‹ Jean Henri, comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines, primat de Belgique et sa lutte pour la liberté de l'église et pour les séminares épiscopaux sous l'empereur Joseph IIChapitre 14 sur 104 · DIRECTION · texte numérisé non relu

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leur eût été pour cela nécessaire, et que malheureuse ment ils n’avaient pas? Les ministres plénipotentiaires de cette province , eux aussi, qui se trouvaient pour l’administration des affaires politiques placés auprès de LL. AA. RR., recevaient, en matière ecclésiastique, les ordres de cette même commission, et n’en étaient que les exécuteurs.

Pour revenir aux professeurs de théologie du nouveau séminaire général, nous devons dire que c’étaient pour la plupart des espèces de vagabonds ramassés dans tous les pays, et enrôlés sous les drapeaux de l’illuminisme. Le seul d’entre eux qui pût prétendre à une sorte de réputation était le Plat , devenu plus tard célèbre par sa collection des actes édités et inédits du concile de Trente.

Ces hommes étaient précédés d’une détestable réputation. Les protestants saluèrent leur venue comme l’aurore d’un renouvellement de la science catholique, et entonnèrent des hymnes d’allégresse lorsque Jœ seph II leur confia l’éducation du jeune clergé dans les séminaires généraux de Belgique. Stôger brillait parmi eux par sa méchanceté : cet homme, sans religion et sans mœurs, n’était, dans toute la force du terme, qu’un charlatan théologique. Il avait déjà, lorsqu’il n’était que professeur d’histoire ecclésiastique à l’université de Vienne, composé un Manuel de l’histoire, qui n’est qu’une satire continuelle de la religion et des instituts de l’Église, et où se trouvent ramassées toutes les fangeuses calomnies des protestants et des autres ennemis de la foi contre le catholicisme. La secte avait su si bien s’y prendre, que cet ouvrage devait être introduit dans tous les séminaires épiscopaux de l’em

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pire, si le noble archevêque de Vienne, le cardinal Mb gazzi, n’eût porté ses plaintes à la pieuse impératrice Marie-Thérèse, qui interdit aussitôt ce manuel , enleva la chaire à son auteur, et enfin le chassa de l’université.

Rien n’était donc plus naturel que les illuminés de Vienne, une fois arrivés au pouvoir sous Joseph II, tâchassent de récompenser, autant qu’il leur était possible, ce héros de l’illuminisme pour les persécutions qu’il avait endurées, et de s’en servir à l’accomplissement de leurs desseins, lis ne pouvaient, certes, choisir un homme plus capable que Stôger pour diriger, suivant leurs vues, ce nouvel établissement corrupteur du clergé de la Belgique.

Ce fut à contre-cœur que les évêques envoyèrent leurs élèves au séminaire général de Louvain. Le cardinal retarda jusqu’au dernier moment. Le comte de Belgiojoso, ministre plénipotentiaire de Belgique, fut même obligé, pour le décider, de l’y exhorter au nom de LL. AA. RR. les gouverneurs généraux, dans une dépêche en date du 1 5 novembre de la même année, en s’efforçant à cette occasion de le rassurer au sujet des craintes qu’il avait manifestées à l’empereur. Cette lettre est un chef-d’œuvre de rose janséniste, et dut être nécessairement rédigée par les membres de la commission ecclésiastique (1) : a La piété de Sa Majesté, dit entre autres choses ce ministre, doit être un sûr garant qu’elle ne permettrait jamais qu’on y enseigne aucune erreur préjudiciable à la foi. On ne s’éloignera d’ailleurs jamais de donner à Votre Éminence tous les apaisements qu’elle pourra désirer pour la tranquilli-

(î) Uec. IV, p. i4i.

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