‹ Jean Henri comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines ... et sa lutte pour la libertéChapitre 5 sur 58 · TABLEAU DE L ÉPOQUE · texte numérisé non relu

TABLEAU DE L ÉPOQUE

champ jusqu'alors vierge de ^Église de Belgique j furent les seuls à se réjouir à la nouvelle de la mort de rimpératrice; ils attendaient avec impatience le moment où Tavénement de son successeur, dont ils connaissaient les tendances et les principes , leur permettrait de manifester publiquement leurs doctrines et de relever leurs têtes, qui avaient été jusque-là humiliées sous la ferme et sage administration de la pieuse souveraine. Ces deux partis , le philosophisme et le jansénisme j quoiqu'ils se méprisassent et se haïssent réciproquementy s'unirent néanmoins alors dans une étroite union pour combattre, avec toutes les armes de la méchanceté et de la fourberie , TÉglise catholique , leur commune ennemie , dépositaire inébranlable de la vérité et de l'autorité divine et éternelle.

Le jansénisme allemand, si nous pouvons nous servir de cette expression, était à cette époque issu du fébrouianisme, lequel, lui-même, n'est autre chose qu'un gallicanisme stupide et insensé poussé jusqu'à ses dernières conséquences avec l'impitoyable et dissolvante logique protestantico-rationaliste. Sans avoir toutefois revêtu ni les apparences du jansénisme français , qui , sous des formes dures et homicides , prétend conserver toujours l'intégrité de l'esprit catholique , ni l'astucieuse modération doctrinale du gallicanisme, (rendu par cette même retenue un insoutenable rêve, et qui , malgré le vice radical de son être, affirme, lui aussi, se mouvoir dans les limites de la foi, et affecte encore certains égards pour le dogme et pour la hiérarchie), le jansénisme allemand , malgré ou à cause de cette filiation humiliante, était entièrement dépourvu de valeur et de force, soit extérieure, soit intime. Il avait épousé dès

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son origme les prineipeB bâtards lesples vulgaires et les (dos impurs de son siècle, et se traînait k leor remorque contre l'Église, et en faveur de gouvernements aveugles qui favorisaientses prétendues lumières, au détriment du cathoUoisme et de leur propre intérêt. Fille malheureuse de la réforme, la firanc-maçonnerie , qui était alors en fiiveur, et qui, semblable à un polype inmianse, cherchait à étouffer dans ses étreintes meurtrières le protestantisme et le catholicisme à la fois , ne s'efTorgant de les unir que pour les vaincre et les détruire ensemUe; la franc-maçonnerie, disons-nous, lui servait de laiige base.

La réforme avait frayé la route au jansénisme par ses propres fondateurs, Luther, Zwingle et Calvin. (Tétait die qui, par son alliance avec le philosophisme impie du dix-huitième siècle et le maçonnisme , cherchait à détruire dans ses fondements et à renverser le catholicisme. S^nmler et Bahrdt furent les premiers à attaquer directement et systématiquement la divinité de Jé8U£r4]hrist ; mais conmie la croyance en Tautorité de l'Église était pour ces coryphées de Timpiété Tobstade le plus puissant qui s'opposât à leurs désastreuses tentatives, ils employèrent tous les moyens de la séduction et de la perfidie pour semer dans le champ de rÉglise catholique la semence empoisonnée du rationalisme, sous les apparences trompeuses de la sciaice et d'une fausse lumière qui se devait bientôt transforma en incrédulité déboutée, et, après s'être insinuée dans les sommités gouvernementales, descendre , de la personne des souverains et de leurs ministres, jusque dans les plus basses régions de l'ordre social.

Bientôt, lorsqu'elle eut pour instrument et pour ap-

f6 ÉDIT ^Ib TOLÉRAXOS.

piii un dai^gé dépravé^ ambitieux et courtisan, son triomphe ne fut plus douteux.

