PLAN BU SÉMINAIRE GÉNÉRAL
tîon y afin que les élèves ne tombent dans aucune erreur, et n'y puisent pas de faux principes. »
Gomme livres de dévotion, on leur recommande surtout la sainte Écriture, mais par fragments, et particulièrement les livres sapientiaux, qui nourrissent la piété et sont adaptés aux circonstances. On leur propose aussi les traités de morale de saint Basile, le livre de saint Bernard, De Consideratione ^ adressé à Eugène III; saint François de Sales, le discours de Fleury sur i^histoire ecclésiastique, le livre de la Vraie Piéte\ de Muratori; et ensuite, en général, les ouvrages des ooryphées du jansénisme, tels qu'Arnauld, Nicole, Pascal, Duguet, et autres.
Dans les quatrième et cinquième chapitres, ainsi que dans le huitième, on traite de rééducation morale et scientifique des élèvQS. On ne peut lire cette partie sans éprouver une véritable répugnance. Il n'y est pas fait la moindre mention de TÉglise et de son chef; on n'y parle que de la nouvelle religion d'amour, de la religion du Christ , de Jésus et du Sauveur ; ce et les ministres de cette religion , » est-il dit , <c doivent avant tout être élevés dans les vrais principes de Socrate.»
Tout ce qui contient encore le plus léger vestige d^éducation catholique y est odieusement tourné en ridicule. et sévèrement prohibé. Ainsi, par exemple, on défend le silence comme une folie hypocrite ; on interdit la lecture spirituelle à table comme une inconvenance ; on recommande la plus large tolérance envers tous les systèmes et confessions religieuses , et I'omi. défend même de parler avec trop de sévérité contre eux dans les disputes théologiques. -
Chaque division des élèves devait avoir, dans wcm. €.
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salle particulière, nne bibliothèque composée d^ouyrages utiles et proportionnée à leuts études; et cependant il ne s*y trouvait (fue les œuvres des plus célèbres auteurs jansénistes et protestants. Parmi ces derniers, on donnait la préférence à ceux qui favorisaient le plus ouvertement le rationalisme, tels que Dôderlein , Nîemayer, Stendal, Less, Jacobi et' Mosbeim. Parmi les écrivains catholiques, on n'admettait que ceux qui manifestaient une sympathie ouverte pour le gallicanisme , le jansénisme et le fébronianisme. Pour sauver les convenances et pour tromper plus facilement les jeunes gens , on plaça cependant dans les bibliothèc^ues quelques ouvrages de bons auteurs orthodoxes; mais (m en rendait, sous mille prétextes, la lecture et l'étude difficiles aux élèves.
Ceux-ci, après avoir achevé leurs cours théologiques, qui devaient durer cinq années, étaient encore obligés d'en passer au séminaire une sixième, afin de se perfectionner davantage dans les fonctions qui sont propres à ceux qui ont charge d'âmes. Et en quoi ces exercices coosistaient-ils ? On croira peut-être que c'était à apprendre les cérémonies de l'Église relatives à l'administration des sacrements de baptême, de mariage^ et autres rites sacrés ? Nullement ; dans les six premiers mois, ils devaient étudier le chant grégorien, et dans ^es six autres apprendre une méthode d'enseigner aux fidèles la doctrine chrétienne. Et afin qu'ils fussent 'ï^ieux initiés encore dans les secrets de l'incrédulité, on ieur recommandait d'apprendre cet art dans les écoles '^^rmales, où l'on prêchait ouvertement la haine de * église et le mépris de tout ce qui est saint : « Quand *^s ministres de la religion auront été élevés par cette