NOUVELLE RUSE
a Noos présumons mieux des chefs du peuple belge. S’ils savent souffrir comme lui, ils savent parler aussi et agir pour le salut public. »
Beaucoup de jeunes élèves, afin de se soustraire aux nouvelles violences du gouvernement, quittèrent leurs séminaires et se rendirent à Douai, pour y achever leurs études sous des maîtres catholiques. Le digne et zélé clergé du diocèse de Cambrai se réunit pour pourvoir à leurs besoins par de pieuses offrandes, et subvenir à leur entretien.
Chose étrange ! les nouveaux docteurs de l’incrédulité no perdirent pas encore courage; et ce qu’ils ne pouvaient conquérir par la force des armes, ils tâchèrent de l’obtenir par la ruse.
Le séminaire, au commencement de l’année 1789, était presque désert et ne comptait que onze élèves, gagnés par de l’argent et de belles promesses. Les directeurs reconnurent en conséquence que, s’ils n’augmentaient ce nombre, leur institut marchait à une fin prochaine. On envoya donc, à l’effet de recruter des élèves, dans le duché de Luxembourg et dans les provinces allemandes voisines, des enrôleurs pour ramasser sans discernement tous les jeunes gens qui se sentiraient le désir d’embrasser l’état ecclésiastique, afin de les envoyer à Louvain. Il ne fut pas difficile d’en trouver aux conditions qu’on leur offrait, et par lesquelles, outre l’entretien gratuit qu’on leur donnait, on leur montrait encore la perspective des plus séduisantes espérances. Par ce moyen, on parvint à faire monter jusqu’à quarante le nombre des élèves, jeunes gens do la lie du peuple , ignares et dépravés pour la plupart.