Pour hâter cette victoire de i^incrédulité dans le sein même du catholicisme, la secte janséniste et illuminée, ayant à sa tète le célèbre Yan^Swieten, Hollandais de naissance, janséniste et incrédule^ et devenu ensuite recteur de runiversité de Vienne 6t ministre deTinsr truction publique, conseilla à l'empereur de supprimer dans tout soq empire la constitution Unigenitusj et nonnieulement de proclamer une tolérance générale de toutes les sectes religieuses ^ mais encore de les placer avec le catholicisme sur le pied d'une égalité entière dans les ordres religieux et civil. Le jeune prince débuta donc dans son gouvernement par ces deux actes à jamais malheureux et déplorables. La suppression de la bulle UrUgenitus renversa d'une manière irremé^ diable le mur de séparation qui divisait le catholicisme et le jansénisme ; et ce dernier , avant*coureur certain du rationalisme et de l'incrédulité , se trouva ainsi transplanté sur le sol de l'Église catholique» Pour bien apprécier les effets terribles que produisit l'édit de tolérance de Joseph II , il faut se reporter à l'esprit de cette époque, et considérer les mutuels rapports sociaux du protestantisme et du catholicisme dans les pays catholiques et protestants. Pour tout observa* teur impartial, il sera hors de doute que cet édit de tolérance porta le coup le plus terrible à l'Ëglise catholique^ surtout en Autriche; qu'il favorisa le protestantisme , et conduisit les peuples à la mons*trueuse conséquence de l'indifférence en matière de foi ; conséquence qui devait naturellement aboutir à la négation définitive de tout christianisme positif et ré-

tenr Bfe TOLiRAiioi. 17

télé» LiiMte n'avait pas obtenu cet édit de taléranoe par un sentiment de sympathie pour le protestantisme, qn'dle haïssait à l'égal du catholicisme , mais nni({ue^ ment pour arriver par l'exaltation du premier à la desbtïètion dit second , et afin d'ébranler dans son dogme et sa hiérarchie célni-ci jusque dans ses plus intima fondements^ et de pouvoir planter la bannière da riacrédulité philosophique sur les ruines du christiÊùisme positif, dont l'Église catholique est l'unique oon^ery^trice.

Nul acte du gouvernement de Joseph II ne lai pro^ cura tatit de célébrité que son édit de tolérance. Les protestants de toutes nuances, les philosophes, les in* créduled, les gouvernements protestants d'Allemagne, tonte l'Europe aussi , chantèrent unanimement ses louanges, rélevèrent jusqu^aux nues, et le proposèrent comme un admirable modèle à tous les souverains du monde chrétien/ Tout catholique qui avait l'audace de manifester seulement un scrupule au sujet de cet édit était , de quelque nation qu^il f&t , poursuivi et flétri des qualifications d'obscurantiste , d'ennemi de rhumanité et du christianisme, et considéré même comme un malfaiteur coupable du crime de lèse^ma* jesté.

Les protestants et les gouvernements hérétiques de l'Europe avaient déjà^ plusieurs années avant Joseph II, employé une tactique semblable en Pologne pour la niitte de ce royaume. N'étaient-ce pas, en effet, les princes protestants d'Allemagne, le roi de Prusse à leur tête, l'Angleterre , la Suède, la Norwégd et le Danemark , <)ui,enl768, avaient exigé à main armée, de cette nation toute catholique, et dont la population d'environ

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vingt et an-miilioDs d'àmeâ ne renfermait qu'environ un million de dissidents, qu^elle mit tous* les cultes hétérodoxes sur le pied de régalité avec le catholicisme? Et comment ces mêmes puissances ne traitèrent-elles pas les catholiques dans leurs propres États? Quelles luttes héroïques n'ont pas eu à soutenir les catholiques d'Angleterre pour obtenir leur émancipation ! Et après cette même émancipation conquise, comment l'Angleterre a-t-elle satisfait à ses engagements envers eux? Considérons seulement la malheureuse Irlande! — ^Dans quel triste état ne se trouve pas présentement encore le catholicisme dans le triple royaume de Scandinavie ? On ne leur permet ni l'exercice public du culte , ni même d'avoir de propres prêtres. Et ceux d'entre eux qui ont le bonheur de retourner à la foi de leurs pères ne sont -ils pas ai^ourd'hui obligés de quitter leur patrie? Et comment ceUe égalité est-elle maintenue dans les pays protestants où le nombre des catholiques est presque égal à celui des réformés , et où le libre exercice de leur religion leur est garanti par des traités solennels, et par les serments tant de fois répétés de leurs princes ? Il n'y a pas encore vingt années que, malgré les engagements pris par Frédéric II , dans le traité de Breslau de 1740, de faire participer les catholiques de Prusse aux mêmes droits civils et religieux que les protestants, les premiers ne pouvaient cependant aspirer dans Tarmée qu'au grade de simple officier tout au plus , et dans les administrations civiles, qu'aux plus bas emplois dans les bureaux des chancelleries, à moins qu'ils ne donnassent des signes évidents et publics du mépris qu'ils professaient pour leur foi.

