‹ Jean Henri comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines ... et sa lutte pour la libertéChapitre 16 sur 58 · CONTRE LE SÉMINAIRE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

CONTRE LE SÉMINAIRE GÉNÉRAL

ainsi la reconnaissance et l'admiration de la postérité.

Les évéques, qui avaient déjà si courageusement élevé leurs voix contre le séminaire général, croyaient devoir , au commencement de ce saint combat , rester daos Texpectative , et attendre tranquillement le résultat des négociations de leur primat avec Tempereur , afin de s'entendre avec lui à son retour, et d'unir ensuite leurs forces pour combattre tous ensemble et sous sa conduite. En attendant, tous s'étaient refusés à envoyer de nouveau leurs séminaristes à Louvain. Leur exemple fut suivi, comme il le devait être, par tous les supérieurs des instituts religieux, et plusieurs d^entre eux. annoncèrent même sans crainte cette résolution à l'empereur.

« Je proteste, devant Dieu et devant toute la terre,» c'est ainsi que s'exprimait le digne P. Godefroy d'Alost, capucin , au nom du visiteur général des provinces belges de son ordre, dans une lettre à l'empereur, écrite de Bruxelles le 21 mars(l), «que je ne pourrai jamais obtempérer aux ordres des hommes , dès quMls sont contraires à Dieu, suprême législateur ; et si pour cela je dois souffrir et être déclaré anatbème pour mes frères , je suis prêt à aller en prison et à mourir, ce qui est préférable; car j'aime mieux tomber dans les mains des hommes que dans celles du Dieu vivant, qui un jour jugera dans l'équité cette cause, et tout ce qui sera fart et attenté contre l'innocent. J'accepte , avec la même gratitude et soumission avec laquelle les premiers chrétiens ont regu les décrets et les sentences que les tyrans ont portés contre eux, les sentences et décrets que l'on

(1) &ec. II, p. 210.

9é PROTEt&TÀTION

pourrait porter contre moi. Je suis persuadé qpe de pareils sentiments sont absolument contraires à la démence et à l'équité de Sa Sacrée Majesté, qui par son édit de tolérance n'a pas accordé le libre exercice de religion à quelques particuliers , mais à tous, et même aux catholiques ; et ce serait un crime de dire que notre ordre séraphique serait exclu de ce privil^e de to<* lérance.

a Je supplie donc très-humblement et très-instam* ment qu^en vertu dudit bénéfice il nous soit accordé le libre exercice de notre religion, afin que, dans Fhiimilité et la simplicité de nos cœurs fidèles à Dieu, nous puissions servir fidèlement Tempereur ; car il est impossible de lui être fidèle lorsqu'on n'est pas fidèle à Dieu, et ni l'espoir des biens temporels , ni la crainte d'aucun mal mêiùe, ne me détourneront de l'observance des commandements très^quitables de mon Dieu. »

Ce généreux reli^eux devait payer cher sa franchise apostolique : le gouvernement lui envoya , dès le 39 mars suivant^ ordre de quitter Bruxelles sous vingt* quatre heures, et la Belgique en trois jours.

L'épiscopat lui-même ne fut pas épargné. L'évêqoe de Namur, comte de Lichter-Yelde , fut, vers la fin d'avril, appelé à Bruxelles pour se justifier, à cause de la résistance qu'il avait opposée, avec le cardinal, à l'é* tablissement du séminaire général. Le gouvernement le menaça de l'envoyer en exil ; mais il quitta spontanément le p^ys , et se retira en Hollande. Avant son dér part , il adressa à son clergé et aux fidèles de sou diocèse une lettre pastorale touchante, dans laquelle % proteste de nouveau , de la manière la plus solenn^^l^ et la plus énergique , contre toutes les violations Aj^

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