‹ Jean Henri, comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines, primat de Belgique et sa lutte pour la liberté de l'église et pour les séminares épiscopaux sous l'empereur Joseph IIChapitre 75 sur 104 · DES BELGES · texte numérisé non relu

DES BELGES

puis deux cents ans cette chère partie de nos enfants , mêlant leurs larmes avec celles de leurs pères, et unissant leurs réclamations avec celles de leurs évêques , sans d’autre effet que d'élargir le gouffre qui doit les dévorer.

« Nous protestons contre la suppression des séminaires épiscopaux; contre l’invasion de la propriété la plus sacrée, la plus inviolable; propriété sur laquelle le diocèse entier a des droits imprescriptibles ; propriété essentiellement inhérente à l’épiscopat, à laquelle l’évêque ne peut renoncer en aucun temps , mais moins que jamais quand la religion est en danger, que l’erreur et le schisme se montrent de toutes parts.

« Nous protestons contre la dépêche toute récente du 17 juillet, qui envoie nos évêques, comme autant de badauds, au scandaleux spectacle du prétendu séminaire, pour y être les auditeurs des aventuriers substitués aux professeurs légitimes, et recevoir ensuite l’ordre d’un silence perpétuel; dépêche étonnante pour le fond et la forme , que la postérité ne croira point avoir jamais existé, et que la génération actuelle des chrétiens croit être prise dans les annales du successeur de Constance.

« Nous protestons contre la dispersion , dislocation , destruction de l’ancienne, illustre et orthodoxe université de Louvain ; contre l’oppression des plus respectables membres ; contre toutes les scènes de violence et de persécution qui désolent ce paisible séjour des sciences ; contre tous les projets de réforme qui tendent à corrompre l’enseignement de cette école célèbre, devenue odieuse précisément pour avoir été constamment parmi nous , selon le témoignage de deux papes et

d’un puissant monarque , la sentinelle et la gardienne de la vraie foi.

« Nous protestons contre toutes les empiriques nouveautés qui tendent à soumettre nos enfants à des méthodes bizarres et odieuses; contre les écoles normales et autres inventions pédantesques , qui abrogent les méthodes éprouvées, rompent la chaîne des notions et les moyens d’enseignement, en mettant tout à coup les anciens instituteurs hors de fonction , nommant des aventuriers dangereux , et proposant aux enfants une instruction alarmante pour des pères chrétiens.

« Nous protestons contre toutes les atteintes données à l’union conjugale; contre toutes les nouveautés contraires au saint concile de Trente et aux lois de l’Église universelle, tendant à faire de cette union sainte une affaire purement civile ; à rendre nos mariages illégaux, nos enfants illégitimes , et à mettre entre nous et les autres peuples catholiques un mur do division aussi gênant que honteux.

« Enfin, nous protestons contre tout ce qui s’est fait, se fait et doit se faire encore au détriment des principes, usages et droits de l’Église catholique, apostolique et romaine, dont nous sommes et voulons mourir les enfants dociles; au détriment des lois et constitutions du pays, de la liberté et de la propriété tant des sociétés et corporations quelconques que de chaque citoyen en particulier. »

Enfin les auteurs do cette protestation rappellent à l’empereur le serment solennel par lequel il avait juré, le 17 juillet 1781 , de maintenir les libertés religieuses et politiques de Belgique. Ils s'adressent aussi à toutes les puissances catholiques et protestantes qui, dans des

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