LETTRE DES ÉLÈVES
d'un puissant monarque , la sentinelle et la gardienne de la vraie foi. .
ce Nous protestons contre toutes les empiriques nooveautés qui tendent à soumettre nos enfants à des méthodes bizarres et odieuses; contre les écoles normales et autres inventions pédantesques , qui abrogent les méthodes éprouvées , rompent la chaîne des notions et les moyens d'enseignement, en mettant tout à couples anciens instituteurs hors de fonction , nommant des aventuriers dangereux , et proposant aux enfants une instruction alarmante pour des pères chrétiens.
« Nous protestons contre toutes les atteintes données à Tunion conjugale; contre toutes les nouveautés contraires au saint concile de Trente et aux lois de l'Église universelle , tendant à faire de cette union sainte une affaire purement civile ; à rendre nos mariages illégaux, nos enfants illégitimes , et à mettre entre nous et les autres peuples catholiques un mur de division ans^i gênant que honteux.
« Enfin y nous protestons contre tout ce qui s'est fait, se fait et doit se faire encore au détriment des principes, usages et droits de TÉglise catholique , apostolique et romaine, dont nous sommes et voulons mourir 1^ enfants dociles; au détriment des lois et constitutions du pays, de la liberté et de la propriété tant des sociétés et corporations quelconques que de chaque citoyen en particulier. »
Enfin les auteurs de celte protestation rappellent à l'empereur le serment solennel par lequel il avait juré, le 17 juillet 1781 , de maintenir les libertés religieuses et politiqfbes de Belgique. Ils s^adressent aussi à toutes les puissances catholiques et prolestantes qui, dans des
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traités solennels de paix, avaient garanti le maintien de ces droits jurés par rAutriche, et implorent leur médiation auprès du monarque trompé , et terminent enfin par ces solennelles paroles : à Puisse le Ciel toucher en notre faveur les cœurs magnanimes ! Puissent les grandes âmes s'ouvrir à ce dernier cri de Toxistence nationale 9 à ce dernier soupir de la liberté !»
Mais le bruit de ces voix alla frapper, impuissant, le cœur endurci des ministres de Tempereury et celui de ces prêtres dégradés qu'ils avaient à leur solde. Ils per* gïstèrent encore à vouloir ériger leur institut abominable sur les corps inanimés des jeunes élèves et des citoyens eul-mémes. Au commencement de novembre^ ces horreurs se reproduisirent à Louvain. Le petit nombre d^élèves, étrangers pour la plupart, qui s^y trouvaient, encore voulait prendre la fuite. Le gouvernement envoya de nouveau des troupes pour les contraindre d'y rester; it les fit même garder à vue, afin qa^ils ne pussent s^évader en secret.
- Il parait que le gouvçmement ne reculait pas devant la pensée de renouveler les scènes sanglantes du mois d'aotfty et de surprendre encore les jeunes séminaristes pour les conduire à main armée à Lèuvain ; car les élèves de ces différents séminaires crurent devoir s'adresâer encore une fois , le 22 novembre , aux états de Brabant, pour les conjurer de venger cette Jion te et cette injustice, et de les protéger contre la barbarie dont on voulait user à leur égard , au nom de l'empereur si cruellement trompé.
a Serait-il donc vrai, » disent-ils (1), « que le sanc-
(I)* Ree. XII, p. ^6 et suiv.
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tuaire va être chûDgé en désert, la race d^Aaroa étei&tei le germe du sacerdoce catholique étouffé dans son premier essor; que les autels seront sans ministi^a, les peuplée Bats pasteurs ; et que ceux qui doivent m^ier aux pàtbrâgea les brebis d-lsraël périront eu:x-mâmes sur un sable stérile et brûlant ? Facti sunt principei ejus velui ariete^ noh iniferUentes pascua.
<t Arrachés depuis le i^' aoÛLt, par la force militaire, de la retraite saorée où le jeuoe clergé se, formait sous Tœil de son chef^ teints du sang de nos concitoyens que la compassion i devenue un crime d'Etat^ a fait coul^ dans ce jotir terrible ^ nous iron& dans les plagea di* verses où le trouble et la terreur nouai poussent ^ saas dessein ni résolution raisonnée: comme ces malheu^ reux voyageurs^ échappés dans la route à des mains rapaces, ce perdent dans une forêt immense» Oubliant le chemin qui doit les conduire ^ pour ne songer qu'aa danger où ils allaient trouver la mort^
« Dafis cette situation de détresse et d'angoisse, on nous montre comme le seul asile cette maison fameuse par l'horreur qu'elle inspire » cette école de subversion et de scandale, que «on cbef même vient d'abjurer comme un gouffre où se perdent non-seulement la foi et les mœurs des élèves , mais encore l'honneur et la réputation des directeursi
c Dans cet état de choses i l'horreur de la nouvdie Babylone (quUl nous soit permis de nous servir du terme usité » et qui exprime la conviction générale) va nécessairement en croissant» Ce vaste bâtiment , qui s'élève avec une pompe insultante sur le débris de la foi antique , est regardé par toute la jeunesse théologique comme le signal de mort. Si jamais elle pouvait
86 rt^tiftfô d'y èntPèf , fléiriè à teê pwpf eà ^êiik , portant datii» soil C(jëtir le seiatimênt de ritifldéltté, dégradée an jugement de sa conèctence j ôdtnmetit paràttTâH^ elto dévftot TaUtel da Dieti Vivaùt? Quelle ltlt»ière répatidrait^llB sdr le chandelier où olle dôtt être placée an jobr pour éclairer lëi peilplêS? »
8'adt*es8ànt etiBtiitë aux Étatë 9 il» s-écrieti{ I « vous qu'on appelle pète^ d^ la patrie ^ dôpe-^ eitaires deë droits les plus aaôréfi dés BélgM) atirlës!* vous oublié ce que vous avez dit avec tant de vérité et de fbree coùtre la nouveauté fatale qui ftiit TobjM de nos douleurs profondes? Quand ^ dang votfe leU^ë é6rit0 aux états des autres provinces, le SO âeptetnbrd 1787, vous avez jeté <;e cri perçant qui à sotinô daftB (aùtô l'Europe, de vouloir vivre et mourir ddn^ la religiun catholique, he regardiez-» VoUs pas cet étratlgô BÔminaire comme le tombeau dé la Cro^andô de vt>i) père»?
« Serait^il possible que vous eussiési changé d'avid fiur ce grand objet? Ube fatale indifféœnce atirëit->ëllé glacé dès àmel empreintes naguère d'un feu ^i Aif ^t •i pur? Parée que la violence a effacé \eê lois, que lé fer du soldat a remplacé la verge des màgiâtratil ^ que le sceptre de la justice s'est brisé contré la masiô du pouvoir, que te sang des citoyeds a codlé dans DOd rues , que la vertu a gémi dans led prisonir et Vé7L\\f faut»il que la religion ^ cette grande cotiëolii-' trice îles hommes malheureuse soit immolée, eti der^* 6ier lîeU| comme une victinié exquise et recherchée ^ et que ce sacrifice se consomme dans un 6ilénce af* freux, qui rendrait la i^ation complice du plus horrible attentat?