‹ Jean Henri comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines ... et sa lutte pour la libertéChapitre 47 sur 58 · PRIÈRES PUBLIQUES INTERDITES · texte numérisé non relu

PRIÈRES PUBLIQUES INTERDITES

tracteur de cette constituUon, palladium de ses libei^ tés, laquelle portait rempreinte d'une antiquité véloérable, et, bien qu'elle ne fût qu'une imparfaite ébauche de constitution civile , était néanmoins profondément enracinée dans Tespritd'un peuple à qui elje rappelait les grands jours de son antique gloire.

De ce moment le clergé et le peuple se réunirent plus fréquemment au pied des autels pour implorer le Seigneur, afin qu'il daignât éclairer l'esprit di^ souverain trompé 9 et conjurer, pendant qu'il en était teiQps encore, la tempête qui allait, conformément aux prçfonds desseins de l'Éternel, s'élever contre le trône, et semblait menacer de le briser si l'empereur ne mettait promptement un terme à l'audace et à l'iniquité de ses persécuteurs de l'Eglise et de ces démolisseurs des institutions patriotiques. Mais ces hommes pourj^iiir valent toujours leurs attentats contre l'Eglise de Dieu ^ les pieuses prières du peuple furent considérées comme un moyen de favoriser la révolution, et par suite sévèrement interdites.

« Il n'est que trop copnu, » c'est ainsi que s'exprimait le gouvernement de Belgique dans une lettre circulaire du 15 octobre, adressée au nommais à l'insu de l'empereur à tous les évéques de la province(l); « il n'est que trop connu que le public séduit abuse des meilleures choses ; nous en avons un exemple réceut dans les exercices publics de dévotions extraordinaires et inusitées que l'on se permet dans plusieurs diocèses de nos provinces de Belgique, sous le prétexte frivole de prétendues calamités dénuées de toutes apparences^

(i) Rec. XV, p. 208.

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et que la religion serait en danger. Asstirés de la pu* reté de. ne» intentions snf la conservation de la foi et sur la protection que nous devons au maintien delà religion et de l'État, et ne pouvant nous dissimuler que de vaines clameurs sur la religion ne sont, dans les circonstances actuelles , que des masques pour déguiser d'autres desseins criminels et attentatoires aux droits de notre couronne, nous avons résolu de mettre, une bonne fois, fin à un si grand désordre et d'y opposer toute notre autorité. En conséquence , nous vous ordonnons expressément de défendre, dans tontes tes églises de votre diocèse soumises à notre domination , toutes messes solennelles extraordinaires, avec oti sans collectes particulières, sans distinction ni res* triction y ainsi que toute espèce de dévotion publique qui sort des rubriques ordinaires du culte jouraalîer de chaque église; vous chargeant de demander une per* midsfon expressé de notre part toutes les fois que vous croirez qu'il s'agira réellement d'implorer, par des prières extraordinaires, les secours de la diviner puis^ sance pour le plmf grand bien 'de la religion et de l'Etat.

<c A tant, trèsHPévérend père en Dieu , cher et féal , Dieu vous ait en sa sainte garde ! »

C'est ainsi qu'on agissait envers une nation qui donnait au monde cet exemple que lui donne aujourd'hui la grande et malheureuse Irlande, l'exemple d'un attachement plus grand encore pour sa foi que pour sa liberté même ; et cela dans le moment terrible où la révolution voisine élevait déjà si audacieusement sa tête, et menaçait d'engloutir la religion et le trône à la fois! : -

Gë fot le premiet* ëigna) d'un ébranleident universel en Belgicfue. Et qui pourrait en être surpris? Là bannière de la liberté flotta dana tous ]ea tillageâ ; tiêin w fut capable de ralentir Télaii du pedple^ élan d'autant plas puissant qu'il était uniquement oôCaslonûé par les Tiolences sauvages exercées contre la religion paf; le gouvernement. Ce fut eti vain que le comte Altoti^ général en chef des tronpes impériales , s'efforçs dô comprimer le mouvement par les mesures les plds* énergiques; ce fut en vain même que^ le 86 octobre de cette année 1789^ il lança une prodamatioh^ dans laquelle il menaçait de mettre en cendres tout Tillage et toute bourgade où Ton oserait arborer le drapeau de larébellion^ et opposer une résistance qnd^conque aux troupes de l'empereur. La violence est surtout inutile dans les guerres qui se font pour la dé»-' fense d'un principe enraciné dans la conscience déspeuples.

