CHAPITRE VIL
Qaatrième et fiemière ooTcrtore Tiolenie dn sémUiaire généni, ei sa destruction par le peuple. (La Belgl^ne recouvre son ladépeadance. — Mort du cardinal de Frankenbery. — (Février ilS», Juin iWu)
SOMMAIRE
Le cardinal est mandé à LonTaio (24 février) pour constater Forthodoiie de l'instihit. — Les évèqiies et les supérieurs des ordres religieux reçoiveot l'ordre d'y envoyer leurs élèves pour le 15 mars. Ces derniers y sont contraints à main armée. — Leur résistance. — Le cardinal les défend, démonli^ Tin utilité des mesures prises par le gouvernement, et en propose d'autres plus condiiantes (4 mars). — Semblables démarches des autres évéqoes. — Noble réponse (9 mars) de Tévéque d'Anvers à l'empereur. — Nouvelles persécutions contre le cardinal. — Lettre révoltante que lui adresse le comte de Traottmansdorfr(ô mars) — Le cardinal se rend (8 mars) à Louvain pour examiner l'enseignement du séminaire. — Conduite ignominieuse de Trauttmansdorff, du gouvernement et des professeurs de ce séminaire pendant rexamen , qui dura depuis le 10 mars jusqu'au f mai. — Constance héroïque du cardinal; son retour à Matines ; il rédige la déclaration demandée au sujet de l'orthodoxie de l'enseignement de cet institut. — Lutte du cardinal et de l'épisoopat de Belgique approuvée et admirée par plusieurs évêques d'Autriche, qui les exhortent à une résistance inébranlable. — L^empereur semble vouloir prendre des sentiments plus modérés.— Cabale des ministres et des illuminés à Yleone. — L'empereur commande au cardinal, par une lettre autographe (6 juin), de lui envoyer sous les vingt-quatre heures sa déclaration relative à i'enseiguenient de Louvain.^ Envoi d'une brève déclaration (16 juin), en attendant oe« lui de cette pièce plus détaillée (26 juin), dans laquelle il signale comme hétérodoxe et scandaleuse la doctrine des professeurs. — Effet prodigieux prodoit par cette déclaration dans toutes les provinces. <— Le cardinal est cruellement persécuté pour ce motif. — Sa magnanime défense. — Le gouvernement interdit, sous des peines sévères, l'impression et la vente de tous les ouvrages relatifs à la défense de l'Ëglise et de l'épiscopat. — Protestation des états contre cette mesure. — Polémique amère qui s'élève au sujet de toutes les innovations de Joseph II. — Voix menaçante de l'auteur de l'écrit intitulé Cent cinqtiante^etuû absurdités extraites de la législation ecclésiastique
MAifBi A LOinrim. Si 9
de Joseph II, — Celui-oi abolit la Joyeuse entrée. — MéconltDUinant g(1lé« tal à son comble. — On défend (17 octobre) séYèrement toutes les prières pu- Miqdes <ttil eefaiebf Ot-dônnées paf les ëtê^ues pour le rétablitoemeitt de là pMi» lesquelles prières sont qualifiées d'artifices et de moyens révoliitionnai-* res. — Soulèvement général de la nation. — Le cardinal quitte Malines, et se ëâehe à la eàtnpà^né. — 11 est accusé dn crime de lèse-fiiajèst^ ; mandat d'àmeiAer lancé contre lui.i<-BLettré récoltante que lui adresse le comte de TrauU« mansdorff. — Défense héroïque du cardinal (2 novembre). «^ Tentatives faites pdui* s^emparéi* de sa pêi'soiine et le conduite en Styrie. — La plupart dés ôvéques èe réfugient ed Hollunde.- ^ Démarobe eoncillatite diâid infl-UétUeule da gouvernement. — Joseph II révoque toutes ses innovations religieuses et po*> litiques. — Le peuple prend tes armes. — Victoire des patriotes brabançons. •** fdseph II , endn détromtié) iihplofe la médiation dd sâiht-Siégdt -^ lettre de Pie YI (13 janvier 1790) à Tépiscopat belge, dans laquelle il apprécie digneniétit et justement ces événements. — Joseph II est déclaré déctxu de ses ardtâ lui'là Belgique (ii janvier 1790). — Sa teort; ses dernières phroles an prince de ligne; leur signification. — Les états abolissent toute la législation ecclésiastique de Joseph II , et réintègrent les évéques dans leurs anciens droites -^ ffelJëhdIe dû sémhiat^e général. -^ Médaille irappée àii sujet de èet événement. — Rétablissement de Tanoienné université de Lhuvain; le.cardinal en fait Touverture par une messe solennelle à laquelle assistent tous les étâtd dd pâyft. -^ Lfl Belgique se SoutHet de hOtiveaU àVAdllithe (80 mai 1791). — Triste état de l'Église belge sous la république fraoçaiseï — Dernieît momeats du cardinal; son exil et son beureuse mort (11 juin 1804).
