ENCOURAGEMENTS A L' AGRICULTURE
arriva de telles quantités de grains, que les accapareurs eux-mêmes se virent obligé* de vendre au-dessous de la taxe légale. Leur avarice fut ainsi punie; et, grâce aux sages mesures du souverain, qui furent rigoureusement exécutées, les pauvres Di'eurent point trop à souffrir de la disette.
Cependant, ce n'était là qu'un remède passagec; le roi, voulant éviter le retour de la famine, s'occupa activement de l'amélioration de la condition des laboureurs. La province d'Alentéjo, qui était autrefois comme le grenier de la nation, produisait à peine de quoi nourrir ses habitants, quoique la fertilité de son terroir fût toujours la même ; il y avait, par conséquent, lieu d'aviser à un état de choses menaçant au point de vue de la richesse générale. Jean H ordonna une enquête, dont il confia le soin aux magistrats de la ville d'Evora.
Ceux-ci, pour répondre à la confiance du monarque, se mirent de suite à l'œuVre. Ils entendirent les plaintes et réclamations des paysans, en parcourant eux-mêmes la campagne, où ils s'informaient de tout ce qui pouvait éclairer leur rapport; et, quand ils rencontraient des seigneurs, ils les interrogeaient également avec soin. Toici le résumé de leur déclaration à sa majesté :
Les nobles, voués au métier des armes, sont chargés de la défense de l'Etat; comme ils ne peuvent, en ce temps de guerres continuelles, cultiver leurs terres de leurs propres mains, ils y emploient des gens qui, moyennant fermage ou salaire, se livrent à l'exploitation du sol. Ces travailleurs des champs, que le roi Denis avait en si haute estime qu'il les appelait les nerfs de la république, méritent de fixer l'attention de l'autorité royale. En diminuant les charges tpop lourdes qu'ils ont à supporter dans la répartition de l'impôt, en honorant leur profession par des privilèges particuliers, en encourageant leurs efforts par des expositions solennelles de produits agricoles; enfin, en leur facilitant les moyens