Le vénérable primat de la Belgique devait être le' premier à sentir tout le poids de la yengoance du gou<^. vémement. En présence de ce soulèvement général dd pays, et lorsqu'il vit que les patriotes brabançons étaient déjà entrés dans les Provinces-Unies ^ il- quitta Malines et se retira dans un endroit sôr et solitaire, à la campagne, sans donner connaissance du lieu de sa rttraite au gouvernement, ni même à ses amis les plus proches et les plus intimes. Le comte de Trauttmans^ dorff lança en vain contre lui un mandat d'ameùer inutile, et plus intempestivement encore publia, le 28 octobre, dans un véritable accès de fureur, une lettre dans laquelle il chargeait ce prélat des injures les plus révoltantes, et l'accusait ouvertement d'être l'unique

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auteur de la révolution de Belgique et Tun des principaux chefs de la conspiration contre rempereur. Il lui annonçait en même temps qu'il avait encouru la disgrâce entière de Sa Majesté, et qu'étant dépouillé de toutes ses dignités civiles, il eût à lui envoyer les insignes du premier ordre de l'empire, dont il avait été revêtu naguère, et le diplôme de sa nomination au rang de conseiller d'Etat. Cette lettre, aussi impolitique qu^indigne, se répandit dans tout le pays, peut-être par les soins du gouvernement lui-même, avec la rapidité de réclair, et fit monter à son cqmble la fureur des citoyens.

- A peine l'illustre prélat eut-il pris connaissance de cette lettre par les feuilles périodiques , qu'il travailla aussitôt à se justifier de ces calomnies lancées gratuitement contre sa personne, et envoya au ministre la lettre suivante (1) :

« Votre lettre du 28 octobre , >) lui écrivait-il , « qui ne m'est pas parvenue , mais que j'ai vue dans une feuille publique, m'a causé autant d'indignation que d'étônnement. Quoi! parce que j'ai cherché un asile pour me mettre à l'abri des menaces réitérées que vous m'aviez faites à moi'-même , de me faire enlever pour m^envoyer en Styrie (menaces non-seulement répétées à.mon secrétaire, mais qui m^ont été confirmées encore en dernier lieu par le conseiller de Gouban), vous en inférez, sans balancer, que je suis un des principaux chefs de Tinsurrection qui s'est manifestée sur les frontières des Provioces-Unies!

<i Avez- vous bien réfléchi à l'injure atroce que vous

(1) Rcc. XV, p. 19.

A TRADTTMANSDOKFF. 277

me faites par une telle supposition, dépoûrvuede tout fondement? Je prends le €iel et la terre à témoin que je n'ai jamais eu aucune part ni influence quelconque à cette insurrection : les Pays*Bas entiers attesterobt cette vérité, et me rendront justice a cet égard ; et je défie qui que ce soit, sans exception , de pouvoir en donner la moindre preuve. Je ne me suis pas absenté un seul instant de mon diocèse, ayant constamment demeuré à Bruxelles , à Malines ou à Louvain , ne m'occupaiit que des devoirs de mon ministère, et le* vaut sans cesse les mains au ciel pour conjurer le Dieu de la paix de ramener la tranquillité publique, et d'em* pécher surtout l'effusion du sang humain. D'ailleurs, je n'ai pris la résolution de quitter l'hôtel de l'archevêché qu'après qu'il était investi par des soldats armés pour m'enlever, conformément à vos menaces. Devais^ je donc me livrer entre leurs mains , concourir moimême à l'outrage qu'on allait me faire dans une des principales villes de mon diocèse, et m'ex poser à un éclat qui , dans les circonstances présentes , aurait pu exciter un tumulte .dans le peuple, dont on aurait peutêtre encore voulu me rendre responsable? N'avais-je pas même, d'après votre façon d'agir envers moi, toute raison de craindre que, dans ce transport, on n'eût eu aueun égard à la saison , ni à ma dignité, ni à mon âge et à mes infirmités? Par conséquent, ma retraite n'était-elle pas conforme au droit naturel , et , par là ^ pleinement justifi!ée? Loin de pouvoir fournir le moindre motif à l'imputation odieuse dont vous ne craignez point de me charger dans votre lettre , rendue publique par l'impression , je ne saurais donc m'empécher de vous en faire les reproches les plus amers, et

976 LETTRE PE VI(ANKBNBI$RG .

dd VOUS demander réparation de nion honneur^ si vive» ment attaqué et si injustement flétri.