Lu 24 février i789^ parvinrent du cardinal^ au nOtai de Temperëur et par l'eiltreniise du gouvernement de Bruxelles, cinq dépêches, desquelles la première kii était adressée^ et lui enjoignait de se rendre sans re«tat*d^ G'éftt-à-dire dès le 8 mars, à Loùvain, et d'y rester aussi longtemps qu'il serait nécessaire pour se mettre à tnéme d'examiner te nouvel établissement, afin de pouvoir ensuite, soit TapproUver^ soit déclarer ce qu'il contenait de défectueux. En cas de refus^ ota le me^ naçait de mettre arrêt sûr ses revenus et de les distri^buer aux pauvres. La seconde dépêche ordonnait aujL évéques d'Anvers> Namur, Bruges, Ypres et Ruremonde, d'envoyer leurs élèves à Louvain pour le
220 RÉGLÀMàTIONS
i 5 marô; Les supérieurs des différents corps religieux^ même des mendiants, reçurent le même ordre; eux aussi furent menacés, en cas de refus, non-seulement de la confiscation de leui^ biens, mais encore de la suppression de leurs maisons. La dernière dépêche, enfin, était adressée au Révérend Père visiteur des dominicains, qui avait envoyé les élèves de son ordre à l'université de Douai pour y achever leurs études.
Presque tous les abbés et supérieurs de ces ordres se refusèrent d'obéir à cette injonction ; ils furent aussitôt exilés et leurs couvents supprimés. Plusieurs de ces couvents furent envahis par la milice, et les élèves^ malgré les réclamations et les plaintes de leurs supérieurs, malgré leurs lamentations et leurs larmes, furent jetés dans des voitures fermées, et envoyés de force à Louvain.
Tous les évéques firent, à l'exemple du cardinal, leur vénérable chef, les réclamations les plus respectueuses, mais en même temps les plus énergiques et les plus vives, contre les dispositions de cette dépêche, et déclarèrent ouvertement à Tempereur qu'ils ne pouvaient en conscience s'y soumettre. Le cardinal durtoat lui fit observer, le 4 mars^ que les soins nombreux de son diocèse lui rendaient presque impossible, d'ici à un long temps, de se transporter à Louvain pour y assister aux cours; que d'ailleurs cela ne mènerait à rien , attendu que plusieurs cours se faisaient aux mêmes heures, et que par conséquent, pour atteindre le but que Ton se proposait, c'est-à-dire pour le mettre à même d'émettre son opinion au sujet de Torthodoxie de l'enseignement du séminaire général, une année ne lui suffirait pas; et enfin, qu'en entendant quelques
coars interrompus, il ne pourrait former sa coBScience de manière à formuler ensuite une déclaration qui pût calmer les esprits. Que ce qu'il y avait de mieux à faire, selon lui, pour examiner la doctrine des professeurs et se conformer ainsi aux vues du gouvernement, serait d'examiner les livres dont ils se servaient; qu'il était prêt à nommer un nombre suffisant de bons théo« logions pour les charger de cette tâche , et que leur rapport le mettrait ainsi facilement en état de prononcer avec justice et vérité sur la doctrine enseignée; mais qu'il ne voulait pas accepter seul la responsabilité d'une affaire si grave et si sérieuse, et qu'il n'oserait prendre sur lui de donner une sentence définitive sur 4^ point avant d'avoir recueilli l'avis de ses vénérables collègues dansl'épiscopat. Que ce qu'il y aurait donc de plus opportun serait, à son avis, la tenue d'un concile national , et qu'il priait en conséquence Sa Majesté de Tautoriser à le convoquer, persuadé qu'il était que par ce moyen seul on parviendrait aisément à rétablir la paix de l'Eglise aussi bien que celle de PÉtiat. Mais, supposé même que l'examen ordonné constatât réellement l'orthodoxie de l'enseignement du séminaire général, il se- voyait néanmoins obligé de déclarer ouvertement et franchement à Sa Majesté qu^il ne consentirait jamais qu'une école de théologie s'élevât à Louvâin sur les ruines des séminaires épiscopaux, à l'exclusion du droit que les évêques avaient de faire enseigner la théologie dans leurs propres diocèses. Qu'encore moins il pouvait abandonner au pouvoir civil les fonctîon& de gardien du dépôt de la foi, et se borner, lui et ses collègues dans l'épiscopat, au titre de surveillant et d'accusateur de l'erreur, ce à quoi semblait restreindre
%%^ LËTTEG m l'ÉVÉQUE
leur sphère d'action le plap nouveau du séminaire gé^ néi'al.
Par ces motifs donc, disait^l encore, il lui serait im« possible, avant la tenue de l'assemblée générale des évèt que^, d'obéir à la seconde dépêche de Sa Majesté et d'en* voyer ses élèves à Louvain ; ce qu'il pourrait d^autant moin^ fs^ire que cette mesure laisserait croire au clei^ et à la nation qu'il avait regu au sujet de cette maison des garanties suffisantes, ce qui était loin d^élre vfai.