ÉBIT DE TOLÉRANCE. 20

De quel côté était donc l'intolérance, de celui des catholiques on de celai des protestants ? Les premiers avaient-ils tort qiiand ils pensaient que Tédit de tolé-^ rance de Joseph II portait au catholicisme un préjudice d'autant plus grand, que les gouvernements protestants d'alors, non-seulement ne leur faisaient aucune couoeaslon nouvelle, mais qulls cherchaient encore à restreindre ]de plus en plus les privilèges dont ils étaient en possession ? Pouvaiton donc trouver mauvais que les catholiques considérassent cet édit comme une vietoire que l'incrédulité cherchait, sous le large manteau du protestantisme, à remporter contre leur Église, et qu'ils le combattissent, dans cette légitime persuaâon, avec d'honorables armes ?

Les protestants, de leur côté, et les incrédules sa* loèrent cet édit comme le précurseur de la ruine inévitable! du catholicisme, et se flattèrent que l'empereur, allant plus loin encore, ne tarderait pas à lui porter le dernier coup. Ayant été déçus dans leur attente, ils déchargèrent sur Joseph II toute leur colère ; les illuminés de Berlin poussèrent dans cette circonstance leur audace au delà de toutes les bornes , et furent jusqu'à publier contre lui et contre ses mesures de demi-réforme ecclésiastique une satire des plus virulentes, sous le titre de : le Singe de trente-deux ans. Dans cette brochure , ils s^expliquent ouvertemeut au sujet des espérances qu'ils avaient fondées sur ce prince: ils pensaient, disaient-ils, qu^il allait purger l'Église catholique de toutes ses erreurs en matière de <iegme, et quUl la mènerait doucement par une pente ûisensible sur les hauteurs du rationalisme actuel, afin de pouvoir lui donner plus tard, sans fatigue et sans

30 ÉPIT D^ TOLPflAMCË.

péril, un simple déisme pour base : « Mais^ s'écriaientils, ce singe orgueilleux, insensé et rêveur, voulait, contre toutes les lumières de la raison , créer entre le catholicisme et le protestantisme, entre le noir et le blanc, un ridicule juste-milieu qui devait néanmoins toujours demeurer catholique romain. » Il arriva donc à Joseph II ce qui est arrivé à tous les autres héros de rilluminisme catholique de ce temps : aucun d'eox, avec quelque véhémence qu^il se déchaînât contre les prétendues erreurs de sou Eglise, ne put , jasqu^a ce qu^il se fût entièrement dépouillé du dernier vestige de catholicisme , trouver grâce devant l'aréopage de rincrédulité. Rien ne leur servait de s'abaisser, en dépit de toute espèce de bon sens et de pudeur, jusqu'au plus honteuses et aux plus stupides flatteries devant le protestantisme rationaliste. — Yoici , entre mille, on exemple de ces platitudes : — Un certain M. Herft, chanoine de la cathédrale d'Osnabruck, préchant dans cette même église, ne craignit pas d'avancer qiie les catholiques étaient bien inférieurs aux protestants en matière de livres de piété. «Je ne veux pas dire, » c'est ainsi qu'il s'exprime dans un de ses étranges sermons, « que la substance de nos livres de dévotion ne s'approche pas des leurs, car il y a bien de la morale reli^ gieuse dans les uns et les autres; Bossuet, Fénelon, Bourdaloue^ Massillon, Thomas à Kempis, saint Jeao Chrysostome, s'en approchent bien quelque peu, il est vrai ; mais cependant ils restent bien au-dessous des leurs. » Pour comble de honte , ceux de ces hommes qui n'avaient du catholicisme que le nom, quand il& voulurent tendre au protestantisme une main amie , virent toujours leurs avances orgueilleusement rej<