<K Quant à la graQd-croix de Tordre de Saint-Etienne al. aux patentes de conseiller d'État iqtime et actael| ces marques hoqorables de la bienveillance de l'aagusto Marierïhérèse , qui m'en a décoré il y a trente ans y me sont bien trop chères et trop précieuses pour vouloir m'en dépouiller moi-même sur une simple injoncUon de votre part dans une lettre particulière et injurieuse. J'attendrai là-dessus les ordres plus précis et directs de Sa Majesté elle-même, me confiant trop dans sa justice pour me persuader qu'elle voudrait faire ressentir aussi' précipitamment les effets de son indignation à un prélat qui , loin d'avoir mis le comble à aes désobéissances criminelles (comme il vous plait de l'affirmer dans votre lettre), n'en a aucune àjse reprodier , et ne croit pas s'être jamais rendu indigne, par sa conduite, des marques d'honneur dont il estror vétu depuis tant d'années, »

Presque tous les évéques de Belgique, dans ces jours orageu:K:, s'étaient, à l'exemple de leur primat, retirés, soit dans des endroits cachés de leur diocèse, soit dans la Hollande qui était voisine, a^ d'enlever au gouvernement jusqu'au moindre prétexte de les accuser, et toute ombre de soupçon au sujet de rinsurrection générale du pays. Trauttmansdorff faisait, de son côb§, tous ses efforts pour calmer les esprits , et annonça aux Belges, dans une proclamation du 2o novembre, que l'empereur retirait toutes les innovations faites dans les affaires de l'Église comme daqs celles de TEtat; assurance qui fut confirmée par une seconde proclamation impériale du jour suivapt, dans laquelle od

SUCCÈS WS BEI^GEi?. %19

promettait ea même temps une fimoistie générale h tous ceux qui avaient pris part à l'insurrection (1).

Afai^ les Belges rçjetèr^nt dédaigneuseipent ces promesses trompeuses^ et il ne ^rvit de rien que l'odieux Trauttm^nsdorff se rendit garant de leur exécution dans une flatteuse proclamation du 6 décembre suivant. Quelle confiance pouvaient-ils avoir en effet 9n un homme qui, perfide comme un janséniste^ avait joué tous les rôles, favorisé et soutenu en tçute cirçonstanpe les menées impies des ennemis de TÉglise et de la patrie^ et qui avait su, par ses audacieux artifices , rendre illusoires et vains , sur le conseil des illuminés de Vienne , les serments les plus sacrés par lesquels Joseph II s'était obligé en face de la nation ?

Maintenant se dessillèrent aussi les yeux de l'empereur. Déjà il commença à trembler en voyant appro^ cher le moment qui devait mettre un terme à sa domination sur ces belles et riches provinces. Les patriotes brabançons, sous la conduite de leurs héroïques chefs Yan der Mersch et Yan der Noot , marchaient de victoire en victoire, et toutes les villes, Tune après l'autre, échappaient à TAutriche pour se livrer à eux. . Où chercher maintenant secours et conseil ? Joseph II, étonné comme au sortir d'un rêve, et désabusé trop tard et comme sur le soir de sa vie , s'adressa au pontife vénérable qui gouvernait alors le monde catholique , pour implorer sa médiation entre lui et ses sujets révoltés. Dans la lettre qu'il lui écrivit , \l lui renouvelait soleunellement toutes les promesses qu'il avait données aux Belges , et s'engageait ^ revenir sur

(1) Rec. XV, p. JC-se.