« S^rail^l possible,» c'est ainsi qu'il terminait sa lettre (l), «que, sous un souverain juste et ami da It vérité, ceci dût m'altirer de nouvelles disgrâces? Non, Sire, je ne puis le croire, et ma confiance égalen toujours les sentiments du profond respect dont je suis pénétré. Je ne saurais, au reste, dans aucun temps, démentir mes principes, ni m' empêcher de les déve*- Ippper à Votre Majesté avec cette candeur d'âme et tonte la franchise que je lui dois; persuadé d'ailleurs qu'elle ne pourra jamais envisagei^ comme une désobéissance l'impossibilité d'agir contre la conviction intime de ma consciçncej et qu'elle me rendra la justice de mô croire aussi pep capable de faire servir ma consdence de préteiLte, que de la trahir par la crainte de perdre mon temporel. » ..
L'évêque de Namur répondit à Temperenr avec la mémo dignité (2) : « La profonde douleur, » lui écrivaitril le 9 mars, « dont mon cœur e^t pénétré à la vue des en* traves sans nombre qu'on met à l'autorité de répiç** copat et qui le regardent, vient d^étre portée à son
(1) Bee. Xlli,p. 135.
(2) aecXIll, p. 147.
D£ NàMUH. âiS
comblapar la dépêehe da Votre Majeaté en date du 24 da mois dernier, dans laquelle elle déclare que c'eat son ihtQqtiqn absolue que tous les tliéologiensde mon diocèse, qui n'ont pas achevé leur cours d'études, se rendent^ pai^r c^l effet, au séminaire général de Louvain avant te 4iS (iie ce mois; elle me charge en conséquence de loyr faire signifier ces ordres, sous peine de désobéisfiance et de saisie de mon temporel.
«'Dévoué de tout tqmps à mon souverain par le plus profond respect, je ne me suis jamais écarté de Tobéis^ Îi9n0eqtia ma religion et ma conscience me prescrivent. Il ^tfdl donc inutile d'employer les menaces pour ip^O^Uger à remplir ce devoir, dont je me ferai tou^ jours une. loi inviolable, et dont je ne cesserai de dopner l'exemple à mon troupeau. Mais je ne puis le dissimuler, Sire, jamais je ne pourrai rien contre le (levQir de mon ministère et le cri de ma conscience ; autrement cette religion sainte, qui est le priucip^dema spupxjssion, condamnerait elle-»môme cette soumission comme une prévarication manifeste, et Votre Majesté aurait un juste, sujet de me {aire un crime si j'exécutais les o^dr^s dont elle me charge dans la dépêche, et si je coopérai^ à rétablissement de sour séminaire. Non, Sirç, je pe puis démentir le principe qui m'a dirigé dans réloigneoientque j'ai plusieurs fois lénK»igné à Votre Majesté pour l'adoption de cet établissement; j'ai toujours été pçrsuadé qu'il était contraire aux droits inaliénables d^ Tépisqopat, puisqu'il transporte à la puissance civile l'institution et l'instruction des élèves du sacerdoce, ugique et essentiel moyen pour contribuer aux boiis régimes des diocèses, à la fidèle administration des sacrements, et à la conservation et propagation de la
224 PERSÉGUTIOI^S CONTRE
saine doctrioe ; moyens que Jésus-Christ a soumis à ceux à qui il a copfié son Église. »
Le même évéque conseille à l'empereur, peur ter* miner cette lutte, de permettre que ies évêques de Belgique se réunissent en concile national ; et il se flatte, dans Pattentede cet heureux moment, que la religion et la piété de Sa Majesté l'empêcheront de sévir contre un évéque qui ne suivait que le inouvement de sa conscience, et ne cherchait que les moyens de la tranquilliser. «^^ -* -;
Les évêques dTpres (1). et de Bruges mamlàjiMlA l'empereur qu^ils avaient satisfait à ses ordres, les avaient communiqués à leurs élèves ; mais j testèrent en même temps le plus énergiquem^nt possible que cet acte d'obéissance n'impliquait de leur part aucun consentement à la suppression de leurs sémi^ naires, et bien moins encore aucune approbation da séminaire général. Us renouvelaient en même temps toutes leurs protestations antérieures contre cet institut.
