‹ Jean II, roi de PortugalChapitre 24 sur 84 · DÉCOUVERTES NAVALES DES PORTUGAIS · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTES NAVALES DES PORTUGAIS

lusitaniens, car c'est à don Henri, troisième fils de es monarque, qu'est dû principalement l'essor imprimé à Fart nautique en Portugal.

Henri, qui avait un attrait prononcé pour l'étude des mathématiques, de la géographie et de l'histoire, était le personnage le plus éclairé de son temps. Il commença ses. voyages en 1439 et les continua pendant deux ans sans beaucoup de succès; mais, Gil Eannez, un des meilleurs marins de l'époque, ayant doublé le cap Bojador sur la côte occidentale dé l'Afrique, que nous appelons aujourd'hui le Sahara, le prince voulut pousser plus loin encore ses explorations.

Afin de se mettre sous la protection du Saint-Siège Apostolique, il envoya au pape Martin V, qui gouvernait alors l'Eglise, une ambassade chargée de lui présenter quelques nègres amenés en Europe, et d'implorer des grâces spirituelles en faveur de ses nouvelles entreprises et de tous ceux qui s'y associeraient. Le pontife romain, désireux de voir la lumière de la foi pénétrer chez les peuples infidèles, loua hautement le zèle de don Henri et assura à la couronne de Portugal la possession des terres que ses flottes découvriraient dans l'Atlantique, sans en excepter les Indes. Il ne faut pas oublier qu'au moyen* âge les rois chrétiens invoquaient l'arbitrage du pasteur suprême dans les différents qui pouvaient s'élever au sujet de leurs conquêtes.

Les papes Eugène IV, Nicolas V, Sixte IV, confirmèrent les donations dont il s'agit. En sa' qualité de grand-maître de Tordre du Christ, le prince Henri brûlait du désir de travailler à la propagation de la religion catholique, en faisant pénétrer l'Evangile jusqu'aux confins de la terre. D'autre part, jaloux de la gloire de son pays, il s'étudiait à l'illustrer par la navigation et le commerce, qui peuvent seuls assurer la prospérité des nations maritimes. Tel fut le but constant de ses efforts jusqu'à l'année 1453, où il rendit son âme à Dieu. Suivons-le un

a l'époque de je an il S 3

Instant dans ses plans d'excursion au milieu de TOcéan et admirons sa science et sa valeur.

S'il fallait s'en rapporter aux prétentions des Italiens, des Catalans et des Dieppois, les régions explorées par les Portugais auraient été longtemps auparavant, c'està-dire dès le XIV e siècle, occupées par des établissements européens. Quoi qu'il en soit, vu l'absence de documents précis à l'appui de ces assertions, il me paraît de toute justice de laisser à don Henri le mérite insigne de découvertes navales de la plus haute importance.

Fort de l'approbation du Saint-Père, le fils de Jean I ep continue ses savantes recherches avec une nouvelle ardeur; et, pour vaquer plus tranquillement au travail, il va s'établir en Algarve près du promontoire de Sagres, où il établit une école de navigation. De là, il dirige les expéditions de Gonçalvez Baldaya et de Nu no Tristam, qui s'avancent au delà du cap Bojador, découvrent les côtes de la Guinée et se mettent en rapport avec les noirs habitants de ces parages. Peu de temps après, Denis Fernandez, écuyer d'Alphonse V, pénètre jusqu'au fleuve Sénégal, poursuit sa route et arrive au cap Vert.

Les relations qui s'établirent bientôt entre les Africains et les Portugais amenèrent des échanges de poudre d'or et de marchandises diverses; puis, hélas! vint la traite des nègres, odieux trafic qui révolte toute âme honnête. Pourquoi ne pas évangéliser ces pauvres sauvages dansleur pays même, plutôt que de les réduire en servitude loin du sol natal?

Heureusement que, pour l'honneur de l'humanité, l'esclavage a presque tout à fait disparu ; je fais les vœux les plus sincères pour qu'il n'en reste plus la moindre trace dans un prochain avenir.

L'île d'Arguin, qui vit en 1816 le fameux naufrage de la Méduse, fut découverte un an avant la mort de don Henri ; les guerres de Castille et les expéditions contre les Maures, qui occupèrent le règne d'Alphonse V, arrê-

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