tous les empiétements qu'il avait faits, non-sealement sur les droits de TÉglise, mais encore au préjudice des libertés civiles du pays, et à réparer, autant qu'il lui serait possible, les maux que ces usurpations avaient occasiounés. Nous croyons donc être en droit de conclure de ces démarches de l'empereur, qu'il reconnaissait enfin , quoique trop tard , le gouffre vers lequel l'avaient entratné les conseils perfides de ces prêtres abominables, qui avaient si longtemps trompé sa religion sur lés vrais principes de l'Église et sur les vrais intérêts du pays. Il promettait encore au pape, nonseulement de retirer sa législation irréligieuse pour les provinces belges , mais d'étendre cette mesure à tous ses États héréditaires , et de remettre les choses sur le pied où elles se trouvaient pendant l'administration de l'impératrice Marie-Thérèse , sa glorieuse mère.

Pie VI, grand prince, mais encore plus grand pape, oublia dans ces tristes conjonctures toutes les faiblesses de rinforluné monarque; il oublia la longue série des amers chagrins et des vexations petites et misérables, mais toujours cruelles, que ce prince lui avait fait subir par sa guerre contre l'Église, et, à l'instar d'un tendre père , il pressa de nouveau sur son sein un fils repentant, qui revenait avec une soumission filiale se jeter dans ses bras ; il lui tendit avec amour une main paternelle, et accepta l'œuvre de médiation entre lui et son peuple. Il adressa en conséquence, le 13 janvier 1790, au cardinal primat et à Tépiscopat belge, une lettre encyclique pleine d'onction , par laquelle il les informait des sentiments bienveillants de l'empereur et des assurances données par celui-ci , et les exhortait en même temps de conjurer les fidèles de leurs diocèses

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de se soumettre de DQuveau , pleins de confiance y à leur légitime souverain , puisqu'ils avaient désormais atteint le but dé leurs désirs.

Pie VI , dans cette encyclique , apprécie avec une admirable fidélité historique et une sagacité rare la révolution qui allait s'accom plissant en Belgique, conformément aux imprescriptibles desseins de la Providence, et pour le triomphe de TÉglise de Dieu. Il rappelle d'une manière également juste et exacte quelle position digne et prudente à la fois avait su prendre l'épiscopat de celte province , dans ces jours solennels et terribles, en face de la sainte indignation et de la légitime colère du peuple. Il les loue grandement de n'avoir combattu que pour la religion seule, et avec les seules armes apostoliques. Ils n'avaient point, dit-il encore, exploité à leur profit les sérieux événements de ces jours , et avaient abandonné au Seigneur le soin de venger son Église contre les attentats du souverain trompé et les tentatives criminelles de ses indignes ministres. Ils ne s'étaient pas écartés un seul instant de cette sainte règle de l'Évangile : n Rendez à César ce qui est à César , et à Dieu ce qui est à Dieu. » Le noble peuple de Belgique lui-même avait aussi suivi l'exemple de ses guides , jusqu^à ce que, la coupe de la colère du Seigneur étant pleine, sa main puissante se fût appesantie sur le prince malheureux.

Pie VI pouvait donc, avec toute vérité, leur donner dans son encyclique ce glorieux témoignage justifié par chacune des pages de la présente histoire : « Nous savons certainement, » c'est ainsi qu^il s'exprime en ter^ minant (1), « que, dans cette révolution des choses, vous

(1) Rec. XVi, p. 100 et suiv.

tous les empiétements qu'il avait faits, non-seulement sur les droits de TÉglise, mais encore au préjudice des libertés civiles du pays, et à réparer, autant qu'il lui serait possible, les maux que ces usurpations avaient occasiounés. Nous croyons donc être en droit de conclure de ces démarches de l'empereur, qu'il reconnaissait enfin , quoique trop tard , le gouffre vers lequel l'avaient entratné les conseils perfides de ces prêtres abominables, qui avaient si longtemps trompé sa religion sur léà vrais principes de l'Église et sur les vrais intérêts du pays. Il promettait encore au pape , nonseulement de retirer sa législation irréligieuse pour les provinces belges , mais d'étendre cette mesure à tous ses États héréditaires , et de remettre les choses sur le pied où elles se trouvaient pendant l'administration de l'impératrice Marie-Thérèse , sa glorieuse mère.