Les élèves du diocèse d'Anvers , lors de la fermeture violente de leur séminaire, avaient pris la fhite; Qt, pour ne pas compromettre leur évéque aux yeux de l'empereur, ils n'avaient pas fait connattre à celui-là le lieu où ils s^étaient provisoirement retirés»* Ce prélat exprima en conséquence au prince sa douleur de ne pouvoir communiquer ses ordres aux jeunes séminaristes, et lui fit observer en même temps quUI se dirigerait dans cette affaire uniquement d'après la conduite du cardinal lui-même, son vénérable métropolitain , dans
(1) Bec. XIII, p. 158-165.
l'espérance que cette manière d'agir ne serait pas interprétée comme une désobéissance ou un manque de soumission à la volonté impériale, à laquelle d'ailleurs il ne voulait opposer que ses représentations respectueuses et ses constantes prières. « I^otre conduite (1)^» c'est ainsi qu'il termine sa lettre du ISonarSy « a été en tout conforme à ces sentiments. Lorsque l'on a fait sortir mes jeunes clercs de leur séminaire, ils obéirent tous sans murmurer, sans embarras. Bt./:^V06 lois, Sire, peuvent-elles demander quelque qt^^^de plus ? Ne suf&t-il pas qu'elles soient obéies? ;r]||||î)^fM|^lles vouloir forcer Topinion , la persuasion, 1l| jQ^Tiction intérieure? Votre Majesté, qui a annoncé à tout Tunivers des principes d'une tolérance uni* verselle, exceptera-t-elle de sa loi les évéques catholiques seuls, les seuls ministres des autels? Non, elle ne voudra pas les forcer d'agir contre leur persuasion, contre leur conscience. »
Alors se déchaîna une tempête de persécutions contre le vénérable chef de l'Église belge. Les hommes qui étaient à la tête de la commission ecclésiastique de Bruxelles ne négligèrent aucun moyen pour se venger de lui de la manière la plus sauvage. Le comte de Trauttmansdorff, leur aveugle instrument, lui adressa, le 5 mars, une lettre dont on trouverait peu d'exemples dans les annales de l'Église, pas même dans les temps les plus déplorables et les jours de Tarianisme,, cette hérésie dont l'unique soutien était le glaive. Voici cette lettre , où la colère supplée à la grammaire (â) :
(t) Rec. XIII, p. 152.
(2) Rec. XllI, p. t35.
« €ommô la conscience de Y . E;, » c'est ainsi qoMl s'exprime, « allègue sans cesse, depuis 1789, une raison qui lui donne assez de courage pour désobéir de la façon la plus soutenue et la plus marquée à son souverain , elle lui en donnera également assez sans doute pour résigner entre les mains de Sa Majesté des dignités qui la mettent dans la cruelle alternative d'être infidèle à son souverain, ou à cette conscîeDce qu'elle laisse si aveuglément diriger.
« C'est cette démarche qui prouvera à l'emperdur et à tout le pays, qu'on instruira légalement de ce que vous ferez ou ne ferez pas à cet égard, en combien de circonstances de votre conduite cette raison ne vous sert que de prétexte.
« Cest cette démarche aussi qui est l'unique moyen d'éviter le scandale que Votre Émînence va donner, si elle m'oblige, en ne se rendant pas de bonne gr&ce et au jour marqué à Louvain, d'exécuter d'abord les ordres de Sa Majesté, ordres terribles qui effectueront la même chose avec plus d^éclat et dont les circonstances sont sans exemple , ainsi que l'est aussi la désobéissance par laquelle Votre Éminence se désigne ellemême comme victime qui doit être immolée à la juste vengeance de Tèmpereur, etc. »
Le cardinal lie crut devoir répondre à ces menaces iinpertihentes que par un billet laconique ainsi cotiça : ce En proposant simplement dans ma représentation ces moyens, les seuls efficaces pour remplir le but de Sa Majesté à Tégard de la déclaration qu'elle désiré, je ne crois pas avoir refusé de me rendre à Louvain, comme effectivement je m'y trouverai demain au soir, jour fixé. »
LE CàRDINAL. 327
Cette conduite ferme du cardinal ne surprit pas peu le ministre, et le remplit même peut-être d'une juste honte. Il changea aussitôt envers lui son langage hautain, et lut exprima (1) le même jour toute sa joie au sujet de sa résolution de se rendre à Louvain pour l'affaire en question* H lui mandait en même temps qu'il avait chargé non-seulement les professeurs, mais aussi le recteur du séminaire général, de lui fournir tous les édaircissements désirables au sujet de l'enseignement théologique, des livres classiques qui servaient aux cours, et de tout le système disciplinaire de l'institut, afin qu^il fÙt ainsi mis en état de pouvoir porter un juste jugemeut sur l'orthodoxie de ce même enseigne* ment, sans avoir besoin d'assister aux cours; II se flatte^ râcore, dit-il, qu'après avoir correspondu sûr ce point aux désirs de Sa Msgesté, il étendra aussi sans doute cette soumission jusqu'à renvoi des jeunes théologiens de son diocèse au séminaire général pour le jour fixé*
Le cardinal se rendit eu effet, le 8 mars, à Louvain^ accompagné de MM. Romuald-Jacques Van-Rymenum, dianoine et officiai du chapitre métropolitain de Ma- Unes, et J^eph-Hippolyte Duvivier, son secrétaire intime, tous les deux prêtres aussi distingués par leurs vertus que par leur science.
