‹ Jean II, roi de PortugalChapitre 55 sur 84 · XXII. — ENCOURAGEMENTS A L AGRICULTURE · texte numérisé non relu

XXII. — ENCOURAGEMENTS A L AGRICULTURE

Quoique très souvent souffrant depuis le terrible incident de la fontaine couverte, le roi se livrait comme d'habitude à un travail assidu. La mort de l'infant l'avait vivement affecté ; ses négociations pour la légitimation de Georges de Làncastre, entravées par la reine, son épouse, et par les souverains espagnols, ne laissaient palue lui causer de grandes contrariétés. Il murmurait contre les lenteurs de la cour de Rome, mais il ne négligeait pas pour cela les détails de l'administration de l'Etat.

Presque toujours en guerre ou à la recherche de nouvelles découvertes, Jean II n'avait pu songer, autant qu'il l'aurait voulu, aux intérêts agricoles de son royaume. Aussitôt débarrassé de la question de partage des territoires de l'ancien et du nouveau monde, réglée par la conférence de Tordésilas, il se rendit à Evora, où le plaisir de la chasse le délassa un peu de la sollicitude des affaires sérieuses. Sa santé en éprouva un mieux sensible, qui malheureusement, hélas ! ne devait pas être de longue durée.

Après la peste, était venue la famine ; la culture du sol, pendant les jours de deuil et de maladie, avait été nécessairement abandonnée ; et maintenant beaucoup de bras lui faisaient défaut. Le roi, qui s'intéressait çl'une manière toute particulière au sort du peuple, ne pouvait; voir sans indignation l'industrie coupable d'un grand nombre d'accapareurs, qui spéculaient sur la misère publique.

Il publia donc un édit par lequel était taxé le prix; du blé ; en même temps, il encourageait les marchands de Castille à apporter en Portugal l'excédant de leurs provisions à des conditions avantageuses. Bientôt il

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