‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 95 sur 127 · AUX ÉTATS · texte numérisé non relu

AUX ÉTATS

so résoudre d’y entrer, flétrie à ses propres yeux, portant dans son eceur le sentiment de l’infidélité, dégradée au jugement de sa conscience , comment paraîtraitelle devant l'autel du Dieu vivant? Quelle lumière répandrait-elle sur le chandelier où elle doit être placée un jour pour éclairer les peuples? »

S’adressant ensuite aux États , ils s’écrient :

■ O vous qu’on appelle pères de. la patrie , dépositaires des droits les plus sacrés des Belges, auriezvous oublié ce que vous avez dit avec tant de vérité et de force contre la nouveauté fatale qui fait l’objet de nos douleurs profondes? Quand, dans votre lettre écrite aux états des autres provinces, le 20 septembre Î787, vous avez jeté ce cri perçant qui a sonné dans toute l’Europe, de vouloir vivre et mourir dans la religion catholique , ne regardiez-vous pas cet étrango séminaire comme le tombeau de la croyance de vos pères ?

a Serait-il possible que vous eussiez changé d’avis sur ce grand objet? Une fatale indifférence aurait-elle glacé des âmes empreintes naguère d’un feu si vif et si pur? Parce que la violence a effacé les lois, que le fer du soldat a remplacé la verge des magistrats, que le sceptre de la justice s’est brisé contre la masse du pouvoir, que le sang des citoyens a coulé dans nos rues, que la vertu a gémi dans les prisons et l’exil, faut-il que la religion, cette grande consolatrice des hommes malheureux, soit immolée, en dernier lieu, comme une victime exquise et recherchée, et que ce sacrifice se consomme dans un silence affreux, qui rendrait la nation complice du plus horrible attentat ?

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