‹ Jean Henri, comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines, primat de Belgique et sa lutte pour la liberté de l'église et pour les séminares épiscopaux sous l'empereur Joseph IIChapitre 91 sur 104 · SUCCÈS DES BELGES · texte numérisé non relu

SUCCÈS DES BELGES

promettait en mémo temps une amnistie générale à tous ceux qui avaient pris part à l’insurrection (1).

Mais les Belges rejetèrent dédaigneusement ces promesses trompeuses, et il ne servit de rien que l’odieux Traultmansdorff se rendît garant de leur exécution dans une flatteuse proclamation du 6 décembre suivant. Quelle confiance pouvaient-ils avoir en effet en un homme qui, perfide comme un janséniste, avait joué tous les rôles, favorisé et soutenu en toute circonstance les menées impies des ennemis do l’Église et de la patrie, et qui avait su, par ses audacieux artifices, rendre illusoires et vains, sur le conseil des illuminés de Vienne , les serments les plus sacrés par lesquels Joseph II s’était obligé en face de la nation ?

Maintenant se dessillèrent aussi les yeux de l’empereur. Déjà il commença à trembler en voyant approcher le moment qui devait mettre un terme à sa domination sur ces belles et riches provinces. Les patriotes brabançons, sous la conduite de leurs héroïques chefs Van der Mersch et Van der Noot, marchaient de victoire en victoire, et toutes les villes, l’une après l’autre, échappaient à l’Autriche pour se livrer à eux.

Où chercher maintenant secours et conseil? Joseph II, étonné comme au sortir d’un rêve, et désabusé trop tard et comme sur le soir de sa vie , s’adressa au pontife vénérable qui gouvernait alors le monde catholique, pour implorer sa médiation entre lui et ses sujets révoltés. Dans la lettre qu’il lui écrivit, il lui renouvelait solennellement toutes les promesses qu’il avait données aux Belges , et s’engageait à revenir sur

( 1 ) Bec. XV, p. 2C-36.

LETTRE ENCYCLIQUE

tous les empiétements qu’il avait faits, non-seulement sur les droits de l’Église, mais encore au préjudice des libertés civiles du pays, et à réparer, autant qu'il lui serait possible, les maux que ces usurpations avaient occasionnés. Nous croyons donc être en droit de conclure de ces démarches de l’empereur, qu’il reconnaissait enfin, quoique trop tard, le gouffre vers lequel l’avaient entraîné les conseils perfides de ces prêtres abominables, qui avaient si longtemps trompé sa religion sur les vrais principes de l’Église et sur les vrais intérêts du pays. Il promettait encore au pape , nonseulement de retirer sa législation irréligieuse pour les provinces belges , mais d’étendre cette mesure à tous ses États héréditaires, et de remettre les choses sur le pied où elles se trouvaient pendant l’administration de l’impératrice Marie-Thérèse , sa glorieuse mère.

‘ Pie YI, grand prince, mais encore plus grand pape, oublia dans ces tristes conjonctures toutes les faiblesses de l’infortuné monarque; il oublia la longue série des amers chagrins et des vexations petites et misérables, mais toujours cruelles, que ce prince lui avait fait subir par sa guerre contre l’Église, et, à l’instar d’un tendre père, il pressa de nouveau sur son sein un fils repentant, qui revenait avec une soumission filiale se jeter dans ses bras; il lui tendit avec amour une main paternelle, et accepta l’œuvre de médiation entre lui et son peuple. Il adressa en conséquence, le 13 janvier 1790, au cardinal primat et à l’épiscopat belge, une lettre encyclique pleine d’onction , par laquelle il les informait des' sentiments bienveillants de l’empereur et des assurances données par celui-ci , et les exhortait en même temps de conjurer les fidèles de leurs diocèses

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