SÉMINÂ1M8 OiNiBÂUX. 31

téea, jmqa'à ce qu'ils eassent dépouillé leur nom de catholique lui«-méme. Miller, ami et disciple de Mosbeim, et Tun des coryphées du rationalisme protestant; Hiller, qui avait toujours à la bouche le mot de tolérance et ne cessait de la prêcher aux catholiqoes, ne déclare-t-il pas : qu'il est impossible qu'une E^ise respectable comme l-Ëglise protestante puisse avcwr la moindre communion avec des usurpateurs tels que le sont les catholiques, et qu'on peut donner je nom de religion chrétienne aux croyances mahométaneet païenne plus justement qu'à celle que Ton enseigne à Roihe?

Les évéques et la nation belges surent apprécier à sa juste valeur l'édit de tolérance de l'empereur; ils s'élevèrent unanimement contre lui, et conjurèrent ce prince, lors de la visite qu'il leur fit au mois de juillet 1781, de le rapporter', au moins pour la Belgique. Ils protestèrent non moins solennellement contre la suppression de la bulle Unigenitus.

Les illuminés de Vienne, non contents d'avoir arradié ces deux actes à l'empereur , reconnurent que , pour assurer pleinement le triomphe de l'incrédulité^ il fallait dérober a TÉglise l'enseignement de la jeunesse sécaUère et cléricale. L'empereur trompé se montra désireux de condescendre à leurs desseins, et de mettre ainsi le comble à ses attentats contre l'Église et contre son peuple; Ce but fut pleinement atteint par l'érection des écoles normales et des séminaires généraux , double institution également pernicieuse qui prit naissance en l'année 1783.

La secte se trouvait ainsi en mesure de saper l'J&r S'isQ catholique et de compléter le triomphe de l'in**

éi JEAN-HENRi DÉ FRANkÉlfltiERG,

tien dés séminaires épiscopaux^teut* a àcfquis noU-senlement l'admiration, mais encore la vénération d6 tous leurs coniempoi'ains et du monde chrétien toat entier, et la leur assurera jusqu'à la postérité la plus reculée. Lés habitants dé Belgique , surtout , prdnonceront à jamais avec une juste fierté le nom et béniront sans cesse la mémoire de ce grand prince de l'Église^ qUi, toujours ié premier au combat , marchait à la tôtë de ses vénérables collègues y par la grandeur de son zèle non ioaoins que par là fermeté de son caractère. Qu'il nous soit permis de donner ici iine esquisse rapide dé la vie de ce grand homme , autant que l'exige le toi de notre ouvrage.

Né lé 18 septembre 1726 , à Grossglogâu , éii Sife^ sie , de parents catholiques , le comte Othon-Yéâahce dé trànkenbérg y et Françoise, née comtesse de Etinberg, cet enfant plein d'espérances montra, dès sa jprémièré jeunesse, une grande aptitude aiix.^cienclB^ et à l^état ecclésiastiques. Ses dignes parenté , modëled dé piété et de toutes les vertus domesti(}ues, bien roiii de mettre aucun obstacle aux desseins de Diisiisur Itli/s'efforcèrent au contraire, avec un soin vraiment chrétien, dé développe^* les précieuses qualités de leur fils, et le confièrent aux Rfe. PP. de la compagnie de Jésus, qui avaient un collège à Grbssglogàu ; il y fittout^ ses études jusqu'à la philosophie , qu'il continua à la célèbre université de Breslau , également dirigée par les jésuites , et entra ëii collège des nobles, qui portait le dbnl de collège SaihtJoseph , dans la mérhe université. Sbn inclination pour l'état ecclésiastique croissait de jonr en jour, et il se décida à l'embrasser dès qu'il eut terminé son cours de philosophie. Les progrès râpideis ei

admirable» qaMl âivait ffaits dànd \ei ëbîë6(%s airâfii bfêti

qafe dattfi; la piété, engagèifenl le prînfee-évéqiiè de Bï*éé"

