AUX ÉTATS DE BRABANT
même où l’ouvrage se consommait , a renversé d’un souffle tous les agents de l’iniquité.
«Que pensera la postérité de la génération actuelle, de la chute qu’ont faite parmi les nations d’Europe les lois et les sentiments de l’honneur, quand elle saura que les envoyés de deux grands rois et celui d’une puissante république ont essuyé, sans aucune réclamation, la sanglante insulte faite, dans la personne du premier ambassadeur du monde chrétien , à tous les représentants de la puissance souveraine , sans que ni la violation du droit des gens , ni le respect dû au trône, ni l’évidence de l’injustice, ni l’abus du pouvoir, ni les terribles conséquences qui en résultent pour tous les envoyés publics , aient provoqué de leur part une démarche que leurs propres dignité et sûreté rendaient indispensable ? Laissons-les attendre en toute patience qu’un chiffon de papier les congédie l’un après l’autre, et que quelque aventurier, arrivant du fond de la Germanie pour dominer dans ces provinces , trouve bon do leur signifier de se retirer dans huit jours. Mais nous, ô patriotes belgiques ! qu’animent la liberté et la justice , après avoir condamné tant d’iniquités , rassemblé tant de ruines, réparé tant de dégâts , accueilli tant de plaintes, essuyé tant do larmes , répandu partout la consolation et la vie, n’arrêtons pas la vigueur qui agit sur la chose publique, sans que l’envoyé du pontife ait repris sa place parmi nous, sans que la tache de son départ soit effacée des annales de notre auguste souverain. Fussions-nous sourds aux cris de Injustice, de la décence et de l’honneur, pourrionsnous regarder avec froideur la dignité d’ambassadeur violée au milieu de nous? Eussions-nous oublié les qua-