Dès le 10 mars, il commença son examen, et prô-* posa d'abord aux professeurs les deux questions sui^ vantes :
« i* Les êvêques ont-ils de droit divin {c^esuà^dire^ en vertu du pouvoir que Jésus-Christ leur à donne) le pouvoir d'enseigner et d'instruire, en tout temps, par
(1) Rcc. XIII, p. 137.
228 EXAUBN FAIT PAR
eux-mêmes ou par d'autres, non-seulement en feisaot le catéchisme et en prêchant , mais aussi en enseignant la théologie à ceux qui aspirent à rétat^ecclésiastîque?
ce 2^ Ce droit peut*il être empêché on restreint par la puissance séculière ?»
Ces deux questions, aussi inatt^dues qu'habilement choisies, devaient trancher le nœud gordien de cette cause. Ces hommes incrédules et corrupteurs de la jeunesse catholique en sentirent toute la portée et jetèrent lés hauts cris. TrauttmansdorfF, à leur instigation, écrivit, dès le jour suivant, 11 mars, au cardinal la lettre suivante, délicieuse de naïveté et. d'abandon grammatical (1) : « Mon cousin , ayant appris avec udb surprise extrême les deux questions que vous avez proposées hier au professeur de }a pastorale , Tabbé Dillen, je vous fais la présente (sic) pour vous dire que ces questions ne. faisant pas partie de l'enseignement, et ne pouvant ni ne devant entrer dans l'objet de votre mission, qui se borne à examiner si la doctrine qu'on enseigne à Louvain est orthodoxe ou non , j'ai interdit tant audit professeur qu'à la faculté dei répondre à ces deux questions, comme à toute autre étrangère à l'objet sus-mentionné, pour lequel seul vous aviez été envoyé à Louvain. »
L'ineptie du ministre impérial, qui s'entendait probablement mieux à la guerre qu'à la théologie, est moins surprenante assurément que l'effronterie des professeurs qui lui dictèrent cette stupide réponse.
Le lendemaiq , le cardinal répondit avec dignité et directement à l'empereur (2) : « Sire, les deux questions
(1) Rec. XIII, p. 141.
(2) Rec. XÏII, p. 142.
que j'avais proposées au professeur Dillen, de même qu'aux autres professeurs désignés pour enseigner lès élèves du séminaire général, tiennent évidemment au dogme, par conséquent regardent incontestablement l'enseignement ; la seconde est une suite nécessaire de la première. Il me serait donc tout à fait impossible de pouvoir avouer la pureté de la doctrine qu'ils enseignent et leur orthodoxie personnelle, s'il né leur était pas permis de s'expliquer clairement et en toute liberté sur des points aussi importants, par lesqpels j'ai cru devoir commencer : ces points ayant été jusqu'à cette heure les principaux objets de toute humble représentation que j'ai pris la liberté de mettre sous les yeux de Votre Majesté sur cette matière, et sur lesquels je devais être avant tout apaisé. »
Trauttmansdorff , intimidé par cette noble réponse, ordonna aussitôt à l'abbé de Mazière, doyen de la fa« culte théologique, de résoudre les questions du cardinal. Cet homme, à l'âme janséniste, courtisan du pouvoir et traître à l'Église, répondit donc au nom de ses collègues 9 qui partageaient sa manière de voir, dans les termes les plus équivoques, les plus contradictoires et les plus étrangers à la question (i) : Qu'il n'était douteux ni pour lui ni pour ses collègues que 1^ évéques pussent, en vertu du droit divin, instruire et catéchiser leurs fidèles; mais qu'il était vrai aussi que le souverain pouvait, pour de justes motifs, ordonner que les jeunes élèves qui se destinent au sacerdoce dussent préalablement faire leurs études, pendant un certain temps, dans quelque université. Et que, comme
(1) Rec. XITI, p. 145.
les question^ proposées par le cardiDal semblaient avoir uniquement rapport au séminaire général, ils croyaient, en conséquence, pouvoir répondre qu'il était hors de doute que les évéques non-^seulement pussent en conscience envoyer les élèves de leur diocèse dans cette académie, mais encore qu'ils y fussent obligés; d'autfmt plus qu^il était notoire que les étude» s'y faisaient mieux que dans des écoles privées , savoir^ les séminaires épiscopaux ; qu'on y enseignait les dogmes catholiques dans toute leur pureté, et que les évéques pouvaient y exercer la pl^ne surveillance, oonformément à leur droit.