lau à loi Wtiférer, avec les quatre ordres mineurs, 6n

caooâicat dans Tégliâe cathédrale de cette ville. Le

jeane Ffaukenberg se rendit à Rome, d'après lô t»û"

sôil dé feeîP«é<i«é(5[ue j pouf y achever Ses études théoîbgi-

c\tiM âa séminafre geiinanicjue -, cette célèbre pépinière

d^Oè sont sortis' tant de grafads hommes dpi ont illustré

J'élise d' Allemagne, Il y entra le 14 décembre dé Tan-^

Éè^ 1745^ à rage de dix-neuf ans. Cinq ans plus tard ,

te S iepWmbre 1730 , il en sortit après y avoir reçu le

sàeêrdoce et le doctorat en philosophie et en théologie;

Pendant son séjour dans cet établissement,' il y bVait

aèrtri de modèle aux élèves, et avait été pour ses maîtlFéS

I\ftbjet de la plus grande édifitiation. Il y avait fait de si

briiratites études , qu'il pouvait soutenir des dispute»

pàblic}ue8 sur toutes les questions concernant la ihétn

fi%iA et le dtDiticati6ni()ue ^ et dans lesquelles il récuei)'^

Mt Woki-seùiement les éloges -, mais ettcore i'àdmirbtion

de tous les assistants. Sa thèse publique sur lé dwi%

catioAiqtte M par lui dédiée à Benott Xiy> et sbUtéÉue

tevanl ce^éme pâpe^ dans Féglisé dé^atiit^Igbace) m

Collége^romain. L'hëbiliBté âVec laquelle il sut la défendre

ei fe grande science' qu'il y déploya frappèrent telle*

toeht le souverain pontife, que lorsque le jeune Fran*

kehberg descendit de la chaire ," le Pape fut à sa ren*-

Contre et Tembrassa avec joie, en présence de tous les

cardinaux et des prélats qui 's'y trouvaient. S'âdfes-

satat ensuite à tous les assistants, il pronottça Ces par^

'es prophétiques : « Dans sa personne, l'Église aura Uh

jour Un grand homme. »

Depuis ce tidmps, Benoit XIY lui porta tant d'Àffleor-

36 IBAM-HfilIRI DE FRAHEERBRKG.

tion, qu'il le foisait souvent appeler en sa présence pour s'entretenir avec loi des intérêts de l'Église d'Allemagne. Ce fut sur le désir du même pontife qu'il fit, le jour de la Toussaint 1749, le discours d'usage devant le sacré ccdiége, réuni dans la chapelle papale.

Dès que le jeune Frankenberg fdt de retour à Yiennei le comte Altemps, alors vicaire apostolique, et depuû premier archevêque deGoritz, le prit pour son coadjuleor, à la suite de quoi il obtint encore plusieurs hautes dignités ecclésiastiques. La grande sagesse qu'il fit paraître partout à s'acquitter de ses difficiles devoirs engagea la pieuse impératrice Marie-Thérèse à l'élever,^ le 27 janvier 1759 , au siège primatialde Belgique, et à le nommer en même temps conseiller intime d'État Confirmé par le saintrsiége le 27 mars de la même année, le nouvel élu fut sacré par le cardinal-archevêque de Vienne le 15 juillet , jour auquel l'Église célèbre la fête de saint Henri, son patron. Le 27 septembre, il fit son entrée solenndle à Malinës, et prit possession de son siège.

Dès le premier jour de son pontificat, il s'occupa avec un zèle infatigable du bien de son troupeau. Il n'avait rien plus à cœur que l'éducation morale du clergé et des fid^es de son diocèse. Il prêchait plusieurs fois par an en langue française , notamment aux solennités et aux fêtes principales de TÉglise , et parlait souvent aus3i en langue latine à son clergé, pour l'exhorter et l'instruire des devoirs, du saint ministère. Au milieu de ses occupations multipUées, il se montrait un vrai père des pauvres; il leur distribuait environ vingt mille florins (à peu près 50,000 francs) par an, sans comprendre dans cette somme les secours abondants qu'il

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