REMONTRANCE DU CLERGÉ DE RRUGES
évéques^ les ecclésia3tiquesy les théologiens » en pro-^ fessant une soumission parfaite à la souverainôté de Votre Majesté, réclament au cas présent Toppositiou de leur conscience; ils croient trouver jia loi diyin^ en contradiction avec la loi civile,
« On a beau envisager ces sentiments comme erronésy ils ne sont pas moins réels : or on ne force pa^ les opinions; les seules armes pour les réduire sont celles de la persuasion : encore ne saurait-on faire usage des dernières avec succès qu'en les employant avec beau* coup de modération, et en laissant ans; esprits agités le temps nécessaire de se calmer, et de donner des moments libres à une mûre réflexion.
a L'histoire de tous les temps démontre que la vio« lence employée pour contraindre les opinions n'a jamais produit d'autre effet que d^aggraver le mal : nn esprit poussé à bout ne se reconnaît plus. Qui pourrait assurer que, dans la fermentation actuelle, un acte quelconque de contrainte réelle, quoique muni du sceau de la justice réglée, ne donnât occasion à des traits de résistance, et ne fût le signal d'une commotiQ^ dangereuse ?
« Quel fruit d'ailleurs un souverain peut-il se promettre en contraignant les opinions par la force? Un mortel quelconque qui trahit la voix de sa conscience est un mauvais sujet : tant que notre religion dominera, il faudra admettre l'existence d'une loi divine à laquelle la puissance civile est subordonnée. »
Le clergé du diocèse de Bruges , lui aussi , par un mémoire énergique, appuya la représentation des états, et démontra combien étaient ridicules les changements prétendus que l'on s'était vanté d'avoir faits