Pie YI, grand prince, mais encore plus grand pape, oublia dans ces tristes conjonctures toutes les faiblesses de rinfortuné monarque; il oublia la longue série des amers chagrins et des vexations petites et misérables, mais toujours cruelles, que ce prince lui avait fait subif par sa guerre contre l'Église, et, à l'instar d'un tendre père , il pressa de nouveau sur son sein un fils repentant, qui revenait avec une soumission filiale se jeter dans ses bras ; il lui tendit avec amour une main paternelle, et accepta Tœuvre de médiation entre lui et èoû peuple. Il adressa en conséquence, le 13 janvier 1790, au cardinal primat et à Tépiscopat belge, une lettre encyclique pleine d'onction , par laquelle il les informait des sentiments bienveillants de l'empereur et des assurances données par celui-*ci , et les exhortait en même temps de conjurer les fidèles de leurs diocèses

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de se soumettre de DQuveau , pleins de confiance y à leiur légitime souverain , puisqu'ils avaient désormais atteint le but de leurs désirs.

Pie VI , dans cette encyclique , apprécie avec une admirable fidélité historique et une sagacité rare la ré-

volution qui allait s'accom plissant en Belgique, conformément aux imprescriptibles desseins de la Providence, et pour le triomphe de PÉglise de Dieu. Il rappelle d'une manière également juste et exacte quelle position digne et prudente à la fois avait su prendre l'épiscopat de cette province, dans ces jours solennels et terribles, en face de la sainte indignation et de la légitime colère du peuple. Il les loue grandement de n'avoir combattu que pour la religion seule, et avec les seules armes apostoliques. Ils n'avaient point, dit-il encore, exploité à leur profit les sérieux événements de ces jours , et avaient abandonné au Seigneur le soin de venger son Église contre les attentats du souverain trompé et les tentatives criminelles de ses indignes ministres. Ils ne s'étaient pas écartés un seul instant de cette sainte règle de l'Évangile : a Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Le noble peuple de Belgique Ini-méme avait aussi suivi l'exemple de ses guides , jusqu^à ce que, la coupe de la colère du Seigneur étant pleine y sa main puissante se fût appesantie sur le prince malheureux.

Pie VI pouvait donc, avec toute vérité, leur donner dans son encyclique ce glorieux témoignage justifié par chacune des pages de la présente histoire : « Nous savons certainement, » c'est ainsi quil s'exprime en ter^ minant (1), « que, dans cette révolution des choses, vous

(1) Rec. XVi, p. 100 etsuiv.

Ji89 LETTflE fijyCYGLIQUE

p'qive^ eu aucune part active, et que toujours vou$ voue êtes ftpuveiius que votre devoir était de condUer une juste obéissance à rautorité, avec l'obligation pastorale 4e maintenir la religiou iulactei dedéfeudre vos drpits s^rés et de venger )a doctrine de toute erreur» ainsi iiue le d^ontrent )es représentations réitérées que vous avez faites, et qui ont été publiées. Il nous est ^alem^nt cquuu que les éipls de cette nation» pendant tout cet espace de teu^ps, u'ont jamais été aniuiés par des septimeut^ de révolte, ni du dessein de renverser l'autPrité du souverain ; mais que» sans se départir du légitime respect dû à César, sans cesser d'applaudir à /les intentions justes, ils n'ont demandé autre, chose, siupn qu'op fit cesser des nouveautés qui semblaient avoir été introduites contre sa volonté expresse, bien que sous son uoiu, et siurtout contre les droits, usages et statuts de 1^ uatiop. Nous savons qu'ils se sont bornés tpqjours k désirer, de la part du moparque, une déclaration simple, sincère et sans restriction, qui pût calmer toutes leurs craintes, ramener et rétablir dans ces çQQtrées la qonfiançe et la trauquillité. C'était là, sau^ doute, une démarche vraiment digne de César, vraiment|glorieuse pour son règne ; et il s'assurait par là le cœur de ses peuples, qui lui eussent ciéyoué pour lors, saqs réserve, et leur fprtpne et leur saug. Les remontrances émanées par les divers ét^ts, et qui sont entre les mains dQ tout le monde, ^tte^teut. ces dispositions.