TrauttmansdorfT envoya au cardinal, avec un air triomphant, cette réponse, chef-d'œuvre de maliœ et de déraison, en lui observant avec bonhomie que, bien qu'il eût fait officiellement aux membres de cette faculté, au nom de l'empereur, défense de répondre à ces questions captieuses et qui n'avaient point de rap« port avec la mission du cardinal, il les avait cependant, par un excès de condescendance, officieusement invités à lus résoudre; et qu'il espérait ainsi que Son Émi« nence verrait ses scrupules entièrement dissipés par cette aolntion, qu'il lui envoyait aussi sans lui donner aucun caractère officiel, mais par un rare trait de bonne amitié. Il rappelle de nouveaa Frankenberg au but de son séjour à Louvain ^ et continue en ces termes (1); « Voilà ce que veut l'emftoreur, pour faire cesser une bonne fois l'insulte faite à sa personne, en inquiétant le public et en mettant en doute les sentiments, les principes en matière de religion. Sa Majesté le vent si
(1) Rec. XIII, p. 143.
LE CiWRDimL. 33i
absolumeuty que je vous prévienSi moDsieur le cardinal, que vow ne pourrez quitter Louvain avant que d'avoir entièrement rempli les intention^ souveraines à cet égard. Vous jugerez de là qu'il ne peut et ne doit s!agir d'aucune question étrangère à ce seul^ objet, et que tourte démarche de votre part qui tendrait , soit a pro^ longer la besogne pour laquelle vous avez été mandé dans cette ville-là, soit à retarder on, embarrasser 1q déclaration formelle que Sa Majesté veut que vous fassiez, ne pourrait qu'ajouter à la juste animadver*sioa de Tempereur, et me mettrait avec d'autant plus de raison dans la nécessité de faire cesser la suppres-* sion des ordres rigoureux à l'égard de Votre Éminenee, que yous ne pouvez pas vous dissimuler l'inOuenoe de votre exemple, de votre contenance; que les diffi* cultes que vous annoncez à tous égards sont la seule cause qui arrête,, de la part des religieux et des autres ecclésiastiques séculiers, la soumission qu'ils doivent indistinctement aux ordres du monarque, et que par là vous vous rendez responsable de tous les maux qiû résulteraient pour eux d'une désobéissance aussi formelle que soutenue, et sans e:|emple. J'espère quq Votre Éminence, en donnant une suite sincère et prompte à ce que je viens de lui mander, Qu'épar-* gnera la fâcheuse nécessité d'exécuter d'abord les résolutions sévères et éventuellement prescrites par Sa Majesté, comme j'en ai prévenu Votre Émineuce par une lettre confidentielle du 6, qu'elle voudra bien regarder comme insérée dans la présente. »
Lç cardinal «e prit, comme on devait s'y attendre, aucune connaissance de cette communication purement confidentielle, et se plaignit au ministre d^ la conduite
illégale qu'on s'était permise envers Im, et qui* rendait illusoire sa mission à Louvain. Il lui observa, en outre, que 8i Ton s'en était tenu consciencieusement aux termes de la dépêche impériale du 4 mars, il lui aurait été possible de se procurer tous les éclaircissements nécessaires pour pouvoir décider si l'enseignement des professeurs était orthodoxe ou contraire aux véritahles principes de l'Église catholique, «c Gar^ » ajoutsdt-il (1), oc l'ens^eignement de l'Église catholiqiie ne comprend pas seulement certains points doctrinaux, mais tout le corps de la doctrine orthodoxe : tout ce qui regarde le dogme porte sur un point indivisible; et; n^étant pas orthodoxe sur un article , on cesse de l'être sur tous les autres. Gonséquemment, il me sera absolument impossible de donner, en faveur de Técole de Louvain, la déclaration d'orthodoxie dont il s^agit, aussi longtemps qu'il sera défendu aux professeurs de me répondre clairement et catégoriquement sur tous les peints de la doctrine catholique , sur lesquels je croirai devoir les interroger.
«( Je ne dissimulerai pas à Votre Excellence la douleur, la surprise que m'a causées la réitération des menaces contenues dans sa lettre du 6 mars, qui n'ont influé en rien dans la démarche que j'ai faite en me rendant à Louvain, et la supplie de se convaincare de rinutilité de ces moyens, qui né m'induiront jamais à manquer à Dieu dans le plus important de mes devoirs, et à mon souverain, lorsqu'il m'ordonne lui-même de lui déclarer la vérité. »
Pendant ce temps-là, le gouvernement, pour donner
(1) Wec. XIII, p, 146.
LE CÀHBlNiL. 233
une marqae de son dédain profond pour lés réclamations de Tépiscopat, des étate, du clergé et da peuple, nomma recteur du séminaire général l'abbé Baillet , prêtre de nom y mais initié aux secrets de la perverse philosophie et de rincrédulité du jour, et défenseur ardent du jansénisme. Cet homme eut l'audace d-annoncer sa nomination par une lettre orgueilleuse^ en date du IS mars, adressée à tous les évéqbes j et de les engager, avec un langage presque impérieux, h Faider de leurs conseils dans la direction de cet établissement.
Le gouvernement choisissait , pour jouer cette impertinente comédie , le moment où toute la nation , les yeux fixés sur ses premiers pasteurs, attendait avec anxiété l'issue de cet héroïque combat, soutenu pour la défense de la foi catholique.
