouble et la terreur nous poussent, sans dessein ni résolution raisonnée : comme ces malheureux voyageurs, échappés dans la route à des mains rapaces, se perdent dans une forêt immense, oubliant le chemin qui doit (es conduire, pour ne songer qu’au danger où ils allaient trouver la mort.

« Dans cette situation de détresse et d’angoisse, on nous montre comme le seul asile cette maison fameuse par l’horreur qu’elle inspire, cette école de subversion et de scandale, que son chef même vient d’abjurer comme un gouffre où se perdent non-seulement la foi et les mœurs des élèves , mais encore l’honneur et la réputation des directeurs.

« Dans cet état de choses , l’horreur de la nouvelle Babylone (qu’il nous soit permis de nous servir du terme usité, et qui exprime la conviction générale) va nécessairement en croissant. Ce vaste bâtiment , qui s’élève avec une pompe insultante sur le débris de la foi antique , est regardé par* toute la jeunesse théologiquo comme le signal de mort. Si jamais elle pouvait

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