PRIÈRES PUBLIQUES INTERDITES
Iructeur de cette constitution, palladium de ses libertés, laquelle portait l’empreinte d’une antiquité vénérable, et, bien qu’elle ne fût qu’une imparfaite ébauche de constitution civile, était néanmoins profondément enracinée dans l’esprit d’un peuple à qui elle rappelait les grands jours de son antique gloire.
De ce moment le clergé et le peuple se réunirent plus fréquemment au pied des autels pour implorer le Seigneur, afin qu’il daignât éclairer l’esprit du souverain trompé, et conjurer, pendant qu’il en était temps encore, la tempête qui allait, conformément aux profonds desseins de l’Éternel, s’élever contre le trône, et semblait menacer de le briser si l’empereur ne mettait promptement un terme à l’audace et à l’iniquité de ses persécuteurs de l’Église et de ces démolisseurs des institutions patriotiques. Mais ces hommes poursuivaient toujours leurs attentats contre l’Église de Dieu , les pieuses prières du peuple furent considérées comme un moyen de favoriser la révolution, et par suite sévèrement interdites.
« Il n’est que trop connu, » c’est ainsi que s’exprimait le gouvernement de Belgique dans une lettre circulaire du 15 octobre, adressée au nom mais à l’inSu de l’empereur à tous les évêques de la province(l); « il n’est que trop connu que le public séduit abuse des meilleures choses ; nous en avons un exemple récent dans les exercices publics de dévotions extraordinaires et inusitées que l’on se permet dans plusieurs diocèses de nos provinces de Belgique, sous le prétexte frivole de prétendues calamités dénuées de toutes apparences,
(i) Rec. XV, p. 208.