Ce même gouvernement continuait d'abreuver d'injures le cardinal. Il lui enjoignit, par un décret impérial en date du 24 mars , de rendre compte de ce qu'il avait fait jusqu'alors à Louvain, et de lui faire savoir , par anticipation , quel sens aurait sa déclaration prochaine. A cette absurde demande celui-ci répondit (1), le 26 du même mois , avec force et dignité, en se bornant à rappeler en général les principes exposés dans sa lettre du 15 mars, et demandant de nouveau la révocation absolue de l'injonction faite aux professeurs de ne pas répondre à toutes les questions qu'il croirait devoir leur faire dans l'intérêt de la vérité. Il ajoutait qu'autrement il lui serait impossible de donner la déclaration demandée ; qu'il lui était douloureux, d'aiJ-
(1) Rec.XIII,p. 157.
234 EXAlffiM FAIT PAR
leurs , d'avouer que renseignement de- cette école lui paraissait déjà à bon droit suspect, mais qa'il ne pouvait fixer d'avance Tépoque oii il lui serait possible da donner une déclaration positive, complète et appajée sur des faits.
Trauttmansdorff et les messieurs de Louvaib entrèrent en fureur à cette réponse si raisonnable^ quelque prudente et modérée qu'elle fût; et, afiu de pouvoir mieux intimider cet illustre prélat, ils s'y prirent d'une manière qui dévoilait bien la profondeur de leur mt« lice : ils lui écrivirent donc, au nom de l'eœpereor, une lettre supposée, insultante au delà de tonte expression, en vrai style de troupier, et ainsi conçue (1) :
« Sur le compte qui m'a été rendu de la réponse que vous avez faite , le 26 de ce mois , à oia dé|)écbt du 24, ainsi que de la lettre y réclamée que vonsava écrite le 1 ë à mon ministre plénipotentiaire , je vous fais la présente (sic) pour vous dire que je suis Irèfrscandalisé, comme tout le monde doit l'être f des sub* terfuges dont vous usez, depuis votre arrivée à Loii« vain , pour retarder et embarrasser la déclaration qae j'exige de votre ministère, à l'effet de m'apaiser , ainsi que le public, sur la calomnie qu'on a sourdement et vaguement contre la pureté et l'orthodoxie de l'enseignement de la faculté de théologie ; calomnie dont je ne pourrais vous envisager que comme le fauteur et vous traiter en conséquence {sic)^ si vous ne.voos empressez de vous expliquer sans détour sur cet enseignement , soit en le reconnaissant orthodoxe , ou en individuant les points de doctrine sur lesquels il ne le serait pas. »
(t) Bec. XIII, p. 160.
Jamais on n^avail peut-être abusé d'aune manière plas révoltante du nom et de l'autorité de Joseph II. Un homme privé aurait rougi et se serait fait conscience d'écrire une semblable lettre à un de ses subordonnés, et plus encore à Tun de ses égaux; mais tel était le malheur de ces temps , que des prêtres ignorants et indignes, protégés par des ministres qui, à leur exemple, professaient l'incrédulité régnante de ces jours mauvais, et honorés par eux du titre de professeurs du clergé et du peuple, se jouaient ainsi de tous les droits divins et humains, foulaient aux pieds ceux de l'épiscopat comme ceux du souverain, et conduisaient ainsi TÉglise et l'État dans le même gouf« fre de perdition. Les princes étaient tellement aveuglés alors , qu'ils favorisaient ces corrupteurs de Thumanité ; ils prirent un plaisir stupide a leur voir déchaîner leur fureur contre Tautoritéde l'Église, et ilsleslais?> seront faire jusqu^à ce que ceux-ci eussent, avec la même, impiété, sapé les fondements du trône. Telle est la vraie cause pour laquelle , de nos jours , nous avons vu le jugement de Dieu éclater d'une ma* nière si terrible contre les grands de la terre,r tandis que celle qu'ils voulaient humilier et à laquelle ils avaient cm imposer de si lourdes chaînes , l'Eglise , malgré cette guerre impie, s'est redressée victorieuse, et , toujours jeune et libre, poursuit sa divine mission^ marchant de triomphe en triomphe sur les ruines des sociétés humaines, ruines qui sont l'ouvrage, pour la plupart, de l'imprudence et de Timpiété des rois.
Quel grand el admirable langage que celai de Fran* kenberg en face de ses persécuteurs (i) !
(1) Rec. XIII, p. 164 et suîv.