a jËh bien I mon trèS'Cher 61s, mes vénérables frères, ce que vous avez si justement, si instamment désiré, et que }es états ont implpré avec tant de pressantes prières, voilà que César vous l'accorde pleinement, de

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^Q propre mouvBnuent ; il va lui-^méme au^dev^pt 4^ yQ8 vœux. Oui, il nous ^ affirmé avoir 4éûlaré et de déclarer ^ocore^ sans restriction quelconquei qu'il laissait aqx évéque$ l'entier et plein ei^ercice de leurs droits, t^nt par rapport aux séminaires épiscopaux que relativement à tputesf les matières ecclésiAsliques, de sorte que tout ya étrp remis dans le prunier étut. Nous 9j$péppp6 même, pous confiant dans la bonté de César, que la laém^ déclaration aura également lieu dans le rest4 de /ses domaines, pour le plus grand bien de la religion, auquel tendent et tendront toujours nos sollicitudes, Il Qous a, en outre, assuré qu^il av^it déclaré, san^ restriction, vouloir laisser à Ta vepir saufs et intacts les droits des ordres de TÉtat et du peuple, restituant dès ce moipept et rétablissant dans leur pren^ier éti^t laqrs privilèges, coutumes, etc., avec prorpesse d'ou^ blier tout le p^sj^é, méipe ce qui a pu excéder les bqrnee d|] dpvoir. , C'est dans ce dessein, et pour concourir à pes vuesi qu'il a envoyé son yice-ch^ncelier de cour et d'Iltat, avec les pouvoirs les plus grands et les plus amples, pour terminer le plus prop^ptemept possible celte grande affaire de réconciliation et de paix.

f( jyfjiintepapt donc que les causes de ces grands U*Oubl§^ p'existent plus, il semble que les troubles euxwéfpes doivept aussi cesser; et ce sera up jour bipp heureux, bien consolant pour nous, que celui où ce plus ardent de nqs vœux sera exaucé. Mais nous avons, vénérables frères et très-cher fi)s, une si grande con- ^Anca en vous, que nous regardons copime inutile de vous faire, à cet égard, une plus longue exhortation. Tout ce que vous ferez pour concourir à ce but salutaire dfma vos assemblées, croyez que ce sera un mérite

de plus pour vous auprès du Dieu tout-puissant ; croyez qu^en même temps que vous ferez uue chose agréaUe à votre prince et à nous-mêmes^ elle vous sera glorieuse aussi auprès de toutes les nations, elle sera utile et profitable au peuple de ces provinces. Vous qui êtes si recommandables par votre doctrine, vous qui êtes ornés de tant de vertus , pourriez-vous ignorer qoe c'est l'une des obligations de votre sacré ministère de réconcilier les sujets avec leurs princes, et de les rappeler à Tobéissance? Employez donc tout votre zèle à engager les Etats et les peuples de traiter avecr le vicechancelier, que nous venons de vous dire être muni de tous les pleins pouvoirs nécessaires pour rétablir de la manière la plus solennelle une paix vraie et durable, dont puissent se réjouir et l'Église et l'État. Observez surtout d'inculquer dans les esprits que, pouvant obtenir avec assurance et sans aucune ambiguïté tout ce qu'ils peuvent justement désirer, la paix est sans doute préférable à la guerre ; et puisse le Dieu tout-puissant en éloigner toujours les disgrâces et calamités de ces florissantes contrées !

(c Ne cherchant que l'utilité commune de tous, et excité par la tendre affection que nous avons vouée à César, à vous, à ces États, à ces peuples, nous vous rappellerons ces paroles du prophète Nàhum : Ecce super montes pedes evangelizantium et annuntiahtium pacem.... Que les dissensions cessent, que lés peuples fidèles et soumis prêtent à leur prince l'obéissance qui lui est due. Que le prince, à son tour, aime ses peuples comme ses enfants ; qu'il les reçoive à bras ouverts aa moment de leur retour vers lui; que les droits de l'Église demeurent saufs et intacts ; que les droits des peu-

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