MESURES BARBARES CONTRE LES ÉLÈVES
se sont souvent et nécessairement montrés trop ardents au sujet de la condamnation d'erreurs prétendues, et ({u'ils ont agi maintes fois, en cela, avec une grande imprudence. L'Église catholique n'a pas besoin, pour subsister, d'avoir un prétendu chef suprême; car s'il en était autrement, toute l'Église périrait à ta mort du pape. Quant à la bulle Unigenitus^ elle a fait soR temps ; on n'en parle déjà plus : plus de quarante évoques de France se sont refusés à l'accepter. Il en est de même de la condamnation des cinq propositions de Jansénius, et vous n'aurez plus à prêter à Tavenir, à leur sujet, le serment d'usage. Il n'y a plus de jansénistes. Cette prétendue hérésie a été une pure invention. Vous autres Belges, gens superstitieux et grossiers, ne vous êtes servis de ce prétexte que pour persécutera outrance les hommes les plus nobles, ies plus savants, les plus remplis de piété et de lumière, et les chasser ensuite de votre patrie. »
Les élèves poussèrent la résignation jusqu'à consentir à supporter, pendant quelque temps encore, la brutalité de ces ennemis du bon sens et de l'Église ; mais lorsque l'abbé Stôger leur donna connaissance des statuts du séminaire général, et leur fit entendre qu'ils étaient obligatoires, et que chacun devait s^engager par écrit à les observer scrupuleusement , alors l'indignation et le mécontentement débordèrent : rien ne fut capable de les retenir plus longtemps dans cet établissement corrupteur ; tous demandèrent unanimement à en sortir. Il vint de nouveaux soldats de Bruxelles ^ avec des commissaires impériaux, pour contraindra ^ par la violence, les élèves de rester au séminaire. Vin^çt et un étudiants en théologie furent de nouveau arrêt^^î
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dans leur lit, au milieu de la nuit, et conduits sous escorte militaire dans les prisons d'an couvent voisin de la ville. Toutes ces violences n'aboutirent pourtant à aucun résultat sérieux. Le 25 janvier 1787, au lieu de trois cents élèves qui existaient d'abord dans le séminaire général y il n'en restait plus que vingt; tous les autres avaient pris la fuite.
Ainsi agissaient ces hommes qui, dans les institutions de leur nouvelle méthode d'enseignement , prétendaient « se faire un devoir sacré d^exolure toute punition et se contenter uniquement d^une simple remontrance paternelle 9 et, dans le cas où celle-ci n'aurait pas d'effet , de licencier l'élève insubordonné avec politesse et amour. 7> Ainsi se conduisaient ces hypocrites, qui, dans la personne de leurs jeunes élèves, foulaient aux pieds tous les droits de l'humanité, quoiqu'il eût été ) par les principes de ce même institut , interdit aux professeurs d'obliger , en aucun cas , les âèves à les croire aveuglément sur parole , afin qu'ils ne fussent pas tentés plus tard d'exiger de leurs paroissiens la même croyance aveugle.
Dès que le plan dMnstruction des séminaires généraux pour la Belgique eut été rendu public par les ordres du gouvernement impérial, les évéques et le clergé de cette provieee ne purent plus conserver au-^ cnn doute sur les tendances perfides et antireligieuses de ces établissements. Quiconque lit attentivement cet opuscule , publié pour la première fois en langue allemande, à Vienne, en 1784, doit nécessairement reconnaître que cet enseignement ne pouvait que con- ^^re à la ruine de l'Eglise et à la plus profonde incrédulité. Le rapide aperçu que nous allons en donner
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démoûtrera surabondamment la réalité de cette assertion (1).
Les ecclésiastiques illuminés de Vienne , auteurs de ce plan » font dès l'abord , dans son préambule , connaître leur dessein en paroles concises^ mais claires : Cet institut I disent-ils ) doit couper la tète à \ hydre du fanatisme et au système ultramontainl Tous ceux qui connaissent Tesprit et le jargon gallican de ce temps-là cotuprendroqt aiàément la signification réelle de ces parles : c'était le mQt d'ordre de tous les ennemis de rÉglise, et le signal de cette guerre générale et impie qu'on entreprenait contre la foi au nom de la fausse science et de l'incrédulité. Et n'est- ce pas sous la même bannière que s'enrôlent de nos jours encore tous les ennemis de l'Eglise et du saint-siége, à quelque confession qu'ils appartiennent, catholiques ou proies* tante, incrédules ou sectaires, pour combattre en réalité le dogme catholique sous le manteau du nom de système ultramontain ?
Ce plan contient huit chapitres , dans lesquels oo spécifie la nature et le but de Tinstitut, la métbo<ie d'enseignement qu'on y pratique , et enfin les devoirs des élèves, ainsi que ceux des préfète et des professeurs.
Le premier chapitre est consacré à définir le but das séminaires généraux, lequel ne doit être autre que la cessation de la prétendue diversité d'opinions et de doctrines qui, jusqu'alors, avait régné dans l'enseignement théologique des séminaires épiscops^ux; diver^té
(l) Voy. Plan de Finstitut des séminaires généraux dam les États de (^empereur; Bruxelles, chez J. Flon, 17S7, p. 60; el la critique intéressante qui en est faite daos le Rec. II » 71-89$ d IV, 196-211.
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si préjudiciable au progrès d*un système général 'de morale et de religion : on prétendait ainsi à un bon et uniforme enseignement pour tout le jeune clergé. On lit' en substance dans ce plan : que ce glorieux institut est dû aux soins d'un empei^eur auquel sont à cœur la véritable religion et la pureté du dogme, autant que les vrais principes en matière d'administration politique; qu'il lui était réservé de détruire ce conflit de principes, et les suites dangereuses qui devaient nécessairement dériver d'une telle diversité dans Téducation du clergé ; que ce fut afin de là prévenir que l'empereur avait résolu de faire élever, à l'avenir, les ministres des autels dans les vrais principes du système social {sic); qu'on ne pourrait atteindre ce but que par l'institution de séminaires généraux, dans lesquels on ne se contentât pas d'élever d'inutiles ermites, uniquement voués à la vie contemplative, mais des hommes actifs, vrais serviteurs de t Église et vrais guides des peuples. C'est pour ce motif sans doute qu'il fut , au second chapitre, interdit aux jeunes élÀ^ yes de faire la soi-disant retraite spirituelle.
Quant à ce qui regardait les exercices de piété , on faisait observer, dans le troisième chapitre, quMl ne ^ s'agissait nullement de favoriser la bigoterie et les f mmeries (sic), et qu'on n'admettrait jamais, par * conséquent, aucune des dévotions qui n'étaient pas !^ en usage aux premiers siècles de l'ère chrétienne , et ' qai n'avaient été inventées ensuite que comme un j <2)oyen de subvenir plus facilement aux besoins d'un îi clergé trop nombreux. « Chaque -séminariste^ disait ^^cove ce plan, doit avoir des livres de dévotion ; mais l's doivent être choisis avec une grande circonspec-