236 exameIn fait par
« Si je devais, » répondait ce magnankne pontire à l'empereur, le 3 avril, « attribuer à la personne de Votre Majesté les choses désagréables et flétrissantes pour ma réputation qui se trouvent dans la dépêche du 30 mars, mon unique recours serait la patience, le silence, et la consolation que j'aurais d'avoir été trouvé digne de souffrir pour Jésus-Christ, dont je crois défendre la cause. Mais je ne saurais croire que Votre Majesté ait pu me prêter par sa connaissance particulière les imputations que contient cette dépêche, après qu'elle a examiné mûrement tous les actes relatifs à mon séjour à Louvain , si quelques faux rapports ne lui eussent fait porter un jugement aussi désavantageux sur ma conduite.
a Votre Majesté recevra , j'espère, ces observatioDs avec d'autant moins de mécontentement et de défiance, que je la puis assurer que cette manière de traiter qq évêque dans le moment même où il remplit le devoir le plus important de son ministère avec tout le zèle et la discrétion que la chose exige , est le moyen le plus efficace pour perpétuer l'alarme générale, et compléter rimpossibilité de rétablir la confiance publique.
a Au reste, pour convaincre Votre Majesté que la captiosité, les tergiversations, ni aucunes manœuvres de ce genre , moyens toujours indignes d'un homme d^honneur, et à plus forte raison d'un évêque, moyens, d'ailleurs, parfaitement inconciliables avec lés vertus personnelles que Votre Majesté veut bien reconnaître en moi, n'ont eu aucune part à la conduite que j'ai tenue depuis mon arrivée à Louvain , j'ai recommencé l'examen de la doctrine qu'on y enseigne , quoique là défense adressée aux professeurs de cette école ne soit
révoquée par la dernière dépêche qu'en termes si obscurs et si équivoques, que j'y aurais trouvé d'anaples moyens d'insister sur la surséance, si j'avais été réellement guidé par les motifs qu^on me suppose.
« Je supplie itéra tivement Votre Majesté de ne pas se laisser prévenir davantage par des rapports désavantageux sur la conduite que je tieus ici depuis le jour que j'y suis arrivé, et de se persuader du peu d'intérêt que je trouverais dans des tergiversations et des défaites ^ qui, dans tous les cas, seraient sans motifs, puisque je crois avoir assez manifesté jusqu'ici mes dispositions^ pour que tout le monde soit à même d'avouer que les cousidérations humaines et particulières ne m'ont point touché, ayant jusqu'ici sacrifié mon repos et ma tranquillité à la loi du devoir.
« J'espère que l'intention de Votre Majesté, en m'ordonnant de ne pas quitter Louvain avant d'avoir prononcé sur l'orthodoxie de la doctrine qu'on y enseigne, ne s'étend pas jusqu'à me défendre de me rendre à ma métropole pour y remplir les devoirs de mon ministère pendant la semaine sainte et les fêtes de Pâques ; sur quoi je prie humblement Votre Majesté de me faire connaître ses ordres, ainsi que le jour où je devrai être de retour à Louvain. »
Le cardinal continuait pourtant son examen sans relâche; il proposa plusieurs fois aux professeurs, à difTérentes reprises et à des intervalles inégaux, diverses questions auxquelles ils devaient répondre dans des écrits revêtus de leurs propres signatures. Il ne sera pas sans intérêt de placer ici ces questions, suivant leur ordre chronologique.
(Lelayril.)
1^ En quoi consiste la primauté du soqverain pontife?
2^ Le pape a-t-il de droit divin la puissance de juridiction sur toute TÉglise et sur chaque évéque en particulier?
3^ Â qui appartient Tinterprétation authentique des canons des conciles généraux ?
4** L'Église a-t-elle un véritable droit d'exercer le pouvoir coercilif extérieur ?
5® L'Église est-elle dirigée par l'assistance infaillible de l'Esprit-Saint, non-seulement dans la définition des dogmes , mais encore dans ses décrets en matière de morale et de discipline ?
(Le7aTrîI.)
l'' Dans le cas d'un conflit sur le sens du canon, en matière dogmatique, d'un concile général, appartientil au souverain pontife de l'interpréter ? et faut-il s'en tenir à son interprétation jusqu'à ce que l'Église en décide autrement ?
2^ Est-ii permis d'enseigner ou de défendre une doctrine que le souverain pontife a condamnée ou anathématisée comme erronée ' schismatique et méaie hérétique, lorsque l'Église ne réclame pas contre sa définition ?
3° Le saint-siége apostolique est-il le vrai centre de l'unité, et peut-on accuser de schisme une Église quelconque qui se sépare de la communion d'un pontife romain légitimement élu , et auquel adhèrent les autres Églises du monde chrétien ?
4° L'Église peut-elle errer, et, par suite, introduire
LE GARDIMAL. S39
dans «on sein une forme de goavernement différente de celle qui fut instituée par Jésus-Christ ?
8** Les évêques peuvent-ils, sans avoir reçu une faculté spéciale du saint-siége apostolique ou de rÉglisej abroger 1^ lois de l'Église universelle, établies dans on concile général ou autrement , faites pour le salut des fidèles, et consacrées par un long usage ?
6^ Est-il de la compétence des évéques de juger de la science requise et suffisante de ceux auxquels ils confient la cure des Âmes, et de choisir ou délégua à cette fin des examinateurs ?
(Le ISayril.},