‹ Jean Henri comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines ... et sa lutte pour la libertéChapitre 46 sur 58 · BU PAMPHLET · texte numérisé non relu

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mois après son érection } les élèves préférant de quitter plutôt cette Babylone .^t l'état ecclésiastique, que d'y passer cinq ans en oisiveté sous ces directeurs scaa^ daleux et schismatiques : 151® absurdité.

a Enfin, ce qui met le comble à toutes les absurdités et qui en augmenterait le nombre à l'infini, sont les grossières et éternelles contradictions qu'offrent les différents diplômes qui font l'objet de Cet opuscule. Citons^n quelques exemples : partout on y étale avec ostentation le désir de réformer les abus , de corriger les vices, d'introduire la vertu, le bon ordre, la pureté des mœurs , la piété la plus solide et la plus exemplaire; et, sous cette couleur de réforme, de piété, de régularité, on renverse l'ordre, la régularité, la discipline, on tente de corrompre les mœurs; on abolit, on détruit la véritable et solide piété avec les moyens qui la nourrissent et Tentretiennent , on la sèche jusque dans la racine; on veut l'unité de doctrine, et l'on se sépare du centre même de l'unité, en brisant tous les liens qui attachent les chrétiens à l'Église de RoAie^ la mère de toutes les autres, et hors de laquelle il n'y a ni salut, ni doctrine salutaire, ni foi véritable et divine. L'on sait que la prédication de l'Évangile, l'administration des sacrements, le soin du culte et la dis^ cipline appartiennent de droit divin à l'Église, et tout de suite on lui enlève tout cela, en soumettant les mandements et les instructions pastorales des évéques à la censure du gouvernement, en supprimant les séminaires épiscopaux pour élever sur leurs débris tin séminaire général, où l'on enseigne une doctrine condamnée par l'Église. On ôte aux évéques la connaissance des causes matrimoniales, pour la transportet* à la cour

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séculièi^y au plus grand mépris de la coâr ecclésiafttique; on fait du Bacrement de mariage ub sacrement ci vil. et naturel. On fait serment de protéger tous lei citoyens et de les maintenir dans toutes leurs possessionB, ioutes leurs propriétés, tous leurs droits, et Ton sapprime saos la moindre forme de procès un grand nom* bre de . maisons religieuses des deux sexes , en tear enlevant tous leurs biens, meubles et immeubles, jos* qu'à leur ôter leur existence, qui leur est Assurée par le droit naturel et divin, ainsi que par les lois fonda^ mentales de ce Pays^as autrichien. On supprime les monastères de filles, ces chastes, épouses de Jésus- Christ ; on recommande expressément aux exécuteurs de cette opération délicate d'y procéder avec autant de décence que de dignité, et on leur déclare en même temps qu'ils ne doivent pas se laisser imposer par la loi de clôture, qui frappe les violateurs des plus terribles anatfaèmes de TÉglise. On la viole done hardiment, sans aucun respect, cette vénérable clôture ; on entre impudemment dans l'héritage du Seigneur, on an arrache avec violence et sans pitié les yierges qui s^y étaient youées par les liens le3 plus sacrés ; et, en dé^ pit de la prétendue décence et dignité^ malgré les sanglots, les frémissements et les larmes les plus pressantes, on les dépouille de leurs habits pour leur en faire prendra de profanes ; qu renverse leurs tabernacles, de même que les châsses de leurs saints, sans aucune considération pour les ossemçnt» précieux qu'elles contiennent; on vend leurs effets, on jette danff le creuset leurs vases sacrés^ qui put renfermé tant de fois le corps adorable de Jésus-Christ, et servi à nos plos redoutables mystères; on convertit leurs monastère», ces ma-

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auments respectables de la piété libérale de nos aïeux, en théâtres et en élables, et on engouffre dans un coffre le produit de cette vente sacrilège, qu'on ne rougit pas d'appeler caisse de la religion, et qui serait mieux nommé un gouffre terrible des plus sacrilèges vols et rapines. On disperse en conséquence les ossements des saints : on persécute mille innocentes victimes, - qui orient pour demander vengeance au ciel, non de dessous l'ombre des autels dont elles ont été chassées, mais de tous les lieux de leur exil, où ces chastes colombes gé-^ Doiissent tristement , et ne cessent de faire monter jusqu'au trône de l'Éternel leurs voix plaintives , leurs cris perçants, leurs lugubres et lamentables accente.

- « Mais tranchons sur une suite, de scènes plus affligeantes ies unes que les autres et trop pénibles. J^ai rempli ma tâche ; il ne me rosle plus qu'à former ua vœu aussi ardent que sincère, en confondant ma voix avec celle de tous les peuples belges : Fasse le ciel qu'à Ja vue de cette foule de diplômes si absurdes et si contraires à toutes les lois de la raison , de la nature, de la sagesse, de Thuoianité, de la clémence, de la rosiigion, le prince sous lequel on n'a pas craint de les f#ire paraître reconnaisse enfin l'étrange surprise qu'on êr faite à sa belle âme et à la bonté de son cœur, ainsi qu'à la pureté de ses intentions et à son extrême ardeur pour procurer le bonheur de ses sujets! Qu'il reconnaisse cette surprise étonnante ; que pour en réparer les suites funestes il remette toutes les choses sur le pied où il les trouva lors de son ayénement au trône, sans craindre de corrompre et d'avilir sa dignité en revenant sur ses pas* Non, non, un prince qui a le courage de redresser et de rectifier ses fausses déioar-

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ches n^avilit point sa dignité; il prend au contraire l'unique moyen qu'il ait de la rehausser, de Tillostrer et de la rendre brillante , en lui donnant un nouvel éclat, d'autant plus vif qu'il est plus pur et plus ^lu^* taire, par ses douces instances et la Victoire qti'il rem-' porte sur lui-même; ce prince vraiment magnanime lui attire plus de gloire que ne le feraient mille ennemis vaincus en marchant tristement chargés de fers devant le char triomphal de leur vainqueur; Anges tutélaires de l'empiré germanique, priez, sollicitez, faites instances, veillez, apportez tous vos soins , n'onbliez rien, mettez tout en œuvre pour inspirer efficacement des sentiments si nobles au monarque qui en manre les rênes avec tant d'activité, et pour Ini faire bien comprendre qu'en sMncliuant il rehaussera sa majesté, étendra ses royaumes , reculera les bornes de son empire aux yeux de Dieu et des hommes, bien davantage que si, par les plus glorieux exploits, il venait à abdis' séria Sublime Porte à ses pieds, et à rentrer dans son antique héritage en repoussant le croissant dans tes plages asiatiques. »

Mais ce fut en vain que retentirent toutes ces nobles voix : elles ne trouvèrent aucun écho. Des événements de plus eu plus menaçants semblaient se préparer; lé mécontentement religieux marchait de front avec la mésintelligence politique , et le gouvernement faisait, sans aucun ménagement, une guerre de plus en plus acharnée aux institutions religieuses et politiques de Ta province. Enfin Tindignation monta à son comble lorsque l'empereur , par un décret du 16 juin, supprima le conseil souverain de Brabant et la Joyeuse entrée. La nation fut blessée au cœur par cet acte des-

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